Bon les carottes sont cuites, l'année 2007 ne sera bientôt plus qu'une bulle de souvenirs... A la manière de l'an passé, je vous propose ainsi de partager un petit voyage intérieur, une rétrospective en temps forts de mes diverses aventures, découvertes, escapades, lectures et autres qui ont illuminé douze mois d'une année passée comme une fusée, toutes les belles choses s'évanouissant si vite...
Alors, s'il ne fallait en retenir que douze, douze émotions avouables et publiables sur ce bon vieux blog, douze émotions "extimes" en quelque sorte, juste ce qu'il faut d'intimes pour être personnelles mais pas trop non plus, quelles seraient-elles ? Et bien les voici, en quelques mots, images et dans l'ordre chronologique.
NB : Si vous fréquentez ce drôle d'endroit, vous ne serez pas étonné, de toutes j'en ai parlé ici, à l'exception du dernier ouvrage d'Amélie Nothomb nous contant ses amours tokyoïtes, quelle ingratitude tout de même pour l'admiratrice sans borne que je suis de sa prose millimétrée, surtout quand elle atteint la perfection et ose enfin vous chavirer le coeur. A lire de toute urgence, vraiment, c'est juste l'affaire de quelques heures, ah je me souviens de cette nuit-là. Mais... j'y pense, de la nouvelle coqueluche soul jazzy Amy Winehouse, je n'en ai point parlé non plus ou si peu ? C'est exact, alors une fois n'est pas coutume, je vous mets une petite chanson et j'y reviens au prochain album de la diva qui ne fait pas l'ombre d'un doute.
Et vous au fait, que vous reste-t-il de cette année qui brûle ses dernières bougies ?
N'ayant pas eu le temps ces derniers jours de vous dire tout le mal que je pense des déclarations fracassantes du bon chrétien Nicolas Sarkozy en la Basilique Saint-Jean de Latran sur les revers et les limites de la laïcité, je m'en vais vous souhaiter à toutes et à tous - au diable la trêve des confiseurs - un bon Noël et de Joyeuses Fêtes laïques et républicaines !
Non monsieur Sakozy (enfin monsieur Guaino devrait-on dire, premier prix de marionnettiste), ce n'est pas d'une espérance d'ordre divin et communautaire dont la société française a aujourd'hui besoin, mais de l'éveil des responsabilités et des consciences individuelles, des spiritualités profondes et intimes dans toute leur diversité (par-delà les convictions religieuses ou pas) et, plus que toute autre chose, de LIEN HUMAIN. Et c'est ce que la morale laïque promeut dans notre pays depuis plus de cent ans, d'où son impérieuse nécessité et défense... Voilà qui est dit, ça fait du bien.
En attendant que le monde se réveille de sa longue somnolence intellectuelle, soyez heureux quand même, portez-vous comme des charmes et Noyeux Joël de tout coeur, si si !
ça c'est Sarko Palace !
Sincèrement, vous croyiez que j'allais rester muette ou me contenter d'ironiser sagement sur le dernier épisode sentimental du Sarko Palace ? Et bien vous vous mettez le doigt dans l'oeil parce que ça me hérisse au plus haut point. "Des femmes et du fric !", certes ce n'est pas une nouveauté en terre latine, mais alors qu'il était de bon ton français de "cacher ce vice que l'on ne saurait voir" dans les arcanes du pouvoir, notre Président-Star est en train d'en faire la nouvelle devise de l'Etat.
C'est pas chouette ça pour les fêtes de fin d'année ?
Sept millions de travailleurs pauvres et 90 000 sans-abris peuvent bien crever la gueule ouverte, pourvu que tous les beaufs de France et de Navarre, plus nombreux encore, crèvent d'envie de toucher du doigt le nouveau nirvana made in France, de se payer une petite tranche de vie du Sarko Palace, et tant pis si ce n'est qu'un samedi après-midi à Disneyland !
En France, on était déjà habitués à des personnages éminemment romanesques au plus haut sommet de l'Etat mais alors là, avec Nicolas Sarkozy, c'est virage à 180° en pente sévère, une nouvelle ère qui s'ouvre dira-t-on poliment ou s'il vous reste quelques illusions (toujours 52% d'opinions favorables quand même alors que tout se dégrade depuis cinq ans, c'est plus du sarkozysme, c'est de la sarkozyte, de la sarkolâtrie, un vrai phénomène de rock star).
Révolu le temps des promenades contemplatives et philosophiques au Champ de Mars, des pélerinages à Solutré, des heures secrètes à potasser les Arts premiers, à réciter pour soi-même les vers de Villon, Baudelaire, Appolinaire ou inventorier la création contemporaine. Terminado.
Désormais, cap sur Dallas, Hollywood et Las Vegas ! Le nouveau prototype du chef d'Etat français est arrivé, créature hybride, mélange improbable d'un Golden Boy échappé tout droit de l'univers de Bret Easton Ellis, d'un magnat du pétrole à la JR Ewing (dans la version sobre hein) et d'un ballon d'or en mode hypernarcissique façon David Beckham et dieu que c'est indigeste ! Bonjour la rupture, au sens propre du terme, ce n'est plus du dépoussiérage, c'est Hiroshima sur la fonction présidentielle ! Shebam, bang, boum, wizzzzzzzzz !
Envolés les beaux discours de l'ami Guaino, maintenant que c'est gagné, à moi le show biz : "Mes chers compatriotes, je suis le Président donc je fais ce que je veux, quand je veux, où je veux, je parle comme je veux, je fréquente qui je veux, je deal avec qui je veux, et surtout, sur-tout, je-vous-em-merde, car c'est MON heure de gloire et j'ai bien l'intention de me goinfrer !"
Nicolas Sarkozy ne sera pas le Président de tous les français, l'arbitre des grandes décisions, le visionnaire d'exception, le gardien du temple de l'Histoire, de la Culture et de l'Humanisme français, il sera un Président "comme" les français. De toutes façons, l'Histoire, la Culture et l'Humanisme, qu'on se le dise, il s'en moque, c'est pas sa came. Nicolas Sarkozy se veut un homme comme tout le monde avant d'être un chef d'Etat pour la bonne raison qu'il peut difficilement faire autrement, il est vraiment un homme comme tout le monde ! Et ça, si vous voulez mon avis, c'est pas rassurant rassurant, probablement dangereux, d'ores et déjà inquiétant.
Joyeux Noël les fauchés ! ça c'est Sarko Palace !
Comme le veut la tradition sur ce blog, c'est parti pour l'édition 2007, et en attendant celle (en préparation) de "Mon Année en 10 Emotions", voici le Slide de Noël made In Vivo, du grand n'importe quoi qui mange pas de pain mais réchauffe nos pupilles, un pur concentré de bonheur de déco (si si) très à l'avenant mais préparé avec amour, le genre de trucs incontournables pour toute femme au foyer qui se respecte et se doit de répondre un tant soit peu de son indécrottable (oh que c'est vilain) réputation oisive.
Here you are, bienvenue dans mon salon avec vue sur jardin cristallisé, le tout sous la lumière d'un beau jour breton, parce que mon APN est fâché avec le clair-obscur, donc pas de lucioles extérieures (dont j'étais fort fières pourtant) mais je vous promets que le bonhomme de neige gonflable, le renne en peluche articulé et le faon brouteur lumineux c'est pour l'année prochaine. Je promets mais ne jure ni ne crache... y'a des limites quand même.
Allez, en attendant de vous souhaiter Joyeux Noël, Bonne Déco à toutes et à tous !
ELLE aurait dit OUI hier à notre Président-Star à Rolex et Ray-Ban...
Ce que je sais d'elle ? ça commence par un C (comme Cécilia) et finit par un I (comme Dati ou Ferrari), et ça chante comme une chèvre !
Néanmoins, elle est jeune et jolie, riche et célèbre, et ça compte drôlement.
Bon je sais, ce n'est pas vraiment un scoop, déjà dans la presse, révélé par l'Express et programmé à la une de Point de Vue mercredi prochain.
Mais ce que vous ignorez encore, c'est qu'ils devraient se marier en début d'année au Maroc : ça ce sont mes sources secrètes (oui je ne devrais pas le dire, j'ai un gros réseau d'informateurs locaux sur le feu !)
Voilà, c'est l'info croustillante du jour, je ne puis résister à la partager avec vous chers lecteurs et solliciter vos réactions.
Il a bon goût hein quand même notre mister Président-Star et surtout, n'a peur de rien n'est-ce pas, encore un bon dix centimètres dans la vue !
A sa place, j'aurais largement préféré sa soeur, la comédienne et réalisatrice Valeria Bruni-Tedeschi, moins glamour (quoi que) mais beaucoup plus talentueuse, enfin c'est mon avis. Question : aurait -elle voulu de notre mister Président-Star du Fouquet's et nouvel ami de l'ébouriffé du désert ? Hum, rien n'est moins sûr...

A l'heure de l'argent roi et du chacun pour soi, du "travailler plus pour acheter plus", étant entendu que "tout ce qui est pris n'est plus à prendre" peu importe quoi ni où ni comment, à l'heure où la solidarité semble effacée du langage politique et les foyers les plus modestes s'en vont à cette époque et comme chaque année se ruiner pour satisfaire au diktat d'une société d'hyper-consommation et d'over-matérialisme, la famille in Vivo, mesdemoiselles L et J en première ligne, se rebelle le temps d'un mercredi après-midi et décide de vider placards, tiroirs et plus pour DONNER, tout simplement.
Notre Président-Star peut bien s'afficher avec Rolex et Ray-Ban et nous vanter les vertus passéistes des signes extérieurs de richesse et du mauvais goût coulé dans l'or massif, s'excuser de ne pas être le Père Noël et remporter dans le même temps un premier prix de Conservatoire en Docteur Mabuse de la Realpolitik, s'acoquiner avec l'échevelé du désert (confondant soit dit en passant les droits de l'Homme avec ceux de sa personne) au prétexte que le commerce international entre démocraties et dictatures c'est du gagnant-gagnant*, si l'ère sarkozienne n'influera que peu sur l'existence de la famille in Vivo, il est à craindre toutefois que ceux qui n'ont rien aujourd'hui n'aient guère plus que rien demain.
Alors donnons si nous le pouvons, donnons pour donner... parce que ni Dieu ni Sarkozy ne le feront... et pour résister un peu aussi à l'hypnose générale et, accessoirement, à l'apathie et la sinistrose montantes du petit bourgeois qui boude sa chance et son bonheur, pauvre bougre, snif.
Pour faire don de jouets (en bon état il va sans dire), il existe évidemment moultes associations et institutions. La famille in Vivo a choisi la facilité dans la proximité en déposant son "grand ménage" dans le hall d'entrée d'une enseigne commerciale bien connue qui accueille et centralise cette "hotte de l'amitié", redistribuée ensuite par des associations. L'avantage de cette formule si je puis dire, c'est qu'elle est plantée comme un nez au milieu de la figure de l'orgie consommatrice, ça fait réfléchir, enfin certains seulement, les moins pressés et anesthésiés dirons-nous...
*ce qui n'est pas forcément faux, encore eût-il fallu l'expliquer aux benêts que nous sommes et éviter de recevoir ledit tyran Kadhafi en grandes pompes, tapis rouge, garde républicaine, fanfare et tout le toutim ainsi que de le dissuader d'imposer son protocole. J'avais fait une note en début de semaine intitulée "vol au-dessus d'un nid de couacs" que j'ai rénoncé finalement à publier faute de conviction ou d'autres choses, allez savoir.
... ça donne un joli moment comme dirait l'autre, fait assez rare cette année à la Star Ac pour être souligné et diffusé à vos oreilles averties.
S'il fallait un prétexte pour suivre la 7ème édition du nom, ce serait celui-ci et, malheureusement j'en ai peur, rien d'autre : cette ravissante Maureen à la voix suavement jazzy et soul.
Ah, je vous entends : Et Bertrand alors, vous voulez dire ce grand black dégingandé aux faux airs de Samuel L. Jackson dans Unbreakable ? Et Quentin alors, ah oui le p'tit gars qui rêverait tant de marcher dans les pas d'un Julien Doré, mon Julien, non mais ?
Non, vraiment je sais c'est dur, mais Maureen a ce je ne sais quoi de plus, bien à elle, parfaitement identifiable et diablement harmonieux. Le duo avec Alicia Keys est en tous points sublime, et je me le repasse en boucle comme un Rehab de Amy Winehouse.

Vu et lu partout aujourd'hui les résultats surprenants et assez affligeants à mon sens d'une enquête menée par l'Union des Familles en Europe auprès d'un échantillon très important de grands-parents, parents et enfants sur la pratique de la fessée, dont on sait qu'elle fait partie du modèle éducatif français quand nombreux sont nos voisins européens qui l'interdisent par la loi tout bonnement (comme l'Allemagne par exemple et le pionnier du genre, la Suède).
De cette enquête qui montre de manière générale que la fessée est en hausse, je retiens dans un premier temps deux chiffres : 87% des parents reconnaissent déjà avoir donné une fessée et 77 % d'entre eux lui attribuent des vertus éducatives. Je vous passe les 10% de parents qui utilisent encore le martinet et les 24% de grands-parents qui ne se gênent pas pour corriger leurs petits-enfants.
Forcément, pour toutes les mères qui, comme moi, croient dans les bienfaits du maternage et se refusent à la violence corporelle et l'humiliation verbale envers leurs enfants, ça fait un peu mal au coeur cet état des lieux d'une culture française qui échoue à se remettre en cause et avancer, l'éducation n'étant pas la seule victime de ce statu quo et du poids de l'héritage générationnel en France.
Houlà, je vous vois monter sur vos grands chevaux, ceci n'est pas un billet d'auto-congratulation pour dire la mère parfaite que je suis, d'autant que je dérape parfois, je crie, j'empoigne, je jure, oui ça arrive, je ne suis pas toujours maître de mes nerfs, mais à corriger tout cela dans le temps et éviter les gros débordements, je m'y emploie chaque jour.
Car contrairement à 77% de cet échantillon de parents interrogés par l'UFE, la fessée, le châtiment corporel en général, est pour moi un constat d'échec des adultes à instaurer l'autorité parentale autrement que par la domination physique, à savoir par l'exemple (le comportement individuel et social), la présence (morale et physique), le sentiment de protection, le dialogue dans la durée (dès les premiers jours, les premières années de vie) et l'humour aussi (un "antihypertenseur" très puissant que les enfants comprennent très bien et très vite).
Je ne dis pas que la fessée est un acte cataclysmique aux conséquences indélébiles sur la personnalité de l'enfant (sous réserve qu'elle ne soit pas intense, fréquente ou encore donnée en public, là je suis beaucoup plus sévère sur ses effets). Non, je pense juste qu'elle peut être évitée pour la simple et bonne raison qu'elle n'apporte rien à l'enfant ce qui, je vous l'accorde, suppose pour que cette résolution soit mise en oeuvre, qu'on fasse du bien-être et de l'intérêt de son enfant une priorité sur son confort personnel.
Il est bien évident qu'il est beaucoup plus facile de gueuler sur un môme, de lui flanquer une gifle ou lui coller une rouste que d'ouvrir grand ses écoutilles au quotidien, et quand ça part en vrille, de respirer un bon coup, de convoquer toute sa patience et un peu de sang-froid pour faire face en paroles et en regards à la crise ou à la bêtise. Mais il ne s'agit guère d'un exploit, de même que cela n'a rien à voir avec le laxisme.
Personnellement, je suis sévère et extrêmement ferme avec mes enfants, qui n'ont rien d'enfants-rois et se comportent plutôt pas mal à l'extérieur comme à la maison où règnent le respect et la discipline. Voilà encore une confusion du genre qui associe volontiers maternage et enfant-roi alors que ce dernier est bien le produit de notre cher modèle de société qui consiste à acheter la tranquillité de nos enfants à coup de cadeaux et programmes télés pour compenser l'absence physique et psychologique des parents et la sous-traitance éducative largement banalisée.
Cet autre constat d'échec est d'ailleurs présent dans ce rapport qui montre que 85% des parents considèrent qu'aujoud'hui les enfants sont de plus en plus mal élevés, arrogants et violents, what a paradox !
La conclusion me semble implicite : n'est-il pas temps de réhabiliter, de revaloriser la parole (et notamment le OUI et le NON) et remettre au centre des principes éducatifs l'exemple avec un grand E quand on sait combien les effets de mimétisme sont forts chez les enfants, d'ailleurs eux-mêmes consultés dans cette enquête et répondant à 64% qu'ils souhaitent élever leurs futurs enfants de la même manière qu'ils sont élevés ?

Aujourd'hui, je m'étonne. Rien dans la presse française sur ce jeune otage colombien âgé de cinq ans qu'une guerillera surnommée "la negra" a réussi à arracher aux FARC et rendre à ses parents hier au prix d'une longue marche de 24 heures et au risque de sa vie.
Les FARC réclamaient une rançon de 250 000 dollars pour la libération de l'enfant, enlevé dans une école maternelle et retenu depuis six mois dans la jungle, nous apprennent la presse et la télévision belges.
C'est bizarre à l'heure où Nicolas Sarkozy dans un message très "Luther Kingesque" en appelle aux sentiments humanitaires des guerilleros colombiens pour sauver "une femme en danger de mort" et la "rendre aux siens pour Noël".
Vous parlez d'une humanité des FARC depuis 40 ans qu'ils sévissent dans la prise d'otages (1 100 estimés), l'enrôlement de gamins (près de 30% des guerilleros auraient moins de 18 ans) et plus récemment de femmes (pas loin de la moitié des effectifs). On rapporte qu'en 2006, pas moins de 45 otages ont été exécutés faute de paiement des rançons dans le délai imparti.
Si je souhaite évidemment et comme tout le monde la libération d'Ingrid Bétancourt au plus vite, je ne peux toutefois m'empêcher de penser qu'il y a là encore une mise en scène médiatique parfaitement grotesque, dissimulant une négociation non seulement à un prix faramineux, très loin des considérations humanitaires totalement étrangères aux FARC, mais aussi sur le point d'aboutir et de consacrer le "sauveur et rédempteur" Nicolas Sarkozy, au mépris de toutes celles et ceux qui se battent depuis cinq ans (ce que ces derniers ne pensent pas naturellement).

Avec Mister in Vivo, nous avons décidé de continuer notre petit tour des capitales scandinaves, inauguré l'an dernier, souvenez-vous, par un week-end pour le moins séduisant et surprenant à Stockholm. Pour l'heure, c'est Copenhague qui est dans notre lorgnette, celle qu'on surnomme aussi la Barcelone du Nord. Je mène comme d'habitude une enquête minutieuse sur le web pour nous organiser un séjour sur mesure début janvier dans la capitale danoise.
Mais autant le choix de Stockholm comme première étape de notre périple nordique s'était imposé avec évidence et sans réserve (nous rêvions depuis longtemps de nous rendre en Suède), autant là, je ne sais pas, j'ai comme un doute.
Il faut dire que les avis d'internautes sur Copenhague semblent beaucoup plus partagés cette fois, sur l'intérêt culturel, l'accueil de la population comme sur la propreté de la ville et la qualité des infastructures hôtelières, ce qui m'étonne un peu je dois dire car ce n'est pas franchement conforme à la réputation du Danemark, premier de la classe européen quasiment en tous points, et celle des danois, pas mauvaise non plus question bonnes manières et sens de la fête (surtout en fin de semaine).
Me voilà donc à zieuter en direction de la Finlande, Helsinki, et de la Norvège, Oslo, sans abandonner pour autant Copenhague, qui semble recueillir à sa décharge une meilleure opinion au niveau gastronomique, et c'est un atout de taille quand on a goûté aux joies "du rata suédois" n'est-ce pas ?
Précisons toutefois qu'il ne s'agit pas pour nous de faire le marathon de l'année, d'écumer tous les musées et de ne rien rater des "incontournables" type "petite sirène d'Andersson". Pour tout dire, dans la famille in Vivo, c'est plutôt promenades, flâneries, boutiques design, découvertes, restos typiques, entre deux pintes de bière, ballades nocturnes... Ambiance quoi ! In vivo ! Et au diable la rentabilité maximum !
Alors Copenhague ou non ? Ira, ira pas ? C'est ma bouteille à la mer du mercredi. Vous connaissez Copenhague et ses bons plans ? Vous préférez peut-être Oslo ou bien encore Helsinki ? Vous avez d'autres suggestions ? Soyez en remerciés d'avance, ça ferait progresser mon schmilblick...
Et c'est avec la chair de poule et une petite larme d'émotion que je sens poindre au fond de l'oeil que je vous dis cela.
C'était magique.
Une heure et demie d'apensanteur psychologique et de voyage corporel intenses où la raideur et une certaine lourdeur (oui quand même) n'auront pas eu raison de mes "beaux restes" car c'est ça aussi l'école de la danse classique : abnégation, dépassement de soi... non sans un certain masochisme. Donner sans compter, tenir coûte que coûte, souffrir avec le sourire mais pas encore dans le sang, les pointes c'est pour plus tard, ouf !
Alors demain, je marcherai en canard, les bras lourds, les chevilles en coton, les cuisses dures comme du béton, mais c'était la douleur à consentir pour un come-back digne, voyez-vous.
Bref je suis ravie, j'ai enfin franchi ce pas que je redoutais tant et désirais si fort. Il en aura fallu des années pour enterrer la hache de guerre entre la danse et moi, j'avais caressé un temps (oh, très court) l'espoir de devenir danseuse et mangé mon pain blanc lors d'un stage à Cannes dans une "grande" académie (façon Star Ac de la danse, régime haricot vert et bataille d'égos surdimensionnés).
Désormais, seul le plaisir compte et l'échange aussi. Rien à prouver ici, nous sommes entre mères de famille d'un certain âge voire d'un âge certain, débutantes, confirmées, dilettantes, forcenées, c'est tout mélangé et le cocktail s'annonce ma foi bien sympathique... en attendant le gala qui se chargera de révéler les personnalités, n'en doutons pas.
Et oui la danse reste la danse... qui n'en est pas moins une école de la vie où heureusement ce n'est pas tant la compétition qui prime que la discipline personnelle, l'apprentissage du principe universel "quoi que tu fasses, fais le bien".
Durant la campagne, nous nous étions déjà beaucoup amusés de "l'oxymore des politiques", ce petit jeu de ping-pong rhétorique, auquel s'étaient livrés Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, consistant à produire des slogans fédérateurs en juxtaposant deux termes contradictoires, et de préférence une valeur de gauche et une valeur de droite.
Souvenez-vous... La rupture tranquille... L'ordre juste... Cette amnésie soudaine de nos deux jeunes passe-murailles de la politique, qui aurait pu sonner juste et sincère, préfigurant un renouveau politique, n'eût été évidemment la célèbre "force tranquille" du pionnier du genre, François Mitterrand en 1981.
Pas facile de rentrer dans l'Histoire. Pas facile de réinventer la roue. M'est d'avis pourtant, et c'est tout à son honneur, qu'au-delà de servir la France, Nicolas Sarkozy aimerait bien l'immortaliser son action, l'écrire son chapitre, son petit moment de gloire dans les manuels d'histoire, si l'on en juge par son goût prononcé de la référence aux grands évènements socio-politico-économiques du siècle passé : les accords de Grenelle du gouvernement Pompidou, le New Deal ("nouvelle donne") de Roosevelt, le Plan Marshall...
Et de les recycler à volonté quitte à les vider d'ailleurs de leur contenu, voire leur redorer le blason. On espère ainsi que le Grenelle de l'environnement d'hier, le Grenelle de l'insertion d'aujourd'hui et le Grenelle du pouvoir d'achat de demain ne connaîtront pas la même issue que les accords de Grenelle, les vrais, ceux de 1968 qui, rappelons-le, portaient sur l'augmentation du SMIG et la réduction du temps de travail, et n'avaient pas satisfait en eux-mêmes les ouvriers en grève et mis fin à la crise sociale, ce qui m'amène à penser qu'en matière de régimes spéciaux et de réforme universitaire, il n'est finalement pas loin de le remporter haut la main son Grenelle Nicolas.
Du coup, Le New Deal écologique et le plan Marshall des banlieues paraissent beaucoup plus à propos, même s'il est bien évident que le réchauffement climatique, la pollution et la disparition des espèces n'ont strictement rien à voir avec la crise de 1929 et qu'il n'est nullement question de compter sur l'ami américain pour nous donner un coup de main dans les quartiers... Vu comme cela, vous comprendrez qu'un plan Marshall évoqué un temps dans le cas du développement durable prête quelque peu à sourire. Bref, on pourrait en faire un roman, n'est-il pas ?
Sauf qu'à bien chercher, et vous me direz si j'ai tort, j'ai l'impression qu'on a fait le tour des grands noms d'accords et de politiques récupérables, de manière crédible je veux dire. On serait bien tenté d'appeler de nos voeux une glasnost de la télévision et de la presse écrite, une perestroïka de la recherche et de l'industrie françaises, un programme Apollo de l'emploi, quoique... non, franchement pas.
Que reste-t-il à faire alors ? Et bien inventer, Nicolas, in-ven-ter! Car l'histoire est ingrate, elle se souvient plus volontiers des leaders que des suiveurs, des innovateurs que des imitateurs, des initiateurs que des repreneurs. Mais ne dit-on pas aussi que "les grands diseurs ne font pas les grands faiseurs" ? Allez courage Nicolas, encore quatre ans... et demi... au moins...
Pour info, mon Billet est publié sur Agoravox ce jeudi 29 novembre.
Je vous laisse apprécier le discours de Nicolas Sarkozy, prononcé hier à l'occasion de l'accord interprofessionnel signé par une quarantaine d'organismes, dans la foulée de la remise du très partial et partiel rapport Olivennes pour "le développement et la protection des oeuvres et programmes culturels sur les nouveaux réseaux", dont il était déjà question ici avant-hier.
Si je le reproduis ici in extenso, c'est parce que comme tout discours, surtout ceux de Nicolas Sarkozy, ça se lit bien, entendez, ça sollicite tout juste ce qu'il faut d'intellect pour faire à peu près pro mais surtout pas prof, et puis faire court aussi et accrocheur n'est-ce pas.
Bref, on ne déroge pas à la règle avec une fois de plus un discours à l'emporte-pièce, ultra réducteur et archi vulgarisé, tout en raccourcis, en métaphores, en exagération et... en auto-satisfaction bien évidemment.
Toute la presse l'affirme ce matin, la filière musicale et cinématographique est unanime sur cet "accord historique", si "enthousiaste" à l'idée de participer dans les prochains mois à sa mise en oeuvre. Formidable.
Reste que pour cet accord signé à la sauvette, aucune association d'internautes et de consommateurs en général n'était présente, ni même les vrais professionnels de l'Internet (Google, Dailymotion en tête de ligne)...
Allez, place à la politique-divertissement, voici la vision de l'nternet exprimée par le Président de la République. Bienvenue au far-west !
Mesdames, Messieurs,
La protection du droit d’auteur, la préservation de la création, la reconnaissance du droit de chaque artiste, de chaque interprète, de chaque producteur de voir son travail normalement rémunéré, c’était un engagement important de ma campagne présidentielle.
Depuis trois ans, j’ai répondu présent chaque fois qu’il a fallu faire prévaloir le droit légitime des auteurs et de ceux qui contribuent à leur expression, sur l’illusion et même sur le mensonge de la gratuité.
Musique, cinéma, édition, presse, arts graphiques et visuels… tout est aujourd’hui disponible et accessible partout, sur la toile de l’internet, chez soi, au bureau, en voyage. C’est bien sûr une richesse, une chance pour la diffusion de la culture. Pour autant, jamais nous n’avons été aussi proches d’un « trou noir », capable d’engloutir et d’assécher cette richesse et ce foisonnement créatif.
Le clonage et la dissémination de fichiers à l’infini ont entraîné depuis cinq ans la ruine progressive de l’économie musicale, en déconnectant les œuvres de leur coût de fabrication, et en donnant cette impression fausse que tout se vaut, que tout est gratuit.
Avec le développement du très haut débit, le cinéma risque de subir le même sort que la musique : d’ores et déjà, près de la moitié des films sortis en salles en France sont disponibles en version pirate sur les réseaux "peer to peer", et le marché de la vidéo a commencé à décroître avant même d’atteindre sa maturité. Le livre pourrait à son tour être brutalement menacé avec l’arrivée du livre électronique.
C’est à une véritable destruction de la culture que nous risquons d’assister. C’est également à une négation du travail, cette valeur capitale qui au cœur des problèmes de la France d’aujourd’hui et au cœur des solutions.
Aujourd’hui, un accord est signé, et je veux saluer ce moment décisif pour l’avènement d’un internet civilisé. Internet, c’est une "nouvelle frontière", un territoire à conquérir. Mais Internet ne doit pas être un "Far Ouest" high-tech, une zone de non droit où des "hors-la-loi" peuvent piller sans réserve les créations, voire pire, en faire commerce sur le dos des artistes. D’un côté, des réseaux flambant neuf, des équipements ultra-perfectionnés, et de l’autre des comportements moyenâgeux, où, sous prétexte que c’est du numérique, chacun pourrait librement pratiquer le vol à l’étalage.
On dit parfois que quand personne ne respecte la loi, c’est qu’il faut changer la loi. Sauf que si tout le monde tue son prochain, on ne va pas pour autant légaliser l’assassinat.
Si tout le monde vole la musique et le cinéma, on ne va pas légaliser le vol. Et en même temps, nous savons tous qu’on ne va pas non plus mettre tous les jeunes en prison.
Il nous fallait chercher des moyens intelligents et astucieux pour en appeler à la conscience du citoyen, lui donner la possibilité de rentrer dans le droit chemin. Il fallait aussi essayer de comprendre pourquoi le citoyen ordinaire, habituellement respectueux de la loi, préférait s’approvisionner dans des entrepôts clandestins plutôt que de faire ses achats dans un supermarché en ligne : n’était-ce pas aussi un problème d’attractivité de l’offre légale ?
Il y a deux mois et demi, Madame la Ministre, vous avez demandé à Denis Olivennes de conduire une mission permettant de déboucher rapidement sur des solutions opérationnelles visant à lutter fermement contre le piratage tout en tenant compte des potentialités d’Internet et de la demande des consommateurs.
Vous y êtes parvenus. Je veux vous en féliciter, vous, chère Christine, vous Denis, qui avez été l’artisan de cet accord, et vous tous qui êtes là aujourd’hui, acteurs du cinéma, de la musique, de l’audiovisuel, de l’Internet. Sans votre engagement, rien n’aurait été possible.
Le contenu de cet accord est solide et équilibré. Il comporte des stipulations nouvelles et fortes.
D’un côté, il prévoit l’envoi de mails d’avertissements aux internautes qui font un mauvais usage de leur abonnement, des avertissements gradués en cas de récidive, voire la possibilité de suspendre temporairement l’accès à internet. Pour arriver à mettre en place cette solution de bon sens, cette pédagogie, il vous a fallu, je le sais, soulever des montagnes, tellement les inerties sont grandes dans notre pays dès qu’il s’agit d’être innovant et de proposer une solution qui ne tombe pas tout droit dans le pli des habitudes de la pensée.
Cette démarche pédagogique sera bien sûr réservée aux pirates de « bonne foi », pour reprendre une expression propre à la politique fiscale. Les « pirates professionnels », ceux qui font sciemment du trafic et du commerce illicite de DVD et de fichiers contrefaits, resteront soumis au droit commun de la contrefaçon, et traités au sein de juridictions spécialisées.
De plus, les fournisseurs d’accès s’engagent, et c’est important, à mettre en œuvre des dispositifs de filtrage, tels que ceux développés par l’Institut national de l’audiovisuel. Le filtrage consiste à retirer automatiquement les fichiers « pirates » des réseaux ou des plateformes d’hébergement au fur et à mesure de leur apparition.
D’un autre côté, cet effort des fournisseurs d’accès s’accompagnera d’un effort tout aussi important des ayants droit. Les professionnels de la musique, du cinéma et de l’audiovisuel s’engagent à mettre plus complètement et plus rapidement leurs œuvres en ligne, et à supprimer tous les verrous techniques qui empêchent de copier et de transporter la musique.
Ce sont deux améliorations majeures qui profiteront pleinement aux consommateurs.
Fini, les musiques achetées sur une plateforme A et qu’on n’arrive pas à lire sur un lecteur B ou sur son téléphone portable, alors qu’on pouvait le faire sans problème pour un fichier piraté.
Fini, les sept mois et demi d’attente entre le film qui sort en salle et son apparition en vidéo à la demande. Avec cet accord, six mois sépareront le film sur grand écran et son passage en vidéo sur petit écran… C’est encore beaucoup, quand on sait qu’un film reste en moyenne trois semaines sur un écran de cinéma, avant de laisser la place au suivant ! Mais c’est déjà mieux. Et des discussions professionnelles s’engageront sous l’égide du Centre national de la cinématographie dans les meilleurs délais, pour adapter l’ensemble de la chronologie des médias aux enjeux du numérique, comme le recommande le rapport de Denis Olivennes.
Je sais que les exploitants de cinéma sont attentifs et soucieux de ces discussions. Aussi, je souhaite être clair. Le cinéma, je ne dirai jamais autre chose, c’est avant tout une rencontre dans une salle obscure, sur un grand écran, entre un public et une œuvre. C’est dans la salle que nous avons éprouvé nos plus grandes émotions de cinéma. Et les exploitants ne ménagent pas leurs efforts pour atteindre la perfection : après le son multicanal, la projection numérique va envahir les salles dès l’année prochaine, sans même parler du cinéma en relief, qui sera la prochaine révolution. Le cinéma en salle, c’est donc le passé, le présent, mais c’est aussi l’avenir.
Dans le même temps, la carrière des films en salle s’est fortement raccourcie, le "home cinéma" est devenu une réalité, et il faut tenir compte des nouvelles habitudes de consommation. Ce serait absurde que le spectateur français soit obligé de regarder des films américains, simplement parce que les films français seraient bloqués par des délais ou des exclusivités trop contraignantes ! Je sais pouvoir compter sur le bon sens pour que soient trouvées rapidement les clés d’une chronologie des médias adaptée au XXIè siècle.
Chère Christine Albanel, Cher Denis Olivennes, grâce à votre ténacité, votre patience, grâce à la bonne collaboration établie avec Christine Lagarde et Rachida Dati, et grâce à vous tous ici présents, vous avez permis la conclusion d’un accord qui marque le début d’une "nouvelle alliance" entre professionnels des industries culturelles et professionnels des réseaux.
Partout, aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et ailleurs, les professionnels et les gouvernements essaient depuis des années, non sans mal, de trouver le « graal » permettant de résoudre le problème de la piraterie. Nous sommes les premiers, en France, à réussir aujourd’hui à constituer une grande alliance nationale autour de propositions précises et opérationnelles.
Grâce à vous et à cet accord, la France va retrouver une position de pays "leader" dans la campagne de "civilisation" des nouveaux réseaux. La musique, le cinéma, mais aussi la presse et l’édition, vont pouvoir être mieux protégés.
La mise en œuvre de cet accord, épuise-t-elle le sujet de la création et de l’avenir de nos industries culturelles ? Non, bien sûr.
Nous devons veiller à réformer un système de régulation et de financement de l’audiovisuel dont les fondements reposent sur l’univers de la télévision hertzienne, et mieux prendre en compte les nouveaux réseaux. La nouvelle directive européenne sur les médias audiovisuels, qui vient d’être adoptée à Bruxelles, nous en offre le cadre et la possibilité. Il faut y travailler avec pragmatisme, de manière globale, en se donnant le temps de la réflexion. La transposition de notre régulation audiovisuelle est une entreprise progressive, tout comme l’obtention du taux de TVA réduit sur l’ensemble des biens culturels.
Il y a également des mesures d’urgence à prendre, pour permettre à l’industrie musicale de survivre et lui donner le temps de s’adapter au nouveau modèle qui se dessine. Un crédit d’impôt applicable aux productions phonographiques a été voté l’an dernier, mais sa mise en œuvre est limitée par des critères trop contraignants. Je souhaite donc que le régime de ce crédit d’impôt soit amélioré, et notifié à la Commission européenne dans les plus brefs délais pour pouvoir être applicable aux investissements consentis en 2007. De même, je souhaite que s’accélèrent les discussions engagées entre l’institut de financement du cinéma et des industries culturelles (IFCIC), et la Caisse des Dépôts et Consignations, pour permettre, dès le début de l’année prochaine, de tripler le volume du fonds d’avances remboursables consenties aux entreprises musicales.
De la même façon, je souhaite que le crédit d’impôt en faveur du jeu vidéo en cours d’examen à Bruxelles depuis près d’un an, puisse entrer rapidement en vigueur, pour freiner la fuite de nos talents et de nos entreprises à l’étranger et faire en sorte que la France – et donc l’Europe – retrouve sa compétitivité face aux studios nord-américains et asiatiques. Le jeu vidéo peut devenir un art du XXIè siècle s’il parvient à échapper aux dérives qui menacent un certain cinéma international, prompt à séduire et à divertir, appelant aux pulsions les plus primitives, mais impuissant à épanouir et fournir du sens. Avec leurs bataillons de scénaristes, graphistes et autres compositeurs, les entreprises du jeu vidéo constituent déjà une économie prospère. Il serait inexplicable de ne pas l’encourager.
Enfin, je suis attentif au souhait exprimé en faveur d’une révision du crédit d’impôt aux productions cinématographiques, pour l’étendre aux sociétés étrangères désireuses de réaliser d’importantes productions en France. Cette mesure doit être expertisée, sachant que la priorité est la préservation et la consolidation du régime des SOFICA.
Mesdames et Messieurs,
En signant cet accord historique, vous avez, vous les acteurs de la culture, et vous les opérateurs de l’internet, pris une responsabilité, et même un risque. Mais vous saviez que le risque le plus grand était de ne rien faire. C’était le risque de se laisser mourir. Les uns parce qu’ils ne pourraient plus rien produire. Les autres, parce qu’ils n’auraient plus rien à diffuser.
L’art est la chose fragile la plus fragile et la plus nécessaire. Nous avons réussi, grâce à la persévérance de nos aînés, à faire en sorte que nos villes, nos campagnes, abritent des monuments, des théâtres, des salles de concert, des écoles et des conservatoires. Il n’y a pas de raison qu’il en soit différemment sur les nouveaux réseaux. Il faut qu’Internet soit une fenêtre civilisée ouverte sur toutes les cultures du monde. Je suis heureux que votre accord soit une étape décisive en ce sens.
Stephan Gladieu pour le Figaro Magazine
C'est hier matin que le jeune PDG de la FNAC, Denis Olivennes, remettait son rapport à la ministre de la Culture et de la Communication, Christine Albanel, sur les moyens de lutter contre le piratage en ligne des oeuvres culturelles, en particulier musicales, vous savez tous ces "gamins [qui] stockent 10000 chansons sur l'ordinateur familial, après les avoir piquées sur le Net", tous ces "gens qui [au seul plaisir de la "goinfrerie"] ont 20000 titres sur leur disque dur et ne les écoutent jamais", tous ces titres "téléchargés sans un merci, sans un bonjour, et éventuellement revendus sous forme de compilations payantes dans des conventions de disques", pouvait-on lire dans la dernière interview accordée du chanteur Jean-Louis Murat, lequel avouait faire partie "des imbéciles qui ont cru aux mirages de l'Internet, et de ce fait à la bonté naturelle de l'homme, à l'échange communautaire."
Dégoût d'un artiste atypique (et pionnier sur Internet) aussi sincère qu'excessif et finalement peu constructif, comme n'auront pas manqué de le commenter de très nombreux sites et blogs en ce début de semaine. Une analyse mi-figue mi-raisin que je partage, parce que si ce type de "net bashing" m'exaspère, j'ai bien conscience qu'en l'absence d'un système adapté de transfert des ressources aux ayants-droits légitimes (les auteurs, les créateurs et non les fournisseurs de contenus !), le téléchargement massif gratuit de pair à pair (P2P) que je ne pratique que très rarement est aujourd'hui extrêmement destructeur.
Mais si la situation est critique, elle est aussi et surtout très complexe. Que peut-on attendre alors d'une telle commission de réflexion sur "la protection des oeuvres culturelles à l'ère numérique" quand elle est présidée par un homme juge et partie dans cette affaire, si ce n'est encore une fois une surenchère répressive (toujours à la limite du droit constitutionnel) et quelques mesurettes très en deçà des problèmes posés? En somme, c'est un peu comme si on confiait une mission sur les risques OGM au PDG de Monsanto ou sur le développement des énergies renouvelables au PDG de Total...
Outre l'erreur de casting (Attali aurait été bien mieux dans ce rôle qu'à la libération de la croissance tiens, ce qui nous aurait éviter deux erreurs de casting), on se demande aussi combien de temps encore le déni de révolution numérique de la part des industriels, des politiques et aussi de certains artistes va durer. Si l'industrie du disque est en crise, c'est seulement sous sa forme actuelle car la musique n'a jamais été autant écoutée et partagée (comme l'explique Philippe Axel, auteur de "La Révolution Musicale : liberté, égalité, gratuité").
Ce n'est pourtant pas faute de rabâcher que ce profond changement de paradigme propulsé par la société de l'information nous oblige à raisonner en dehors des schémas classiques d'une économie matérielle de rareté et d'échange, puisque nous sommes désormais face à des biens dématérialisés, les fichiers numériques, qui de vinyls ou cassettes en CD et DVD, sont devenus des biens dits "non rivaux" (qui se transmettent sans en priver d'usage leurs transmetteurs), qui plus est des informations dont la duplication se fait instantanément et à un coût marginal nul, des biens difficilement "excluables" donc, pouvant être partager quasiment sans limite.
En l'état, le droit d'auteur, du moins dans son "volet copyright", devient donc impuissant à réguler et contrôler le développement exponentiel de ces échanges numériques qui se fait au détriment du téléchargement légal et de l'achat de CD, en pénalisant à terme le financement de la création. N'est-il pas franchement illusoire de croire qu'on va discipliner 6 milliards d'individus à coup de verrouillage numérique (les fameux DRM) liberticide en matière de copie privée et d'interopérabilité d'un côté, et de flicage-fichage des resquilleurs avec menaces de suspension d'abonnement et de sanction pénale de l'autre ?
En tout cas, c'est l'avis de Marc Benaïche, fondateur du média Mondomix et à l'origine d'un manifeste très intéressant qui prône l'instauration, en lieu et place des mécanismes répressifs existants et avec force argumentation, d'un système de redevance culturelle obligatoire sur la bande passante payée par les opérateurs de télécommunication, pour permettre ainsi de financer cette création aujourd'hui menacée des biens culturels numériques en France et dans le monde.
Ce n'est pas faute non plus de la part de certains artistes de premier rang de faire de cette nouvelle donne une opportunité d'explorer des pistes nouvelles, de s'extirper du circuit industriel et de recouvrer la confiance du public (et de montrer accessoirement que nous ne sommes pas tous des voyoux).
C'est le cas du groupe Radiohead le mois dernier qui se lançait dans une opération de diffusion atypique de leur dernier album proposé en téléchargement libre sur leur site, à un prix laissé à l'appréciation de l'auditeur (et pouvant dès lors être nul). Une expérience riche d'enseignements puisque si le groupe a vendu plus d'albums et gagné plus d'argent au final qu'avec un contrat de production classique chez une maison de disque, les internautes n'ont déboursé en moyenne que 3 euros et n'ont pas déserté les sites de téléchargements illégaux qui ont fait dans le même temps un carton sur cet album...
Enfin, ce n'est pas faute non plus de la part de certains collectifs (la FING par exemple) d'explorer activement les nouvelles sources possibles de création de valeur pour la filière musicale dans le cadre du nouveau paradigme Internet qui, certes, met à mal les formes classiques et historiques de protection de la propriété intellectuelle des auteurs et du retour sur investissement des majors, mais génère dans le même temps de nouvelles pratiques de création musicale, basées sur la recombinaison de morceaux existants, la collaboration horizontale et verticale entre artistes, incompatibles avec les pratiques de protection et d'exclusivité existantes.
"Le virtuel va provoquer la naissance d'une économie de l'art radicalement nouvelle. Bientôt, les gens disposeront de logiciels de composition musicale permettant de créer facilement, ensemble, en mêlant la mélodie de l'un, le rythme de l'autre, l'orchestration d'un troisième, venus de partout dans le monde. Quand des millions de gens composeront ainsi, ils n'imagineront rien d'autre que le plaisir de créer ensemble, d'échanger, d'écouter, de s'inspirer. L'argent se gagnera sur des logiciels et des instruments de musique et presque plus du tout sur le CD, qui disparaîtra" : Telle est la brève histoire de l'avenir de la musique signée Jacques Attali.
C'est très bien comme cela. Il ne reste plus que vous et moi, le contenu et nos échanges pour faire vivre ce blog, dans la liberté la plus totale, les fondamentaux du web 2.0 quoi ! : Liberté d'écrire ce que je veux quand je veux sans copier sur qui que ce soit et en essayant de donner le meilleur, même si parfois c'est long, chiant et intello et que ça buzze pas un pet au kilomètre, liberté d'entrée pour le lecteur sans être incité à l'être ou piégé par un quelconque processus de liens, liberté de sortir en commentant ou pas sans être repéré par un détecteur communautaire X ou Y; c'est vrai quoi, avec Mybloglog, on ne peut même plus se ballader peinard sur les blogs qu'on exècre, juste pour se moquer, ne me dites pas que vous ne faites pas cela.
En plus, ça tombe bien, esthétiquement je déteste les espaces surchargés, strass et paillettes, clignotant de tous leurs feux, il faut croire que ce qui vaut pour mes vêtements et ma déco d'intérieur vaut pour mon blog !
Non, franchement, quand je vois ce que certains font de leur blog, tant sur la forme que sur le fond ! Entre les fenêtres publicitaires intempestives, la ribambelle de gadgets booster d'audience, sans parler de la médiocrité des publications, de l'abus du copié-collé ou de la tentation du buzz marketing qui consiste grosso-modo à faire l'éloge d'un produit sur son blog moyennant ledit produit en cadeau... Et bien zut alors !
C'est marrant, moi je ne suis que très rarement contactée par toutes ces agences qui ont flairé le business des blogs comme vitrines commerciales; "doivent sentir les gars que chuis pas une cliente", ce qui est une marque d'intelligence de leur part, comme quoi ils ne sont pas complètement mauvais.
Je disais donc, quand je vois comment tournent certains blogs et l'esprit des nouveaux arrivants, l'idée d'une blogosphère moribonde me traverse parfois l'esprit, avec une pointe de tristesse.
Cela m'énerve tout autant quand j'entends parler du non-moins à la mode concept de "blog de filles" qui sous-entendrait que les blogueuses, aussi talentueuses soient-elles, tiennent forcément des blogs dans des domaines typiquement féminins, futiles donc, la crème des blogueurs mâles se réservant la primeur des sujets de fond, beaucoup plus nobles, ben voyons.
Heureusement, la nostalgie ou l'agacement ne sont que de courte durée. J'ouvre mon Netvibes avec tous mes blogs sans réclame triés sur le volet, je m'octroie un zeste de "blogs de filles" qui n'ont que faire des fanfreluches, une pincée de "blogs de pionniers" imperturbables, loin des leaders d'opinion bidon, et une lichette de "blogs de mecs" sensibles et légers comme un "blog de fille", bigre !, et le doute se dissipe... Hop envolé le doute !
Non, le blog n'est pas mort. Il y a juste aujourd'hui plusieurs blogosphères. Personnellement, j'ai choisi la partie citoyenne et non marchande. Et rien ne nous dit qu'elle ne survive pas à cet autre bulldozer ludo-marchand qui ruine l'esprit de la blogo que j'aime.




