Dimanche 11 novembre 2007


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Le moins que l'on puisse dire, c'est que ça me parle, pour avoir passé douze ans de ma vie sur les bancs de la fac, enfin surtout chez moi durant mes années de thésarde, pour cause de matériel informatique insuffisant et désuet, de locaux mal insonorisés et chauffés, de couloirs sombres et déserts et aussi de cette foutue cohabitation avec une emmerdeuse de première (ce qui n'a rien à voir, je vous l'accorde).

Pour autant je n'ai jamais fait grève, du moins participé à une logique de blocage (et de violence, forcément), refusant d'être embarquée à intervalle régulier (tous les deux, trois ans si mes souvenirs sont bons) et à la même époque (à la rentrée) comme bon nombre de mes collègues de Rennes 1, par la vingtaine d'activistes estampillés UNEF ou Sud Etudiant de Rennes 2, bien connue n'est-ce pas, elle-même noyautée par un certain nombre de groupuscules d'extrême-gauche.

Non pas que tout baignait sous le soleil pour nous autres des facs de sciences, de droit et d'économie, mais franchement je crois que la somme de travail et la motivation personnelle
(surtout pour moi venant d'une filière littéraire) pesaient lourd sur la balance de notre capacité de rébellion, déjà fort déséquilibrée par une quasi-unanimité sur la richesse des enseignements et la compétence des profs.

Alors, il se trouve aujourd'hui que j'incarne un paradoxe très étrange pour beaucoup (compréhensible pour certains, incompréhensible pour d'autres) d'être une femme au foyer docteur ès sciences économiques, et oui, c'est pas commun.

Parce que je n'ai pas réussi à vendre mon diplôme ? C'est vrai, en partie, je l'avoue. Si le PhD (l'équivalent du doctorat chez les anglo-saxons) s'arrache comme des petits pains aux Etats-Unis, ce n'est pas le cas en France, particulièrement dans les sciences humaines, par simple ignorance et par pure routine des recruteurs, il me semble. Et c'est bien dommage parce qu'un universitaire développe assurément des qualités et des compétences qu'un sup de co n'a pas forcément : autonomie, auto-gestion, abnégation, polyvalence, curiosité, capacité de raisonnement et d'analyse... Et vice-versa ! Et si nous étions complémentaires sur le marché du travail ?

Mais non, rien à faire, l'université reste dans l'imaginaire collectif, le pis aller, au pire l'école de la glandouille, au mieux l'école du savoir non productif. Une usine à chômeurs ? Pas complètement, certains mastères et doctorats en sciences dures sont assez recherchés. Pour ma part, il est clair que je n'ai pas insisté longtemps, parce que j'étais épuisée d'une part par toutes ces années de boulot acharné nuit et jour, et parce que l'arrivée de ma première fille quelques semaines après la soutenance a envoyé tout ballader voyez-vous, les propositions de post-doc à l'étranger ou de mission fumeuse à Paris; j'en fus la première étonnée, ainsi va la vie. Aucun regret, je suis parfaitement heureuse, mais bon ce n'est pas le sujet.

Ces quelques mots vous laissent imaginer mon opinion sur la réforme en cours, la fameuse loi sur l'autonomie des universités, loi LRU dite aussi loi Pécresse. Evidemment qu'elle est à mes yeux nécessaire, les universités sont financièrement exsangues et ne peuvent plus souffrir l'immobilisme. Elles ont besoin de plus de moyens (et c'est un euphémisme vu l'état de délabrement de certaines) parce qu'elles méritent d'exister, que les grandes écoles et les écoles de commerce ne sont pas tout, qu'il y a des enseignants et des chercheurs qui font un boulot extraordinaire, et que c'est précisément ce qu'elle offre cette réforme, des outils de gouvernance accrue et donc à terme des moyens de fonctionnement supplémentaires en termes de matériel et de matière grise, en encourageant notamment l'embauche d'enseignants-chercheurs étrangers, le rapprochement avec les entreprises privées et le recours au mécénat, avec tous les risques que cela comporte mais qui doivent être pris.

Et cette réforme, concertée et votée faut-il le rappeler, je la trouve d'autant moins contestable qu'elle est plutôt soft, progressive (étalée sur cinq ans), ne remettant pas en cause d'emblée l'engagement de l'Etat sur la protection d'une valeur fondamentale à mon sens qui est celle du "libre accès",  en pariant dans un premier temps sur le développement d'une politique de débouchés... ce qui pourrait bien s'avérer suffisant qui sait, et limiter à terme les "dégâts" en terme de sélection à l'entrée (qui existe déjà d'ailleurs, si j'ai pu rentrer en sciences économiques malgré un bac A1 -Math/Philo- c'est parce que j'avais fait une classe prépa entre temps... donc toutes les filières ne sont pas ouvertes à tous les bacheliers).

Le plus consternant dans tout cela, si cette loi (certes loin d'être parfaite) est mal comprise et la grève dégénère en front anti-sarko, c'est aussi et surtout parce que l'opposition (PS, Modem), désespérément muette, n'a pas fait son boulot, celui de courir devant une réforme qui fait consensus depuis des années pour mieux la définir et l'orienter !


Mercredi 7 novembre 2007

Voilà 10 jours que le scandale de l'Arche de Zoé a éclaté, 10 jours que je lis assidûment les articles de presse, que je parcours mon google blog search (en constatant non sans étonnemement le silence ou la timidité de la blogosphère sur un sujet certes très délicat mais qui n'est désormais plus un simple fait divers), que j'écume les portails panafricains et les sites tchadiens en quête d'informations et de contre-points; vous avez remarqué comme le point de vue des populations locales est quand même et toujours celui qui fait cruellement défaut.

Comme beaucoup évidemment, j'ai vu aussi le reportage hallucinant du journaliste Marc Garmirian réalisé sur place à Abéché la semaine précédent l'arrestation ainsi que son interview plutôt confuse sur France 5 à son retour en France, et bien qu'il n'en faille pas plus pour mesurer à la fois le fossé culturel et l'absurdité totale de cette démarche de sauvetage, je ne me risquerai pas à une quelconque analyse des responsabilités et des positions des uns et des autres (Toreador l'a déjà très bien fait) dans cette affaire dont on n'est pas près de voir le bout, vu la tournure politico-diplomatique sur fond d'enjeux géostratégiques majeurs qu'elle est en train de prendre.


En revanche, et un peu de recul aidant, ce qui me frappe dans cette histoire, c'est combien elle est révélatrice d'au moins trois symptômes d'une société, d'une civilisation en crise.


A commencer par cette inexorable globalisation de la compétition à tous les pans de l'activité humaine, jusque dans le domaine humanitaire et de la solidarité internationale, qui brasse des budgets très importants et entretient des relations étroites avec les pouvoirs politiques; bel oxymore que cet acronyme ONG ! L'ex-président de Médecins Sans Frontières, Rony Brauman, parle ainsi de "délire humanitaire" nourri à coup de surenchères de déclarations aussi spectaculaires qu'irresponsables dans le camp des politiques et des intellectuels "droit-de-l'hommistes", partisans du devoir d'ingérence; dans le cas présent, ce sont les sieurs Kouchner et BHL qui sont visés bien sûr, à l'aune de leurs discours jugés alarmistes et déconnectés des réalités locales sur la situation au Darfour.


Non sans lien, cette sordide épopée de l'Arche de Zoé témoigne également d'une société sous l'emprise croissante de l'émotion, au mépris des lois, du droit et de la raison. C'est bien simple, qu'il s'agisse des motivations, des actes et/ou des propos, il n'est pas une seule partie prenante dans cette affaire qui ne soit dans l'excès.

Mais ne mélangeons pas tout, si l'on peut s'insurger contre les accusations outrancières "de trafic d'enfants à des fins pédophiles ou de commerce d'organes" du président Déby (qui n'a jamais vu les enfants que comme des soldats potentiels) et douter du bon fonctionnement de l'appareil judiciaire tchadien revendiqué par le même Déby, son ministre de l'intérieur, les juges en charge de l'instruction et l'opinion publique tchadienne très remontée (on demande la peine capitale !), ce sont des excès de nous autres occidentaux dont il est bien entendu question ici, à commencer par cet incroyable démarchage sur Internet des familles "d'accueil", exploitant sans réserve et précaution aucune la corde de l'émotion, aussi bien dans le champ de la compassion que sur le terreau très riche en occident du désir de parentalité des couples stériles. Abject.

Une société qui ne réfléchit plus aux conséquences et aux moyens de ses actes, qui considère que vouloir c'est pouvoir, désirer c'est exiger, agir c'est avancer, qui croit que la fin justifie les moyens, sans penser que les moyens conditionnent eux-mêmes la fin, est une société qui ouvre la porte à toutes les dérives.


La dérive intégriste et sectaire
en est une, et nombreux sont les éléments qui intriguent dans l'affaire de l'Arche de Zoé. De là à affirmer que cette association est ou ressemble à une communauté intégriste ou une secte, il est un pas que je ne franchirai pas, d'autant que je ne le crois pas.

En revanche, que cette nouvelle forme d'idéalisme moralisateur qui menace dans les rangs des organisations humanitaires repose fortement sur une fibre intégriste et soit amenée, à un moment ou à un autre de la filière, à flirter avec les mécanismes sectaires laisse place à moins de doute. Leader charismatique, force des croyances puissance dix, transgression de la réalité, dynamique de groupe au détriment du discernement individuel, recours au mensonge et à la dissimulation, menace de représailles nous dit-on enfin (à prendre avec prudence), ça fait beaucoup et je comprends la colère de ceux qui exercent ce métier avec sérieux et humilité. Pas dit non plus qu'on soit au bout de toutes nos surprises. A suivre donc...



Et à lire aussi divers points de vue glanés ici ou là pour éclairer sa lanterne, s'il en est besoin et si le coeur vous en dit (et voilà que moi aussi je parle du coeur !):

-L'article de Etienne de Tayo, journaliste camerounais, attention photos choc en fin d'article.
-Le récit de Frédéric (blog "démocratie sans frontière")
-Le billet de Seid Mahmoud sur TchadForum
-L'article de Philippe Souaille (blog "la mondialisation humaniste")

Lundi 29 octobre 2007
Bon, si vous êtes passé entre les mailles de l'info aujourd'hui et que n'êtes pas tenté pour égayer votre soirée par le duo Jugnot (alias Ali Baba) et Doc Gynéco (alias le kif génie) dans la télé de votre salon (comme je vous comprends), je vous recommande chaudement le nouvel épisode des aventures américaines de notre french president qui a tenu en haleine aujourd'hui toute la Toile; oh ceux qui savent, ne jouez pas les hypocrites, je suis certaine que vous avez eu envie d'en savoir plus vous aussi.

Je veux parler bien sûr de l'affaire CBS, de ce qui a été présenté dès potron-minet en France comme le "pétage de plomb" de Nicolas Sarkozy à la télévision américaine hier soir (la nuit dernière pour nous) dans l'émission-phare "sixty minutes" avec comme preuve à l'appui une vidéo de quarante secondes où on le voit mettre fin subitement à l'interview de la journaliste vedette Lesley Stahl après avoir lâché "quel(le) imbécile". La voici :




Le problème, c'est qu'il s'agit d'un montage dans le cadre d'une bande-annonce, d'un teaser diffusé en boucles hier sur CBS et bien évidemment destiné à faire péter l'audimat, et non d'un extrait sans coupure d'une interview comme on pourrait le croire, encore moins en direct, comme on a pu le lire sur le site internet d'un grand quotidien.

Il a quand même fallu attendre 11 heures ce matin pour voir apparaître sur Dailymotion la vidéo intégrale de ce qui était un reportage consacré à Nicolas Sarkozy, intitulé "Sarko the American", et se rendre compte qu'il s'agit d'une énième manipulation médiatique, une montée en épingle de "la très sérieuse" CBS relayée sans scrupule par les médias français, y compris le "media alternatif" rue89.com, oui j'en perds mon latin.

Heureusement que j'avais pris mon petit-déjeuner devant "la Matinale" de Canal Plus, qui précisait que le "quel imbécile !" de Sarkozy était adressé au porte-parole de l'Elysée, le jeune David Martinon se tenant en arrière-plan du plateau de l'interview, une interview réalisée il faut le préciser en pleine omerta (18 jours avant l'annonce officielle du divorce d'Etat), et durant laquelle (et à deux ou trois reprises) la journaliste interroge Nicolas Sarkozy sur le "mystère Cécilia".

En revanche, ce que j'ignorais avant de voir l'intégralité de la vidéo, c'est que le reportage était d'une nullité crasse, dénoncée à la quasi-unanimité par les télespectateurs américains sur le site de CBS, que le "pétage de plomb" avait lieu en deux temps et que la "rupture fatale" n'intervenait qu'en toute fin d'un entretien par ailleurs dénué d'intérêt.

Ce qui n'enlève rien à la vulgarité de notre french president houspillant le valet Martinon, faisant preuve d'une agitation permanente (I have a big job... I am very busy... ok ok) et cédant à une très douteuse familiarité durant tout le reportage (particulièrement en avion).

Mais honnêtement, des deux, c'est à se demander qui est le pire.

Je vous laisse juge (le pseudo "clash" a lieu aux 4ème et 11ème minutes mais ça vaut le coup de le regarder en entier) :



Samedi 27 octobre 2007
Allez, j'y vais de ma petite contribution à la scandaleuse affaire du détournement des couvertures d'un monument de notre enfance, j'ai nommé la bienveillante Martine, qui connaît un buzz du tonnerre sur la toile (70 000 visites jour pour le martine cover generator), un succès dû selon André Gunthert au fait que de  "se réapproprier le sens de l'image, faire exploser, à chaque nouvelle légende, la contrainte proposée par le dessin de Marlier est un plaisir aussi jouissif que de faire un croc-en-jambe au surveillant de l'internat".

Analyse partagée par David Abiker qui, devant les parodies les plus trash, nous explique sur son blog que ""
Martine aime la bite" c'est la blague d'un adulte qui saute à pieds joints dans une flaque d'eau pour provoquer un rire sain et suggérer que les temps qui courent sentent un peu trop la fraise Tagada". Soit.


Ce qui m'a donné une idée. Et si Martine refaisait l'info du jour ?

J'attends vos suggestions pour compléter ce tableau...


Martine1-copie-1.jpgmartine3-copie-1.jpgmartine7.jpgmartine9.jpgmartine8.jpgmartine2.jpg
Mercredi 24 octobre 2007

A suivre, une petite vidéo aussi révélatrice qu'instructive (et dont je dois la connaissance à mon ami blogueur Marcus, merci !) qui vaut tous les longs discours sur la crise que la presse française traverse actuellement et sur l'arbre qui cache la forêt et n'en finit plus de pousser, comprenez le soit-disant danger que représentent Internet et toute cette bande de blogueurs sans foi ni loi.

Je fais bien sûr allusion ici aux propos ridicules de Laurent Joffrin, patron de Libération, délivrant la semaine dernière sa leçon de journalisme à la vilaine boîte à rumeurs virtuelle .

Mais je pense aussi à l'envolée surréaliste
dans l'émission Duel sur la 3 du "trio d'avant-garde" Philippe Val, BHL et  Séguéla, à l'encontre de cette même blogosphère qui, à les entendre, redonnerait presque du galon à la presse people.

Enfin ! Plutôt que de se laisser grangener par quelque "père-la-morale" préférant pointer des causes externes plutôt que de se remettre en cause, et si la grande famille des journalistes professionnels "encartés" redescendait un peu de son piédestal pour prendre le problème à bras-le-corps et reconnaître que les véritables raisons de la crise sont tout simplement d'origine interne, essentiellement endogènes à la profession ? En voilà une idée !

Et si les problèmes actuels étaient réellement ceux d'une profession qui
n'a pas su prendre le train en marche des nouvelles TIC (technologies de l'information et de la communication) et de leurs usages et s'est enfermée progressivement dans des routines destructrices de son esprit fondateur, le doute, l'indépendance et la curiosité, l'appétit ?

C'est en tout cas ce que me suggère cette intervention jeudi dernier du journaliste free-lance Francis Pisani au CFJ (Centre de Formation des Journalistes). Une intervention qui sonne comme le plaidoyer d'un homme d'une génération née bien avant l'invention du microprocesseur (peut-être même du transistor !) et plus encore des autoroutes de l'information pour un journalisme moderne résolument multimédia, face un parterre de jeunes aspirants journalistes qui semblent découvrir pour la plupart les flux RSS, les wikis, les digg, les del.icio.us et consorts, autant de nouveaux outils et réseaux qui touchent aujourd'hui à toutes les étapes de la "chaîne de production" et l'efficacité même de leur futur métier: du recueil à la diffusion de l'information, en passant par le filtrage, le partage, la production collective, la hiérarchisation, l'analyse, la valorisation de cette information. Diantre!

Franchement, un journaliste lambda (je ne parle pas des grands reporters hein) qui se contenterait aujourd'hui d'attendre que tombent les dépêches AFP, c'est un peu comme un chercheur qui bornerait son champ de recherche à la connaissance imprimée sur papier ou micro-fiches, non ?


Et dire que je croyais qu'il n'y avait pas pire en France en termes de retard technologique et de cloisonnement que la recherche universitaire, moi qui "défrayais la chronique" (euh très très localement bien sûr !) en présentant une thèse d'économie, tenez-vous bien en 2002, il n'y a que cinq ans de cela, s'appuyant sur une webographie noyant dans la masse la très classique et convenue bibliographie ainsi qu'un faisceau de coopérations électroniques insensé avec l'université de Berkeley en Californie, contre toute recommandation de mon directeur de thèse quand je débutais ma recherche en 1997 (oui Google naissait seulement l'année suivante).

Sur ce, bon visionnage, allez un effort, ce ne sont que 8 petites minutes...



FRANCIS PISANI AU CFJ
envoyé par lucos


*Surtout rendre à César ce qui lui appartient, cette expression n'est pas de moi, j'aurais bien aimé, elle est d'Alain Joannès, auteur du livre "Le Journalisme à l'ère Electronique".

Vendredi 19 octobre 2007

Mon oeil, oui !


C'est ce que l'on voudrait bien nous faire croire, que l'absence de Cécilia ne changera rien, que ce n'est pas un binôme que les français ont élu, que les affaires conjugales du Président ne nous regardent pas, même que regardez les sondages, tout le monde s'en fout, mais moi je réponds non !

Pour la simple et bonne raison que Nicolas Sarkozy est indissociable du couple Sarkozy dont la réussite doit beaucoup au talent de l'un comme de l'autre, et des deux ensemble, incontestablement, mais aussi à cette défiance permanente, délibérée et construite, du principe républicain de séparation entre l'homme (avec un grand H) et la fonction, entre la vie intime et la vie publique, entre les coulisses et la scène.


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De conserve, ils ont instrumentalisé (c'est le terme à la mode) leurs sentiments, leur alliance et leur jeu d'influences réciproques pas seulement pour eux-mêmes, leur image, mais aussi dans le cadre purement politique, depuis des années et s'agissant récemment de la composition de l'équipe de campagne et de la nomination des conseillers spéciaux et des membres du gouvernement.

Mais aujourd'hui, au nom du paradoxe de banalisation du discours et des comportements, autre lubie du couple Sarkozy visant à cette même recherche de popularité, il faudrait surtout ne rien conclure de conséquences pour la fonction présidentielle, s'abstenir de juger surtout et considérer ce divorce comme une affaire strictement personnelle et, aussi douloureuse fut-elle, terriblement commune en ce bas monde. Ben voyons !

Médiatisation et pipolisation à l'américaine un jour, liberté et respect de la vie privée à la française un autre, c'est le grand écart, d'autant qu'on est désormais en droit de s'interroger sur les incidences protocolaires, les effets sur l'état émotionnel d'un homme déjà bien survolté ainsi que sur les mouvements dans le sérail élyséen que la "démission" de Cécilia pourrait provoquer.

De même qu'il ne me paraît pas déplacé de s'interroger sur l'étendue de l'impact d'un tel divorce qui dépasserait la sphère politique. Quid de l'image de la France et de notre système de valeurs ? Une certaine presse se fait l'écho de ce qui serait un symbole de modernité et de transparence, un acte de courage.

Permettez-moi de ne pas adhérer à ce point de vue et d'y voir plutôt un énième symbole, dans la droite ligne de mon dernier billet politique, de déboulonnage des valeurs, un symbole d'irresponsabilité et d'irrévérence (pour ne pas dire de vulgarité, mais on n'est pas loin), par excès d'opportunisme et d'orgueil pour l'un et par péché d'inconséquence et d'impudence pour l'autre, laquelle redit aujourd'hui craindre la lumière et dans le même temps court le tout-Paris et pose pour Elle et Match.

Et que penser alors de la liberté de la presse, cette même presse qui fustige les blogueurs, accusés de colporter la rumeur et "nous faire régresser au XIXè siècle", cette presse, la sérieuse, la grande, qui savait depuis des mois, au moins depuis le dépôt de la demande de divorce (en juillet, si mes calculs sont bons), et n'a rien dit ? L'élection n'en aurait pas pâti, le feuilleton grand-guignolesque de Cécilia à la Garden Party, à Wolfeboro, au G8, en Lybie et j'en passe nous aurait été épargné et la presse, grandie. Enfin, peut-être.

Je sais, le divorce des sarkozy n'en reste pas moins un épiphénomène, surtout au vu de l'actualité chargée et parfois tragique du jour, de même que cette note, que je n'étais pas sûre de publier, est un peu réac, mais bon je dois l'être un peu au fond.



Vendredi 12 octobre 2007

Oui je sais, l'intitulé est un brin provocateur, mais c'est de bonne guerre, parce que franchement, nous balancer un premier rapport d'étape qui prône la libéralisation de la Grande Distribution comme un facteur-clé de relance du pouvoir d'achat et de la croissance, en plein Grenelle de l'Environnement et de réflexion sur le développement durable, c'est sacrément gonflé !

Alors comme ça, la Commission de Libération de la Croissance Française (CLCF) présidée par Jacques Attali nous apprend dans cette première mouture, que dis-je,
ce galimatias technocratique de 23 pages (oui, je me le suis tapé), qu'il serait, entre autres énormités (je vous laisse les découvrir), grandement temps de restaurer la libre entrée ainsi que la libre tarification et fixation des prix dans le commerce et la distribution afin, je cite, "d’augmenter et de diversifier l’offre, de faire baisser les prix pour le consommateur et de créer de 500.000 à un million d’emplois selon le niveau de fluidité du marché du travail", et parce que de toutes façons, les lois existantes se sont montrées impuissantes à protéger le petit commerce.

C'est merveilleux, ainsi il n'y aurait encore pas assez d'hypermarchés et de pratiques sauvages dans le monde de la distribution sur notre territoire. Non, il faut au contraire, nous dit-on, "accroître la concurrence entre les grands groupes pour augmenter le pouvoir d'achat de tous".

Fantastique ! Moi je dis chapeau !

Travailler plus pour gagner plus pour consommer plus de caddies remplis de produits dégueu fabriqués avec tout plein d'ingrédients à bas prix d'origine chinoise non contrôlée, voilà une vision réjouissante de l'avenir.

Enfin, ne soyons pas trop surpris, rien que la dénomination de ce pseudo-groupe de réflexion, "commission de libération de la croissance", aurait du nous mettre la puce à l'oreille, sans parler de sa composition, car libérer la croissance suppose qu'elle est enfermée, freinée, muselée, entravée et qu'elle ne demande qu'à sortir or, et cela n'aura échappé à personne, non seulement tout autour de nous croît, mais en outre tout croît mal, la planète est saturée d'humains, de béton, de pollution, de gadgets improbables, de denrées immondes...

L'urgence n'est pas de libérer la croissance, mais de la redéfinir, et de cette redéfinition, j'ai eu beau fouiner, il n'en est vaiment point question au coeur de cette haute commission qui a "pignon sur net", un  site et pas moins de 35 blogs, mais rien sur "quelle croissance ?"

Pas étonnant qu'on continue de tourner en rond et de se référer "aux avocats de la croissance brute" qui ont le toupet en outre de viser les 5% de croissance annuelle du PIB, quand il conviendrait de rechercher "
une croissance douce, riche en emplois de bonne qualité, pauvre en CO2, capable de réduire la pression environnementale des Français et les inégalités d'accès aux biens fondamentaux" tel que l'explique par exemple l'économiste Jean Gadrey dans une Tribune du Monde.

Comme c'est la mode des stages en tous genres, peut-être pourrait-on proposer à ce collectif de hautes éminences une petite sortie avec quelques ménagères éclairées sur un marché de détails ou directement à la ferme, pour leur montrer combien il est possible et plaisant aujourd'hui de garnir un panier de fruits, légumes, viandes et poissons de qualité bien supérieure (souvent incomparable) pour le même prix, voire un prix inférieur à celui de la grande distribution.

Tant que les gens penseront que c'est moins cher chez Leclerc, que le but ultime c'est de consommer un maximum de choses et de préférence n'importe quoi, on n'en sortira pas, et effectivement, la propagande continue...


NB : Toutefois, je confesse que pour le PQ (c'est joli ça), n'utilisant pas de feuilles de laurier, je vais chez Super U, ça rime, n'exagérons rien non plus, ça rime toujours...


Mardi 9 octobre 2007


Bye bye le doux soleil tunisien, bonjour la Bretagne et son légendaire crachin, me voilà reviendue de mon baptême de GM (gentil membre) millésime 2007 estampillé Club Med Hammamet au rayon des villages famille tout compris.

Bon je sais que vous brûlez d’impatience de connaître mes impressions sur cette expérience incroyable, comme je vous comprends, alors je n’y vais pas par quatre chemins, je vous le dis tout de go (ah ah), et bien c’était… pas mal du tout. Même bien. Voire très sympa.

Formidable… mais encore ? Bien comment dire, je vais pas vous la jouer intox, on est loin de l’esprit Trigano, des cases, de l’ambiance Bronzés, y’a du soleil et des nanas, on va s’en fourrer jusque là, faut être réaliste, entre temps, les lignes ont bougé (pour reprendre une expression très tendance n’est-ce pas), concurrence acharnée et évolution de la demande obligent, le Club Med s’est quelque peu aligné mais n’en a perdu pour autant ses spécificités en matière de convivialité et de « french joie de vivre ».

Usine à touristes certes, mais usine à touristes haut de gamme, on est ainsi à mille lieux du Fiesta Beach Club local où le « all inclusive » s’apparente à un concours d’alcoolisation et une ruée sur le buffet remportés haut la main par la confrérie des russes en goguette qui découvre la beauté du monde qualité du whiskey quinze ans d'âge vendu en duty free.

En fait, on pourrait dire que le Club Med est un savant compromis entre le standing d’un Sofitel ou d’un Méridien et l’animation d’un camping quatre étoiles, pas facile hein ? Je vous l’accorde, le mariage des genres est osé et d’aucuns, j’entends les dépositaires de la culture Club Med, les précurseurs, les inconditionnels, les vrais de vrais GM quoi, regretteront certainement les grandes heures des accueils en fanfare avec discours au sommet du CDV (chef de village), des show time délirants, des jeux non stop, des colliers de perles ou autres tickets de bar, des bungalows-dortoirs, les mêmes qui déploreront peut-être, je dis bien peut-être, l’arrivée des écrans plats dans les chambres, des salles de bains luxueuses, des espaces de farniente, des spa et salles de cardio-training.

Je compatis et j’avoue que j’aurais bien aimé en être, au moins une fois, de ces grandes heures du Club.

Toujours est-il que moi, en profane, et bien j’ai été agréablement surprise par ce que certains qualifieront d’ersatz de culture Club Med, et n’en déplaise aux puristes, moi, en profane, j’ai savouré ce petit quelque chose de différent, d’amusant souvent et qui demeure. On pourra sans hypocrisie faire l’éloge de la compétence des GO (gentils organisateurs), un vivier multiculturel de talents et ce n’est pas du mythe, bluffés nous sommes par le niveau des spectacles, à la seule réserve de l’encadrement des tout-petits : j’avoue, nos filles n’ont pas joué le jeu mais en même temps, entre modeler de la pâte dans une salle climatisée et attraper un trapèze à dix mètres du sol (avec filet), j’aurais pas fait mieux et me serais précipitée à la plage !

Mais le truc unique du club med, le clou de l’affaire, c’est que subrepticement, alors que tu déboules à l’aéroport, anonyme, inconnu, au jour 6, tu constates au beau milieu du buffet de gala que tu connais tout le monde. C’est ça, les fameuses tables de huit au restaurant, les apéros conviviaux, le tutoiement de rigueur, les cours d’aquagym et les tournois de tennis ont fait leur œuvre, tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, enfin que tu crois, mais peu importe.

Tu as passé du bon temps, tu es reposée, dorée comme une biscotte, sculptée comme une athlète… et des paniers à linge, des paniers à linge, non franchement, le « dress code » les gars, c’est la ruine de la mère au foyer, une tenue par soir et pour toute la famille dans les couleurs et le style requis… enfin c’est pardonné parce que c’est drôle.

Et maintenant, comme on dit là-bas, "it's show time" !




par Mimie in Vivo publié dans : je voyage (aussi)
Samedi 29 septembre 2007

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J'ai longtemps hésité à classer ce billet dans la rubrique "je voyage (aussi)" ou bien "je m'embourgeoise (si si)" mais au finish c'est ce bon vieux jeu du "101/1001" (pas de panique, j'y reviens) qui l'a emporté.

Qu'on se le dise, partir au Club Med, qui plus est en famille, relève moins de la grande aventure (s'il en fut une un jour) que du domaine ludique.

Quant au caractère sélect des lieux, je vous en dirai des nouvelles, subodorant toutefois que les belles années où la bourgeoisie-bohème se délectait autour d'un buffet aussi raffiné que pantagruélique entre deux bons mots distribués au gré des légendaires tablées sont un peu derrière nous. Je subodore oui, parce que figurez-vous que je n'y ai jamais mis les pieds au Club Med.

Mister in Vivo et moi sommes fondamentalement du genre rebelle à sous-traiter l'organisation de nos escapades touristiques fuyant les "formules all inclusive, clés en main, rendez-vous à 5h30 du matin dans le hall pour la sublime visite du site classé trucmuche à bord du car climatisé machinchouette, ne vous inquiétez pas, on s'occupe de tout, tu penses".

Oh je ne dis pas que les hôtels-clubs sont un mystère pour nous mais enfin, les virées en cocinelle au fin fond d'un village maya ou en taxi-boat au beau milieu de la mer de Thaïlande, les pannes en 4*4 en pleine forêt tropicale ou les périlleuses traversées en coucou déglingué, ça nous connaît mieux. On est plutôt du genre instinctif et curieux "vol sec, Lonely Planet, on verra sur place... peace and love".

Mouais, il se trouve néanmoins que depuis quatre ans et des brouettes, nous sommes devenus parents, doublement, et aussi heureux que nous puissions être de ce nouveau statut, nous ne pousserons pas l'enthousiasme jusqu'à partir au bout du monde avec deux sauterelles réglées comme du papier à musique et pour tout horizon, 6 jours et 7 nuits !

Que faire alors ? Et bien jouer, relever le défi du club d'entre les clubs, partir au Club Med, faire de ce qui constitue un acte sécurisant pour les uns une prise de risque pour nous. Et d'une pierre deux coups : prendre du bon temps au soleil et accomplir un pas de plus vers la réussite de mon extraordinaire projet 101/1001, oui, 101 choses en 1001 jours pour ceux qui prendraient le train en marche (tu cliques ICI et t'hallucines). Pour un peu que je trouve le temps de faire un château de sable avec les miss J et mademoiselle L in Vivo, et hop, ça fera d'une pierre trois coups ! Elle est pas belle la vie ?

Allez, vive le risque, à nous Haaaaammaaaamet, à nous l'expérience trépidante du club, le monde nous appartient... Daaarlaa dirlaadadaaa...

A dans une huitaine de jours.
Portez-vous bien.
Je vous embrasse.

Mardi 25 septembre 2007
 
 

Quatre mois.

Quatre mois que je n'ai plus "politisé" sur ce bon vieux blog.

Non pas que la politique me désintéresse subitement, mais je me gardais bien de me livrer à cette partie de ball-trap qu'affectionne une certaine presse avant d'avoir vu un minimum l'animal à l'oeuvre.

Quatre mois donc que je lorgne avec plus ou moins de distance et d'assiduité sur les faits et gestes quotidiens du Président Sarkozy, et vous voulez savoir ? Et bien... il me fait rire ! En fait, son ridicule me fait rire. Le problème c'est qu'il me fait rire jaune car ce ridicule est loin d'être de celui qui ne tue pas. Contrairement à l'adage bien connu, ce ridicule-là me semble plutôt dévastateur, destructeur de valeurs, du moins du peu de valeurs qu'il nous reste.

Car, fût-il bourré de capacités et de compétences, celles requises par la fonction de chef d'Etat lui font à l'évidence (enfin à la mienne d'évidence) défaut. Un excellent homme d'affaires, un brillant manager, un as de la communication, oui. En d'autres temps, Nicolas Sarkozy aurait même pu faire un remarquable (pour reprendre un de ses termes fétiches) entrepreneur à la Schumpeter. Assurément.

Mais voyez-vous, le hic, le gros hic même, c'est qu'une nation, la France en l'occurrence, n'est pas une entreprise et ne saurait être réduite dans son appréhension, son administration et sa gestion à une simple firme. Or, de l'esprit aux actes en passant par le choix choc des mots, dans cette présidence et ce premier gouvernement, tout nous ramène invariablement et chaque jour à l'impitoyable monde de l'entreprise moderne sous le règne du pragmatisme absolu où la culture du résultat se dispute au buzz médiatique. Tout... ou presque bien sûr, mais que voulez-vous, mon oreille, mon cerveau n'entendent que cela.

Faire du chiffre coûte que coûte, c'est ce que rapportent les policiers, les magistrats, les services de préfecture.

Fusionner l'ANPE et l'UNEDIC, c'est le prix de l'efficacité économique et technique nous dit-on.

Réduire les effectifs à l'Education Nationale et faire miroiter un salaire au mérite individuel (oui donnant-donnant, non mais !), c'est la nouvelle vision de l'efficacité sociale.

Débaucher des piliers à la concurrence y compris dans les rangs des grands hommes d’Etat – je pense à Rocard, Védrine, Attali - c'est l'apologie du carriérisme à tout crin étendu à la politique.

Expérimenter le test génétique pour les étrangers candidats au regroupement familial, c'est l'esprit des grands cabinets de recrutement au mépris de l'intime et de l'humain qui souffle sur la politique familiale…

Bah oui, il ne faut pas lésiner avec le plan de restructuration du Groupe France car la faillite guette nous annonce le directeur général. Le problème est qu'il ne s'agit pas d’une multinationale, ni même d'une petite entreprise ou d'un ménage mais d'un Etat et qu'il est parfaitement inapproprié de parler de faillite s'agissant d'une institution de services qui n'est ni concernée par le profit, ni par le problème de l'âge et l'échéance de la mort, ce qui bouleverse quelque peu la question des contraintes de solvabilité, d’autant qu’il ne s’agit pas de n'importe quel Etat mais de celui d'une grande puissance mondiale.

Je savais fort bien que Sarkozy n'était pas un intellectuel ni un grand humaniste, plutôt un homme d'action, de l'immédiateté, de l'efficacité à court terme, et aussi un homme de réseaux doté d'un irrésistible pouvoir de séduction et de persuasion (y compris pour aller faire un jogging). Seulement aujourd’hui, l’absence criante de perspectives historique, philosophique et idéologique dans ces décisions récentes et bien d'autres me laisse sans voix.

Il me fait ainsi l'impression d'un VRP de la politique nourri au rêve américain, qui se moque des produits qu'il vend comme autant de valeurs dont il se contrefout - justice, égalité, emploi, solidarité, éducation, liberté, culture, bien-être social - pourvu qu'il vende, qu'il fasse du résultat, du concret, du tangible quoi, en somme du résultat d'ordre comptable et donc immédiatement convertible en échos médiatiques et en points de confiance dans les sondages.

Vous comprendrez alors que les discussions autour de savoir s’il est un ultralibéral, un néo-conservateur à l'américaine, un atlantiste, un communautariste ou que sais-je me laissent perplexe, tant ses points d’ancrage semblent mouvants. Il l'avoue lui-même, c'est un politicien "décomplexé" qui aurait très bien pu réussir comme avocat ou comme producteur (c’est le non moins intello et ami de 20 ans Didier Barbelivien qui le dit) et lequel, demain, se verrait parfaitement enchaîner avec la direction d'une grande entreprise privée (ça c’est les confidences recueillies lors d’un déjeuner par le journaliste Laurent Bazin).

 

Vous me direz qu’avec le vulgaire slogan qui était le sien durant la campagne, "travaillez plus pour gagner plus" on était prévenus, et l’on peut d’ores et déjà saluer sa franchise.

 

Quoi qu’il en soit et qu’il réussisse ou pas d’ailleurs à aller "chercher sa croissance", ça fait tout de même un peu chier de constater la popularité (et donc le succès ?) de son entreprise de désagrégation "des dernières utopies de ce monde où les gens ne rêvent plus que d’avoir un yacht comme Vincent Bolloré", comme dirait Beigbeder.

 
 

Vous pensez que c’est un discours de nantis, que Ségolène Royal n’aurait guère été mieux ou encore que tout cela est un peu naïf et vide d’arguments, vous avez peut-être raison.

 
 


Mais voilà, c’est juste un ressenti, mon ressenti, et j’avais envie de le partager avec vous.


Mercredi 19 septembre 2007
Cela faisait un bon moment que je le cherchais, ce nouvel auteur de polars prompt à hanter mes nuits et divertir mes séances de solarium, tel un Doublas Kennedy (déjà longuement évoqué sur ce blog), Harlan Coben, Robert Crais ou encore une Elizabeth George, Carlene Thompson, Joy Fielding.

Et bien, ce polardeux talentueux, je l'ai trouvé, en la personne de Stieg Larsson et pour le coup, il faut avouer qu'on est à des kilomètres du style anglo-saxon avec ce dernier-né de la grande école suédoise. Néanmoins, et bien qu'ayant le vent en poupe en Europe et ailleurs, de cette littérature scandinave qui fait froid dans le dos, je n'en avais que très peu goûté si bien que le rapprochement le plus naturel s'est opéré avec notre compatriote Fred Vargas, passée maître dans le thriller socio-historique plutôt qu'avec le sien, de compatriote. J'ai nommé le bien connu, et à juste titre, Henning Mankell, l'autre maestro du genre au royaume des vikings, du protestantisme, des trolls, des forêts de pins à perte de vue mais aussi de la social-démocratie, de la liberté sexuelle et du modernisme, ah ce royaume de toutes les contradictions et de tous les paradoxes (je me souviens de cet incroyable week-end à Stockholm...).

Et vous vous dites, en voilà un merveilleux terreau que l'observation et la critique de l'idéal suédois, que les climats et les tempéraments nordiques pour camper et enrichir une intrigue policière. Et vous voyez juste. Particulièrement quand viennent s'y ajouter la plume claire et fluide de cet ancien journaliste économique Stieg Larsson, et son sens obtu du détail, sa rigueur dans la construction en puzzle du récit et son imaginaire sans borne pour faire vivre des personnages psychologiquement hauts en couleurs.

Mikael Blomkvist, rédacteur en chef d'une revue très en vogue et Lisbeth Salander, hackeuse autiste placée sous curatelle forment le duo improbable et pourtant tellement vivant et jubilatoire - l'un en quête de rédemption, l'autre en proie à des désirs très avoués de vengeance - de cette trilogie Millenium.

Car oui, il s'agit d'une trilogie, de l'histoire en trois actes des deux compères borderline, une histoire qui suit a priori une trame chronologique, je dis bien a priori puisqu'il me reste à engloutir le dernier tome tout juste paru en France et qui ne devrait pas tarder dans ma boîte aux lettres... Je m'en réjouis d'avance, de ce nouveau pavé de 600 pages délicatement brochées au touché satiné (merci Actes Sud), gardant en mémoire à la fois l'étonnement permanent provoqué par la lecture du premier volume intitulé les hommes qui n'aimaient pas les femmes et le bouillonnement intellectuel mêlé de frisson du second volume au titre non moins original, la fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette.

Et si je pressens qu'il ne passera pas la semaine, je sais aussi combien je savourerai chacune des pages de cette reine dans le palais des courants d'air qui viendra clore l'aventure Millenium, et ce jusqu'au dernier mot, pour la simple raison que ce sera l'ultime de feu Stieg Larsson, décédé d'une crise cardiaque quelques jours après avoir remis le manuscrit de cette oeuvre remarquable à son éditeur. Et merde.


Millenium-stieglarsson-copie-1.jpgUn clic pour l'avoir aussi dans votre boîte aux lettres, si ça vous dit...


Mercredi 12 septembre 2007


*Petite digression inspirée depuis fort longtemps mais propulsée par quelques discussions récentes ici-bas


Ce matin-là, régénérée par les huit heures de sommeil ininterrompu préconisées par le haut-commissariat de la République à l'espérance de vie et encouragées par le couvre-feu de 23 heures imposé à coup de décrets éco-sanitaires, je me levais au son de la web-TV d'Etat Santé-Bonheur qui diffusait en boucle les messages informatifs dans le cadre du programme d'utilité publique Perfect Life.

Portée par le concert des annonceurs agréés manger-bouger.com, fumer-tue.org, sans-alcool.net, risque-zéro.fr, no-microbes.org et halte-soleil.com rappelant les principes élémentaires de bonne conduite, je me glissais dans le caisson détox de purification et de décontamination corporelle requises avant tout contact extérieur.

Après quoi, j'avalais une batterie de compléments minéraux et vitaminés, collais mon patch anti-nicotinique, enduisais ma peau d'une pellicule anti-UV puis me rendais dans le carré Joule pour absorber une ration de céréales complètes garanties anti-OGM accompagnée d'un décaféiné. Fin prête, je procédais alors à l'extinction totale des équipements électriques de ma cellule de vie, actionnais les volets anti-effraction, enclenchais l'alarme puis verrouillais la porte blindée.

Munie d'un masque anti-pollution, j'entamais alors une marche soutenue d'une demi-heure qui devait me conduire à la centrale des produits frais labellisés Bio afin d'acquérir deux pavés protéiniques et l'équivalent de cinq fruits et légumes recommandés journellement par le projet Perfect lLfe.

Cette mission acquittée, je me mettais en route pour le club local Physio+ en empruntant un de ces Vélib généralisés aux agglomérations hexagonales désormais interdites aux déplacements automobiles non professionnels.

Quelques kilomètres de tapis, brasses, développements et steps plus tard, je pénétrais dans le sas de vérification des efforts, lequel délivrait son feu vert. Il était déjà l'heure de regagner ma cellule de vie où m’attendait un frugal repas composé d’un steak de soja, de haricots verts au beurre allégé, le tout arrosé d’une bière sans alcool.

J’étais en pleine dégustation quand soudain… je sentis les gouttes de sueur perler sur mon front, dans ma nuque puis… un réveil en sursaut m’arracha de cette torpeur nocturne. Je reconnus les bruits familiers, les odeurs habituelles. Ouf ! J’étais bien là, mon corps et mon esprit intacts, fondamentalement imparfaite, assurément mortelle certes, mais libre.

Puis, le doute s'est mis à envahir mon esprit.

Libre oui, mais pour combien de temps ?


Lundi 10 septembre 2007

Voilà,  comme pressenti au cours de l'hibernage d'été, In Vivo fait peau neuve et c'est peu dire.


C'est vrai que c'est dingue ça.

Non content d'écrire, d'être lu, d'échanger et de se faire des copains, c'est hallucinant comme le blogueur peut devenir une pointure du bidouillage de feuilles CSS en langage dit HTML et autre XML, je vous fais cadeau des détails, c'est de bon coeur.

Parce qu'on a beau ne rien entraver à tout ce solfège informatique, figurez-vous qu'on finit quand même le jour venu par savoir quels sont les cordes sensibles et les accords possibles. Incroyable. Une pincée de Googlisation, une pointe de forum-tainment, un nuage d'espionnage amical, ajoutez-y un bon gros paquet de patience et d'empirisme, et hop ça coule de source... c'est le cas de le dire, les amateurs comprendront.


Mais le clou du relooking pour ma part, c'est le trombinoscope, façon auto-portrait, mis en boîte par... me, myself and I, bien sûr ! Bah oui, étant le photographe attitré de ma tribu, là encore je n'ai pu compter que sur-moi-même... et je me suis bien marrée.

Qui a dit que la femme au foyer s'ennuie et se morfond derrière ses hauts fourneaux ?

Bon, ça vous plaît au fait?

En tout cas, je crois que ça me ressemble.

Enfin, jusqu'à la prochaine fois.


Jeudi 6 septembre 2007

Me voilà de retour en action dans la blogobulle qui fait glou glou glou. Ah, ce n'est pas trop tôt.

 


Et s'agissant de rentrée, je n'ignore pas que l'heure est aux grandes résolutions. Pour cause, j'observe du bout de ma lorgnette cette même blogobulle qui fait glou glou glou me le rappeler quotidiennement. Néanmoins, et pour autant que l'intention soit estimable, ne comptez pas sur moi pour investir le terrain des belles décisions d'usage, pas plus en septembre qu'en janvier d'ailleurs.


Non que je sois un modèle de vertu, bien au contraire et comme beaucoup, je pèche, j'exagère, j'abuse, je cède à la tentation (rien à voir avec Ben, que ce soit clair!), mais voyez-vous, ce qui me distingue, enfin peut-être, c'est que je m'en réjouis, que je les cultive mes gentils vices, oui parce qu'ils sont gentils mes vices.



Que voulez-vous par exemple ?



Que j'arrête de fumer ?


C'est pas de chance, je viens à peine de reprendre... Qu'on se le dise, c'est trop bon... à condition de s'en tenir à la portion plaisir cela va de soi, mais c'est possible, et on ne l'entend que trop rarement.



Que je perde du poids alors, autre marronnier tenace ?


Pensez-vous, je viens tout juste de retrouver mon poids de (très) jeune fille (soit 7 kilos de plus que Jade au sortir de 35 jours de survie radiotélévisée, à vos calculs).

Certes, une gastro de bien belle facture est passée par là, je sais donc que les chiffres flatteurs annoncés par ma balance ne passeront pas la semaine, mais au diable la tyrannie des podiums, des magazines, des duopacks ô combien grisants de step/cardiotraining et des escrocs de la diététique, je me contenterai cette année encore amplement de mon poids de forme de "jeune" maman au foyer d'autant qu'il est honorable et surtout facile à tenir pour la simple raison que la valeureuse dépense énergétique consentie chaque jour que Dieu fait (oh c'est beau) m'autorise les excentricités les plus dignes d'un
régime de préadolescente en pleine croissance; un programme très ouvert que je personnalise à l'envi avec des variantes originales telles que le remplacement des redoutables féculents du soir (quand on n'est pas non plus une marathonienne) par un bon verre de vin rouge (ou deux...). Crénom d'une garce !

Mais ne vous-y trompez pas, derrière cette prose un tantinet sarcastique, ne se cache ni plus ni moins que le principe universel du seul régime qui vaille, le régime dit équilibré où régularité et proportionnalité sont seules mères de résultat durable, combinées à une vraie bonne dose de patience (surtout pour les adeptes du sit-in, bon courage), mais là je m'égare... Bon poursuivons...


Que je me décide à aller bosser alors ?

Autrement dit que je parte enfin à la conquête de la sacro-sainte reconnaissance sociale et ce faisant, que je "coupe le cordon" avec mes enfants (oui c'est comme ça que les gens disent)?

N'eût été ma légendaire détermination et mon éternel scepticisme face aux traditions, conventions, modèles et tendances en tous genres, ce fût chose faite depuis belle lurette. Fort heureusement, si le choix d'être femme au foyer n'est pas toujours facile à assumer et comporte son lot d'ingratitudes au quotidien, il nous réserve aussi parfois d'agréables moments de satisfaction, pour ne pas dire de jubilation.

Prenez la double rentrée en Maternelle des miss L et miss J in Vivo qui, si j'en crois les nombreux tenants de la thèse communément admise selon laquelle le maternage à haute dose tend à produire des enfants capricieux et des inadaptés sociaux, aurait du être une catastrophe intégrale.

Pourtant, de cette "impossible séparation", il n'en fut point. Pire, c'est passé comme une lettre à la poste, la plus jeune -deuxième de lignée- trouvant même plutôt étranges les comportements apeurés et larmoyants de la plupart de ses semblables accrochés à leurs tétines et doudous (si bien que par mimétisme, j'ai eu le droit à ma crise de larmes in fine).

Non que mon choix d'être une mère maternante ait été mue par la quête du Graal, de quelque récompense ou autre résultat inédit, en allaitant longuement mes filles, en les portant, en leur parlant, en les câlinant, en les embrassant tout en refusant la socialisation précoce aussi bien que les pleurs nocturnes, les fessées, le réflexe "poussette", les objets fétiches et j'en passe, au contraire, je l'ai fait sans calcul, parce que ça me semblait naturel, évident. Mais aujourd'hui, ce serait vous mentir que de dire que je ne suis pas peu fière de l'autonomie, de la discipline et de la sérénité en société de mes deux donzelles.


Quant à contribuer par ce témoignage à faire en sorte qu'un jour jaillisse toute la lumière sur la confusion ambiante entre maternage (soit, le plus simplement du monde, s'occuper d'un enfant à la manière d'une mère) et toute-puissance des parents ou à l'opposé surprotection de l'enfant, là faut pas rêver, c'est tout un système de valeurs faussé qu'il faudrait démanteler.


Allez j'arrête mes discours pompeux. Vous avez bien compris. Point de résolutions fracassantes en cette rentrée. Comment ? Mais je vous entends... Vous me suggérez de lâcher un peu de leste sur la télé-réalité ? Ouais, vous n'avez peut-être pas tort, allez d'accord, je vais me recentrer sur le Rugby, promis.



Bref. Tout baigne. Ne changeons rien, le bonheur tient peut-être à un fil, qui sait...


zen.jpg

En tout cas, heureuse de vous retrouver et comme l'absence a été longue, je ne manquerai pas les jours et semaines prochaines de revenir sur tout ce que j'ai pu faire, entendre, voir, lire, comprendre ou non durant cet été atrocement caniculaire n'est-ce pas, au moins digne du meilleur cru de la plus smart des stations balnéaires du New-Hampshire, bien connue désormais sous le nom de Wolfeboro... Et si Sarkozy avait aussi ce pouvoir hein, de nous pourrir le temps?


Bon assez rigolé, je vous laisse réfléchir à tout cela... ou pas d'ailleurs.

Bien à vous.



Lundi 20 août 2007
Bon inutile de tourner autour du pot.

Que faire ?

Tout arrêter ou pas ?

A tout le moins changer ?

Mais alors, tout changer ou pas ?

Changer d'angle, de style, de nom, de design, chais pas moi...

Autant vous le dire, je traverse une crise d'existentialisme blogosphérique, d'une intensité inédite.

Rassurez-vous, tout va bien dans la vraie vie... enfin à quelques contrariétés climatiques près.

Non, voyez, c'est juste un embrouillamini bien ciblé comme je les aime, une solide prise de tête qui n'en vaut certainement pas la peine, mais on ne se refait pas.

La blogo bouge hein, drôlement, et je ne sais plus bien où est ma place, en fait.

Sachez que je continue néanmoins de vous lire. Avec le plus grand plaisir.
Et que je vous remercie aussi de votre haute fidélité. Et de votre patience. je sais combien vous êtes nombreux à guetter par ici quelque signe de reprise d'activité virtuelle...


Alors, que dire ?

A très bientôt... ou pas ?



Mimie in Vivo

Bienvenue dans le cyberlaboratoire d'une femme au foyer, espèce en voie de mutation sous nos latitudes...

Tous azimuts et de préférence à contre-courant, je règle mon microscope et distille le bouillon de culture de mes humeurs au gré de l'actualité.

J'affectionne particulièrement les virgules, les points-virgules, les parenthèses, les tirets et tout ce qui complique les choses ou les enrichit, c'est selon.

Créé en janvier 2006, in Vivo, c'est à ce jour 250 précipités, 170 000 visiteurs, 500 cobayes jour et 2600 réactions. Merci de votre fidélité !



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