Et dire qu'il y en a qui décline une invitation amicale à se prélasser dans une charmante villa surplombant le golfe de Porto-Vecchio pour une croisière over bling-bling dans les eaux maltaises à bord d'un vulgaire yacht cerné de paparazzi...
Et bien pas moi, et pour rien au monde !
Je vous embrasse. A très vite.
J'aurais tout lieu de craindre pour ta petite entreprise si tu n'avais déjà prouvé que les armes nécessaires pour défendre son territoire artistique, tu les as, et plus fort encore, tu les connais bien. Le talent et l'originalité, le charisme et la personnalité, l'humour et l'auto-dérision, personne ne pourra jamais te les prendre, c'est inviolable ça, non marchandable, non négociable, incompressible, tout au plus perfectible et qui plus est, par toi seul. Toc !
Non, s'il devait t'arriver des misères, c'est plutôt du côté de la lucidité et de la détermination qu'il faudrait débusquer la faute. Mais vois-tu, à plusieurs reprises, j'ai cru déjà lire dans tes yeux "qu'à toi, on ne te la fait pas" la tartine du "tu sais, Pascal Obispo, c'est vraiment une chance inespérée Julien, oh bien sûr rien ne t'engage mais voyons, tu ne peux pas refuser de le rencontrer, et puis tu vas voir, c'est un chic type... et en plus il boit de la bière". Oh non, dis-moi, on ne te la fait pas celle-là hein ? Oui bien sûr, que je suis bête !
Bon, mon Julien tu as bien compris, ne-lâ-che-rien ! Allez sois gentil, envoie-nous ballader les coiffeurs et les relookeurs zélés, les coachs bidon, les compositeurs à la noix, les concerts de supermarché, les séances de dédicace au Virgin Mégastore. Pitié. Et surtout continue de brailler dans le micro, de sauter comme un cabri, de danser la rumba, de plastiquer les tubes miteux et de faire vivre le ROCK. Pense à tes potes du DIG UP. C'est un Melodrama in Helsinki ou un Back Rickenbacker que je veux kiffer dans mes enceintes saturées moi, pas une resucée "enguimauvée" de Lolita avec Alizée !
Allez aware mon gars, comme dirait Jean-Claude, il faut que tu restes aware !
NB : comme d'hab, les vidéos sont ce qu'elles sont, bien sympas mais un peu pourries quand même. Alors pour le son, juste le son, je vous conseille de cliquer ICI.
"Se glisser dans la peau de quelqu'un de connu (reél ou imaginaire, vivant ou mort) et imaginer une page de son blog", telle est la très belle idée de Jean-Michel Ucciani qui essuyait les plâtres dans une foulée avec le Maestro Pablo Picasso. Quelques heures plus tard, Sophie Ménart reprenait le flambeau et nous téléportait dans les pensées torturées de la grande Marilyn Monroe, suivie de près par Cath qui nous délivrait une biographie des plus épicées de la non-moins épicée Ava Gardner.
A mon (re)tour (de bâton) donc, de m'aventurer dans la tête d'un autre, et présentement d'une autre, une grande figure de la littérature française, auteure surdouée, écorchée vive, pour qui j'ai la plus grande fascination. Amélie Nothomb herself. Vous y êtes, cliquez, bienvenue sur le Blog d'Amélie Nothomb...
Hygiène de l'écrivain, connection orpheline
A cette heure du jour alors, la sourde rumeur de Bruxelles qui s'éveille se heurte inlassablement au bourdonnement vif et lancinant de mes oreilles, gagnant inexorablement les tempes, dans une symétrie insolente. Le thé vert absorbé en quantité industrielle est un poison qui ne dit pas son nom. Le pot de fruits rouges moisis, macérés par mes soins, une circonstance aggravante.
Et quand, fossilisée dans le vieux fauteuil de velours blanc, je me repais douloureusement de cette parenthèse boulimique qui régente sans concession ni partage mon quotidien, plus rien n'existe autour. Quelque part entre le mouvement et l'inertie, se situe l'emprise dont nul objet ne pourrait troubler la séquence. Attendre simplement. Attendre que les forces endogènes du corps et de l'esprit digèrent le choc exogène de l'empoisonnement rituel.
Ce qui arriva à cet instant fut proprement stupéfiant. Un évènement qui, confronté à la régularité métronomique de mes sessions de travail, relevait de l'accident mental. N'était-ce l'hypothèse la plus fondée sachant l'indifférence qui est la mienne pour les émanations pléthoriques du progrès scientifique et technique ?
Cette chose qui me fit me dresser soudainement sur mes jambes, corollaire implacable du branle-bas de matière grise et d'influx nerveux, je n'en aurais point voulu chez moi si elle n'eût appartenu à mon alter ego, ma soeur de sang.
Une machine, un computer miniature, de ceux dont on dit qu'ils sont portables, voilà cette chose que Juliette avait déposée sur la table, la veille au soir. Il faut croire qu'elle disait juste en doutant de ma résistance inébranlable aux formidables opportunités offertes par l'appareil et le jeu de ses semblables entre eux.
Tout s'est passé comme si j'avais toujours su. Mon regard a saisi d'emblée l'essentiel. L'index a obéi comme par enchantement.
Voyez comme je vole vers vous. Je blogue, j'ai faim de mots, je suis vivante, je vous parle et vous me recevez, je vous aime et vous me renvoyez cet amour.
Je ne suis pas le monstre de l'écriture qu'on veut bien dire.
Je suis Amélie Nothomb, une femme comme une autre.
Ainsi s'achève ce qui fut ma première - et à ce jour la seule et unique - note publiée sur mon blog.
De toutes façons, je n'avais pas le choix.
Quoi de plus écrit que la vie d'écrivain.
4 métiers que j’ai exercé (et qui mettent à mal l'équation sarko-simpliste du travailler plus pour gagner plus, ça ferait un joli sujet de bac en ce
jour d'épreuve de philo):
-Serveuse au noir dans une brasserie-pizzeria cradingue où on récupérait le fromage râpé et les croutons de pain à l'ail restés sur le carreau pour le resservir aux clients suivants (et c'est le
moins hard)
-Apprenti chercheur en économie de l'innovation et de la propriété industrielle à l'université des sciences économiques de Rennes (cinq ans de vache enragée pour
produire une thèse de 717 pages, la soutenir durant trois heures et récolter... les félicitations du jury, ah quand même !, g(r)avée pour la vie !)
-Femme au foyer (en poste)
-Ecrivain (dans une seconde vie)
4 films que je regarderais encore et encore (je suis un peu emmerdouillée car je n'aime pas revoir les films en général, y compris ceux que j'ai
adoré):
-Dancer in the Dark (toujours la même émotion)
-Mulholland Drive (toujours pas tout compris)
-Mes meilleurs Copains (toujours la même poilade)
-Eyes wide Shut (toujours le même frisson)
4 endroits où j’ai vécu (du fin fond de mon far-west, vous savez le pays où on ne fait rien comme les autres):
-Paimpol
-Saint-Brieuc
-Rennes même (comme on dit ici)
-La Maison Blanche (voilà comment les voisins ont surnommé notre maison !)
4 émissions/séries télé que je regarde ( à part La Nouvelle Star, la Star'ac et bientôt Secret Story, même pas honte... et puis Lost aussi bien sûr):
-C dans l'air
-Mots croisés
-Ce soir ou Jamais
-Le Grand Journal
4 lieux où je suis allée en vacances (et dont j'ai encore peu parlé sur ce blog):
-Sur les ruines Maya de Chitchen Itza, de Tulum et de Uxmal au Mexique (province du Yucatan)
-Sur l'île de Veligandu en hydravion comme dans Tintin (Archipel des Maldives)
-Sur "The Beach" de Leonardo diCaprio, vous voyez ? (îles de Koh Phi Phi, Thaïlande)
-Au milieu de la mer rouge pour un snorkelling inoubliable parmi les "Napoléons"(Egypte)
4 trucs que je regarde à chaque fois que je vais sur le net (et dans l'ordre):
-Vos commentaires sur mon blog
-Vos messages sur Yahoooooo
-Ma messagerie très privée
-Vos blogs via Netvibes
-Le Muscadet Sèvre et Maine
-Le Pouilly Fumé
-Le Chardonnay
-Le Sancerre
-Dans un resto qui traduit ses cartes à rallonge dans toutes les langues
-Dans un resto qui fait aussi bien des pizzas, des crêpes que des steaks frites
-Dans un resto de fruits de mer avec véranda donnant sur un port archi touristique
-Dans le resto climatisé d'un grand hôtel à l'étranger quand des dizaines de bouis-bouis typiques vous tendent les bras
4 plats que j’aime:
-Les sushis
-Tous les currys et autres carrys bien relevés
-Les raviolis chinois à la vapeur avec sauce de soja et sauce piquante
-Un beau homard breton grillé au four dont la chair aura mariné quelques minutes dans le beurre fondu et une pincée de piment de Cayenne
4 endroits où j’aimerais être en ce moment :
-A nager dans l'océan indien
-A suer dans un hammam
-A buller dans mon paradis corse (J-8 !)
-A bronzer sur mon transat (j'y cours !)
Non que je craigne pour ses jours de rebelle à l'ordre établi et ses chances d'échapper à la broyeuse made in M6 de graines de stars nouvelle génération quoique, pour tout vous dire, je ne suis pas rassurée...
Enfin, et pour l'heure, toujours est-il que notre petit-fils du Rock underground poursuit brillamment son processus de création destructrice (ou indifféremment de destruction créative) nourrie d'insolence, de culture et de talent.
Et oui, Julien n'a pas peur de se confronter aux plus grands, d'entrechoquer les genres et de court-circuiter les tendances, et il a bien raison car non seulement il peut se le permettre mais en outre, il le faut pour sortir de la pépinière de prétendants à la starattitude. N'est-ce pas Sir Isaac Newton qui disait "If I have seen further, it is by standing on the shoulders of giants" ? (si j'ai vu si loin, c'est par ma volonté de me hisser sur les épaules des plus grands, hum! traduction maison, qui dit mieux...)
Hier soir, Julien nous a effectivement gratifiés d'une de ses recompositions les plus abouties avec Tainted Love, une chanson, pour la petite histoire, que l'on doit à l'origine non pas au duo britannique Soft Cell (1982) comme annoncée par la production mais à l'américaine Gloria Jones en 1964 (oui j'ai fait mon enquête).
Aboutie, parce qu'à mon sens il réussit à cet instant le tour de force qui fait la différence entre le chanteur lambda et l'artiste avec un grand A, le tour de force d'accorder sa voix, son corps et sa pensée pour ne faire qu'un et transmettre l'indicible émotion. A côté, même les arrangements métalliques du leader gothique Marylin Manson qui s'est essayé au même Tainted Love paraissent bien pâles.
Post-scriptum et ante-auditum: Ne vous découragez pas, il y a 5 minutes de reportage sur le garçon avant la chanson, il suffit d'avancer le curseur si vous voulez aller droit au but ! Et puis, le son est décalé aussi mais MG production mène une traque impitoyable sur Dailymotion et Youtube, c'est la seule vidéo qui reste à ma connaissance !
Dernière minute : je viens de trouver une version plus propre et courte, je la mets ci-dessous, ça durera ce que ça durera...
Et puis aussi accessoirement :
Parce que j'ai pas grand chose à shaker dans ma centrifugeuse question politique : que dire de ces législatives courues d'avance dans la foulée de la Présidentielle si ce n'est qu'elles sont une belle connerie dans l'institution du Quinquennat en l'absence d'un système de représentation à la proportionnelle ? Et je n'en penserais pas moins si Sarko avait eu la tête de Bayrou et le
Que dire encore de l'état de grâce de notre Président excepté peut-être qu'il y a comme un air de déjà vu dans la Vè république, qui a souvent conjugué le "pouvoir absolu" avec la contestation de la rue. Méfiette Sarko, méfiette à l'eau qui dort, même si ça roupille sévère en ce moment !
Que dire enfin de mes opinions, simplement qu'elles demeurent inchangées et que dimanche j'irai bien évidemment voter pour la candidate MoDem dans ma circonscription même si cet acte est inutile, voilà grosso merdo à quoi les gens qui n'ont pas voté UMP et PS au premier tour de la Présidentielle (soit 43% des votants, ça fait du monde hein) en sont réduits; alors la belle victoire de la démocratie, vous pensez...
Et puis, de manière plus légère et comme bon nombre de blogueurs, je crains d'être atteinte du "déblogging aigü de Juin" qui préfigue un a-blogging estival ou presque rien, à la faveur d'une vie au jardin, à la plage et en famille plus intense, ah la vraie vie, c'est bat aussi... Et si ça vaut pour moi, ça vaut pour vous, n'est-ce pas chers amis lecteurs commentateurs que j'aime, vous vous en tamponnez le coquillard des blogs en été, pas vrai ?, et c'est bien normal.
Mais, garde à vous, je n'ai pas dit mon dernier mot, oh que non !
Bon, elle vous plaît ma terrasse de la mort en pierre calcaire naturelle qui déchire tout ?
Julien Doré vient d'inventer le "détournement de majeurs", dixit l'ineffable André Manoukian, et ce n'est pas une horde hystérique de minettes pré-pubères qui pourrait contredire cette idée, tant il apparaît de semaine en semaine que la nouvelle star francophone du télé-crochet échappe à toute vélléité, aussi coercitive qu'elle puisse être de la part d'une grosse production, de mise en boîte cathodique et médiatique pré-formatée, pour séduire un public tout aussi étendu qu'inattendu.
Tout le monde en parle, c'est bien simple, ados et quinquas, ouvriers et cadres sup, béotiens et Docteurs ès Arty, jusque dans la cafète de Libé, la Matinale de Canal, les colonnes de Metrofrance.com et de 20minutes.fr ou encore les forums de Radiolibre.be.
Et tout le beau monde de s'interroger sur le phénomène Julien Doré. Prodige ou produit? Inventeur ou faussaire? Artiste ou performeur? Pour tous ceux (dont je suis) qu'il fascine, comment expliquer en effet cette attente dans laquelle il nous met à chaque sortie baltardesque, une attente très justement mise en exergue par Manu Katché?
Est-ce le résultat d'une sur-consommation de real-TV et de video-clips, du nivellement par le bas de la culture musicale et du niveau d'exigence des enfants de la télé que nous sommes? Bref, est-ce le résultat de la télécratie ambiante?
Ou bien la nostalgie peut-être? Nostalgie des Higelin, Bashung, Dutronc, Gainsbarre, nostalgie de tous ces types ingérables et hypercréatifs qui ont fait les heures passionnantes d'une scène française grand public quand aujourd'hui, ouvrir sa gueule et proposer autre chose qu'une soupe insipide et calibrée au décibel près semblent constituer un délit? N'y aurait-il pas là un éclair dans la torpeur généralisée d'une société puritaine et conservatrice, anémiée et stérilisée?
Et si, tout bonnement, Julien avait du talent, un joli paquet de talent parfumé de génie?
Oui parce que objectivement, ce gamin qui n'a que 24 ans et derrière lui cinq années de Beaux-Arts dans cette belle ville de Nîmes et deux groupes underground à son actif, The Jean d'ormesson Disco Suicide et le Dig up Elvis, nous propose bien plus qu'une voix et un jeu de scène, certes déjà très étudiés et personnalisés.
Quand il reprend des succès planétaires hyper produits ou des tubes français niaiseux, le résultat outrepasse de loin le simple recyclage en même temps qu'il éclipse totalement les sages reprises de ses camarades de jeu. Et sauf à penser qu'on est manipulés et qu'un grand manitou super inspiré se cache dans les coulisses de Fremantle, il faut bien avouer que son bidouillage des textes et des partitions, y compris des plus grands, est diablement intéressant et bluffant.
Des effluves de Tango argentin dans "les Bêtises" de Sabine Paturel aux remontées de Ska dans le "Baby one More Time" de Britney Spears, pour s'en tenir aux dernières moutures, c'est peu dire que Julien a de la suite dans les oreilles.
Et que dire de la pensée du garçon quand il fait voler en éclat l'idée même de l'interprétation et de l'appropriation d'une chanson (propres à la reprise musicale) en osant remettre en question le texte d'un auteur et "contester" de la sorte sa propriété intellectuelle?
Faut-il y voir une démarche conceptuelle ou bien une provocation immature quand il décide d'injecter des "lacéré ton Cocteau", "tout relu Françoise Dolto" et "m'suis saigné aux pieds du lit" dans les paroles des "Bêtises" ou encore un "j'ai l'aphorisme dadaïste" dans celles de "Moi Lolita", pour ne citer que cela?
Et en parlant du courant dada (et ses célèbres collages -cf ci-dessus- et autres carambolages) et d'un de ses illustres représentants Marcel Duchamp (créateur du Ready-Made) dont semble se revendiquer notre Julien (avec force tatouage et piratage textuel), se pourrait-il en fin de compte qu'il ait pleinement conscience de sa démarche "d'invention par recombinaison" en aspirant à devenir la figure française d'un genre nouveau de "détournement musical", comme il en existe déjà outre-atlantique avec Richard Cheese par exemple, dont il avait repris souvenez-vous la version de "Like a Virgin" de Madonna lors du premier prime? Comme un hommage à son mentor par analyse rétrospective? Ce qui infirmerait donc la thèse du plagiat évoquée à maintes reprises.
Quoi qu'il en soit, Julien Doré est bel et bien un phénomène.
Out of space, déjà hors du programme, comme l'a fait remarquer Marianne James.
Out of time, survolant les fossés générationnels, se jouant des courants et vents contraires, dynamitant les étiquettes et faisant valser les tiroirs, générateur et acteur de sa propre bulle, une bulle en perpétuel mouvement dont on n'a pas encore saisi toutes les énergies et les influences, ni le potentiel inventif et s'il en est vraiment un.
Mais tout cela le propulse déjà bien au-delà du personnage so charming, so sexy qui émoustille les jeunes filles en fleur.
Et maintenant, passons aux choses sérieuses, du détournement de majeurs ou détournements majeurs :
Trois jours il m'aura fallu pour engloutir littéralement cette nouvelle histoire signée Douglas Kennedy et autant pour cheminer de l'émotion brute au sentiment net des passions et des troubles submergeant la lecture d'un roman qui vous tient.
Et ce sentiment est étrange, mêlé d'enchantement et de doute au sujet du récit, qui emprunte autant à Georges Simenon qu'à Edgar Allan Poe, et aussi d'une admiration grandissante pour un auteur qui enchaîne les publications sans jamais nous lasser, sans jamais cesser de nous surprendre.
Qui a dit que Douglas Kennedy écrivait toujours la même chose ? Certainement pas ceux qui ont lu toute son oeuvre, une oeuvre déjà dense et qui cultive les grands écarts, entre récits de voyage, mélodrames historico-politiques, thriller new-yorkais, drame psychologique londonien, descente aux enfers australiens, et aujourd'hui avec la femme du Ve, le roman noir parisien qui flirte avec le conte d'épouvante.
Qui a dit encore que Douglas Kennedy usait et abusait des même ficelles pour ensorceller le lecteur et le maintenir aux aboies de bout en bout, ce qui n'était pas faux jusqu'ici mais qui est aujourd'hui démenti par ce dernier roman qui renouvèle une écriture, tant dans le style, plus cru et saisissant que jamais, que dans la trame où le tryptique ascension-chute-rédemption est bel et bien rompu pour ne garder que la seule chute, la dégringolade, la crise, la rupture.
Car c'est sur un homme déjà aux 36èmes dessous que s'ouvre l'intrigue, Harry Ricks, un professeur d'université américain victime d'une machination judiciaire dans son pays et pris subitement d'une violente fièvre dans le Xe arrondissement de Paris où il vient de débarquer avec ses maigres économies et son ordinateur portable pour se consacrer à l'écriture. Réfugié dans un hôtel miteux et dépouillé par un tenancier véreux, il est alors pris en pitié par un serveur turc qui le rancarde sur une chambre de bonne, rue de Paradis.
Et c'est l'engrenage pour notre anti-héros qui se retrouve embarqué malgré lui dans le Paris clandestin, un Paris souterrain, un Paris sans nom, au beau milieu des autres "monsieur Monde" kurdes, turcs ou pakistanais, un Paris crasseux, crépusculaire, louche et violent, en marge de la population bourgeoise-bohème qu'il croise dans la rue.
Et puis, voilà que Douglas Kennedy se met à convoquer ses premiers souvenirs de la Capitale qui remontent aux années 70: le quartier Latin, le Paris des artistes, des peintres et des écrivains en devenir, et c'est la rencontre de Harry avec Margit, une belle et vénéneuse hongroise d'âge mûr...
Contre toute attente, le récit prend alors une tournure métaphysique, schyzophrénique, pour ne pas dire fantastique, qui peut déstabiliser aussi bien qu'elle peut envoûter, mais assurément, voilà un roman beaucoup plus profond et complexe qu'il n'en a l'air. A lire absolument et à relire, très certainement.
Et ne résiste pas, à l'heure où le prestigieux jury se dépatouille d'une sélection qui bien que très honorable semble manquer de fulgurances, à l'exercice jubilatoire et ô combien confortable de mon très subjectif jugement de valeur esthétique sur les toilettes de ces dames.
Souvenez-vous, l'année dernière, Eva Longoria et Avril Lavigne étaient à la fête... du mauvais goût ! Quand Nicole Garcia, Cate Blanchett et Zhang Ziyi recueillaient tous les honneurs du tabloïd in Vivo.
Alors, Quid de la 60è édition ?
Comment cela, vous avez encore loupé les marches ?
Vous n'avez donc rien vu de cette affrontement Prada contre Versace, Saint Laurent contre Dior, Chanel contre Ungaro?
Crénom d'un petit Lagerfeld, heureusement que je me sacrifie pour vous servir aux petits oignons les résultats in vivo de cette compétition de haute lutte, croyez-moi.
Allez, envoyez la musique.
Mention spéciale du goût douteux
ex-aequo, Patricia Kaas et Yasmine Laffite


Prix spécial du très vilain
ex-aequo Maria de Medeiros et Natacha Reignier (avec un mauvais goût inversement proportionnel à leur talent de comédienne, je tiens à le préciser)


Grand prix de l'outrance
Ludivine Sagnier (moi pas comprendre, ça me rappelle Elodie Bouchez l'an passé, un beau gâchis)

Palme d'or de la vulgarité
Phoebe Price (aux prises avec Pamela Anderson !)

Mention spéciale de la classe naturelle
ex-aequo, et dans un genre très différent, Sophie Marceau et Emma de Caunes


Prix spécial du bon choix (engagé)
La très attachante et explosive Sara Forestier (défendant la cause d'Amnesty International et de Control Arms)

Grand prix de l'élégance
Elle Macpherson (rien à ajouter)

Palme d'or du Beau selon Kant
ex-aequo MC Diane Kruger et Maggie Cheung (ah mon goût pour le chic asiatique encore une fois)


Envolé le gentil consensus, évanouie l'aimable unanimité, liquéfié le pâle unisson !
En tutoyant le divin hier soir à Baltard, Julien Doré a divisé les mortels, Marianne James versus Dove Attia et André Manoukian.
Il en aura fallu du temps pour s'affranchir des codes télévisuels et lâcher les chevaux, mais ça y est, on y est enfin, vraiment, Julien Doré a fait sauter le verrou. Le voilà au seuil d'une porte qui ouvre sur la cour des Grands, ceux qui déchaînent les passions, attirent les foudres et déplacent les foules. Le reste n'est que decorum, artefact et simili !
C'est trop tôt pour le dire ? Sûrement, mais je ne vais pas bouder mon plaisir d'y croire quand même.
Six jours que Nicolas Sarkozy est à la tête de la maison France.
Six jours qu'on nous assène en pleine tronche une frénésie de signaux, une débauche de messages et un fracas d'images au rythme du jogging de notre american Sarko dans toute sa splendeur.
C'est le grand cirque politique et la grande valse des dossiers a hu et a dia, et tout en même temps, pour le gouvernement patchwork fraîchement missionné. Airbus-EADS, RATP-service minimum, parachutes dorés, femmes battues, prisons, hôpitaux publics, Ingrid Bétancourt, écologie, Europe, tout ce qui choque, passionne et préoccupe l'opinion doit être saisi et réglé (ou promis à un règlement) sur le champ. Il n'y a pas une minute à perdre et un oubli à commettre pour conquérir les pleins pouvoirs en juin.
Ce qui ne fait aucun doute.
En optant pour la stratégie d'inondation et de brouillage, Nicolas Sarkozy ne s'est pas trompé. Décontracté et souriant, séduisant et persuasif, habile et intelligent, Nicolas Sarkozy en quelques jours -et l'espace de la constitution d'un pseudo-gouvernement inédit d'ouverture, de parité et d'allocation optimale (laissez-moi rire)- a multiplié les bons points auprès des groupes de population majoritairement sarko-sceptiques ou sarko-réticents: les beurs, les femmes, les ruralistes, les écologistes, les bayrouïstes, les anti-libéraux et j'en passe.
Ce faisant et bombardant ainsi sur le front de l'hyperaction, Nicolas Sarkozy a rempli l'objectif connexe de paralyser la réactivité et d'asphyxier l'esprit critique de la presse croulant sous le flot des dépêches. Nicolas en short, Nicolas avec la Ray-Ban, Nicolas sur le pont d'un yacht, Nicolas sur sa plage privée, Nicolas en friday wear, Nicolas en famille, Nicolas amoureux transi... Le résultat ne s'est pas fait attendre.
Taux de satisfaction des français : 69%. Presse béate. Vendu !
Idées courtes et courtes vues, pragmatisme forcené teinté d'opportunisme, politique-management, politique-marketing, politique-spectacle, politique de l'opinion et de l'émotionnel, le système à l'américaine a le vent en poupe et c'est les américains qui rigolent, les new-yorkais en premier, ils en connaissant un rayon de toutes ces méthodes... d'avant-hier!
Mais le danger n'est pas tant d'endormir la presse et d'embarquer l'opinion au moment-clé que l'entreprise bel et bien en marche de renvoyer dans le néant et pour longtemps l'opposition, en la snobant et la pillant sans vergogne. Que va-til rester comme alternatives et contre-pouvoirs politiques si la gauche ainsi fixée, ne peut entamer sa rénovation et le MoDem, tué dans l'oeuf ? Le FN, phoenix devant l'éternel ?
Et la politique des idées dans tout cela, celle qui a fait la grandeur de la vieille Europe ?
Allons, réveillons-nous, il est encore temps de limiter les dégâts.
Excusez le jeu de mots, Présidence du cinéaste Stephen Frears oblige n'est-ce pas... pour cette 60ème édition très champagne et plus si affinités... en forme de faux happening, puisqu'elle est en fait, si l'on revient sur terre, déjà la 61ème du nom.
Fût-il le 60ème palmarès à venir que nous aurions bien compris la stratégie évènementielle de Gilles Jacob, mais non, encore raté, puisqu'il ne s'agit que du 59ème palmarès... bah oui, de quoi en perdre son dogma (marque déposée), je vous le concède bien volontiers, mais pas de quoi pavoiser dans les soirées cannoises qui s'en tamponnent le coquillard de nos calculs d'apothicaire.
60ème ou pas, Cannes sera encore cette année et plus que jamais the place to be, le haut-lieu très convoité des industriels et des stars du 7ème art, le rendez-vous chéri de tous les amoureux du cinéma dont je suis.
Pour le pire et pour le meilleur.
Pour la foule, les 39 marches, la cérémonie et podium, éventuellement. Pour un jour de fête et la lune dans le caniveau, assurément. Pour un buffet froid ou la grande bouffe, pour la dolce vita pardi, pour les 400 coups aussi, sexe, mensonges et vidéo, pourquoi pas... Lolita, belle de jour, blue velvet, talons aiguilles et contesse au pieds nus... smoking, no smoking, borsalino... tout le monde dit I love You, évidemment.
I love you Cannes et ta croisette. Cannes et ta montée des marches. Cannes et tes scandales. Cannes et tes people. Cannes et tes palmarès, jamais convenus, toujours discutés.
Cannes et ton affiche aussi... qui déchire cette année, il faut le dire.
Et puis Cannes et tes bloggeurs live.
Ton spécialiste ès petits fours, gin fizz et gueule de bois, le blog-trotteur du Net, Hugo Mayer, ton experte ès salles obscures (oui c'est un festival de cinéma accessoirement) et analyses cinéphiliques à chaud, Sandra M et puis, pour çui qui n'en veut toujours plus, ton roi de la gaufre, en direct de la croisette, le mobiles' podcasteur Vinvin, une grande première pour Vinvin, vache!
Elle est pas belle la vie ?
Björk a quelque chose d'indéchiffrable, d'insondable, d'insaisissable. J'aime cette auteure-compositeure, cette chanteuse, cette musicienne plus que toute autre, depuis la première heure, et pourtant, alors que sort ces jours-ci son sixième opus auto-produit, Volta, et que me voilà dos au mur, je mesure combien il est difficile d'en parler.
Cérébral et physique, de chair et de sang, de nerfs et de muscles, de beats et de souffles, d'harmonies et de distorsions, entre cris et murmures, songes et réalité, le monde de Björk est ainsi fait qu'il nous hante et nous échappe, nous gagne et nous effleure, nous bouscule et nous apaise à la fois.
Une concentration de sons et de rythmes protéiformes à laquelle nul ne peut rester indifférent.
Dissonnant et criard, inventif et élitiste, trippant et émouvant selon les oreilles et les sensibilités, l'oeuvre de Björk est assurément plus facile à détester qu'à apprécier, tant il est vrai qu'elle est exigente, qu'elle est un tout indivisible, difficile à prendre en cours de route, telle une chaîne constituée d'autant de maillons que de chansons, et d'autant de rouages que d'albums dont l'esprit impulse le mouvement et la cadence.
Un esprit toujours différent, dont il faut s'imprégner à chaque nouvelle mouture, par une écoute répétée et attentive, éloge de la patience et de le réceptivité.
Il y a du génie mais aussi du geyser en elle. La diva islandaise est une fine arrangeuse mais c'est surtout une lionne, une louve. Aussi technologique et sophistiquée que puisse être sa musique, la part de l'acoustique et de l'humain n'en est jamais sacrifiée. Le précédent album, Medúlla, un disque de voix, était même tout entier tourné vers le corps (le sien), composé dans l'intimité, sur un ordinateur portable, avec la petite Isadora accrochée au sein, comme un hymne à la féminité et à la maternité.
Avec son nouveau bébé Volta, un album de studio aux collaborations multiples, Björk referme ainsi la longue parenthèse que d'aucuns qualifieront d'hermétique, une parenthèse ouverte en 2001 avec le très calme (et plus lisse j'en conviens) Vespertine, en contre-coup peut-être, chez une femme dont on sait que la fatigue physique est la plus grande faiblesse, en contre-coup donc aux mois de travail consentis au cinéaste danois Lars Von Trier pour mettre au jour et faire triompher à Cannes le magistral Dancer in the Dark (j'en ai versé bien des larmes).
Avec Volta, Björk revient aux sources il est vrai (et le nom de ce grand fleuve africain est si bien choisi) mais sans rupture, en faisant la synthèse des expériences lyriques les plus proches, de sa plongée cinématographique aussi, et de tout ce qui a fait son succès dans les années 90, que ce soit le viscéral Debut (1993), l'enflammé Post (1995), plus pop, et l'hymne à la Nature, l'aquatique et le vaporeux Homogenic (1997).
Volta, c'est un peu de tout à la fois, le fusion de l'Homme et de la Nature dans tous ses éléments, la terre, l'eau, le feu, l'air, sur des rythmes africains ennivrants (Earth Intruders, Innocence), portée par une cohorte de cuivres (on repense immanquablement à Selma Songs) et des instruments millénaires (la Pipa, la Kora) aux tréfonds de l'âme et du corps (I see Who you are, Pneumonia, Vertebrae by Vertebrae, My Juvenile), du désir (The Dull Flame of Desire), de l'espoir aussi (Hope), de la liberté enfin (Declare independence, Wanderlust), une liberté de vie et de croyance en toutes circonstances qui guide le propre chemin de l'artiste.
A la question "sur Medúlla, tu écrivais Ni Bush ni Ben
Laden, le ressens-tu de manière encore plus urgente aujourd’hui ?" elle répondait ces jours-ci dans les Inrocks (et je
ne fais pas de coupe, c'est trop bon) :
"Ça fait quatre mille ans qu’on nous terrorise avec ces religions organisées! La Terre existe depuis plus de quatre milliards d’années, elle peut quand même se défendre contre ces minuscules quatre mille ans… Cette idée selon laquelle on ne peut vivre qu’aux ordres de l’hémisphère gauche du cerveau, en négligeant totalement sa partie animale, païenne, physique, naturelle est absurde. Comment a-t-on pu à ce point négliger la nature pour se laisser embobiner par la Bible ou le Coran? Comment a-t-on pu accepter docilement ce calendrier ridicule de douze mois, avec des mois dont on ne sait même pas s’ils ont 28, 29, 30 ou 31 jours? Le corps, lui, sait qu’il y a treize mois : les femmes saignent treize fois par an, il y a treize pleines lunes. Mais le christianisme ne tolère pas le 13… En supprimant ce nombre, il s’est imaginé plus fort que la nature. Les gratte-ciel, à New York, n’ont pas de treizième étage : ça en dit long sur l’influence de la religion sur ce pays. Même en Islande, les hommes ont fini par s’imaginer plus forts que la nature et commencent à construire de vastes barrages, dans ce qui était jusqu’alors le pays le plus pur d’Europe… Volta, c’est un film d’horreur comique : j’y rêve qu’un jour la nature va se révolter… Je la vois, marchant lourdement et bruyamment dans les rues de New York, entrant dans chaque bâtiment pour ajouter à la main “13” dans les cages d’ascenseur… Ça fait quatre mille ans qu’elle dort et se laisse faire. Mais là, il y en a marre : il faut finir par admettre que nous ne sommes qu’une tribu, qui doit vivre avec la nature, oublier ses prétentions de civilisation et de propreté. Nous sommes fondamentalement des païens, il va falloir le prendre en compte."
Naïf peut-être, mais tellement réjouissant !
En écoute, l'incisif Innocence (il y a du Violently Happy et du Human Behavior dedans, ça nous rajeunit pas hein), le single Earth Intruders et, un peu plus world fusion, le titre Hope :
Hier, François Bayrou lançait à la Mutualité devant 2500 personnes, le Mouvement Démocrate, déjà rebaptisé, et fort brillamment, MoDem, un nouveau parti destiné à
porter les valeurs sociales-libérales-européennes et proposer notamment (et enfin !) une révolution des processus décisionnels en politique, en particulier au Parlement où sévit un ensemble de
comportements systématiques et laxistes dérivés du jeu bipolaire.
Pour ceux qui n'y comprennent rien, mais aussi pour ceux qui jugent à brûle-pourpoint que cette entreprise est vide de fond et de sens, Marielle de Sarnez, fidèle
collaboratrice de François Bayrou, explique, sans détours et avec le dynamisme qu'on lui connaît :
Marielle de sarnez chez denisot
envoyé par cunnis





