Jeudi 10 mai 2007

... ou comment transformer une chanson de midinette en manifeste de rock underground et réveiller toute l'insolence et la beauté du texte de Mademoiselle Farmer, qui décidément excelle dans les faux-semblants. Demandez Julien Doré, la révélation mi-ange mi-démiurge d'une émission de variétés qui défie toutes les lois de la gravité cathodique. Quand l'interprétation devient tout simplement création...

 

Mardi 8 mai 2007

 

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Après un dîner au Fouquet's avec Johnny, une apparition fanfaronesque à la Concorde entre Mireille Matthieu, Christian Clavier, Arthur, Enrico Macias et Jean-Marie Bigard, une nuit au Fouquet's Barrière, une sortie dudit Fouquet's Barrière à 14 h pour rejoindre l'aéroport international de La Valette et embarquer à bord d'un Jet privé, revoilà Cécilia et Nicolas Sarkozy au large de Malte en virée sur un yacht de 60 mètres, appartenant selon Capital à l'industriel français Vincent Bolloré, accompagnés de quelques proches et du petit Louis... qui sèche les cours, après avoir fait croire qu'il se retirait dans un monastère, en tout cas "assurément sur le territoire français", pour se ressourcer et "habiter la fonction", et surtout
sans le moindre mot sur les heurts entre CRS et manifestants qui sévissent depuis deux nuits. ça cumule !

Un cumul de mauvais goût, d'ostentation et de "beaufitude" digne d'un vrai jetsetteur, d'un nouveau promu du show-business ou des affaires. Et bien non, c'est notre nouveau Président, le Président de TOUS les français, qui compte bien réduire le train de vie de l'Etat, promouvoir la richesse et la beauté de la France, réhabiliter la valeur du travail, lutter contre l'abstentéisme à l'école, défendre les valeurs d'autorité et de respect, j'en passe et des meilleures.

Bon, je sais, Le Président de la République a ceci en commun avec la femme au foyer que ses vacances sont réduites à la portion congrue. Je sais aussi que son équipe de campagne est crevée et manifestement à la ramasse, que c'est une période charnière, entre deux eaux (ah ah!), avec une prise de fonction qui n'interviendra que dans l'après-midi du 16 mai, mais Nicolas Sarkozy, au-delà de me conforter dans l'idée qu'il a vraiment un goût de chiottes, signe là une grosse faute de style d'entrée de jeu. Espérons que ce soit la seule. Au matin du 17 mai, 7 heures, il ne faudra plus en commettre.

Lundi 7 mai 2007

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Comme vous tous j'imagine, je parcours la presse aujourd'hui, Le Monde, Le Figaro, Ouest-France, Le Parisien, Libé (qu'est-ce qu'il a pris hier soir Joffrin sur France 2 !).

Et là, Stupeur !

En plus d'être légèrement nauséeuse, j'ai comme la vague impression que tout est derrière et qu'il ne reste déjà plus rien, du moins plus grand chose de mon vote, de nos votes, l'autre vote, vous savez. Un grand discours de rassemblement national et de générosité des vainqueurs à l'endroit des vaincus et hop, la route est claire, l'avenir est à nous.

Je lis effectivement ici et là, enfin partout, sans exception (sauf Libé... mais là, c'est la guerre déclarée), "nette victoire", "forte légitimité", "choix clair des français", "triomphe total" et mieux encore, dans la bouche de Dominique de Villepin, "large majorité".

Parce que 53 %, c'est une large majorité ? Parce que le oui de 18 983 408 français est tout-à-fait incomparable avec le non de 16 790 611 autres français ? Effectivement, l'écart est vertigineux, un véritable plébiscite (autre terme croisé en chemin, mais là c'est tellement gros, je passe).

Non, les gars, un peu de sérieux, l'élection de Nicolas Sarkozy est incontestable, c'est une victoire sans appel, méritée, il est le nouveau Président de la République Française et je lui souhaite toute la réussite dont a besoin le pays, mais sur la netteté, la clarté, et surtout l'étendue de la victoire, sachons raison garder.

Nul est besoin d'avoir fait polytechnique pour savoir qu'une large majorité se situe au-delà des trois quarts, ce qui ne donne pas pour autant le droit de nier le quart restant.

Le suffrage universel à la majorité absolue n'est pas un suffrage universel à l'unanimité que je sache... d'où l'intérêt d'un gouvernement d'union nationale au passage. La prochaine fois peut-être. D'ici là, bon quinquennat à tous et à notre nouveau Président, et c'est sincère, si si !


Lundi 7 mai 2007

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Ce matin, j'ai fait un tour au coeur de "la France qui se lève tôt" et pourtant je n'ai pas vu la mine des grands jours sur le visage des trentenaires et quadragénaires accompagnant à l'école leurs jeunes enfants.

Ce matin, la Bretagne, où Ségolène Royal est arrivée largement en tête, 52%, et plus encore, l'agglomération rennaise, où elle a fait l'un de ses plus beaux scores nationaux, 62%, est KO.

Y compris dans ma "banlieue chic" où Nicolas Sarkozy l'a emporté avec 53%, la population des plus de 65 ans, dont la proportion croît chaque année en raison des prix prohibitifs de l'immobilier, ayant probablement fait basculer le vote en sa faveur si l'on se fie aux études Ipsos.

Les jeunes générations avaient massivement voté François Bayrou au premier tour, à hauteur même de 30% dans la petite ville voisine de Chateaubourg, des suffrages qui se sont reportés majoritairement, nous dit-on, sur Ségolène Royal au second tour.

Ce matin, une chose est sûre, si un mouvement social démocrate doit se lever en France, il se lèvera à l'ouest.

 
Dimanche 6 mai 2007

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D'un bureau à l'autre, il n'y a qu'une longueur de câble.

Dès 20 heures, le Bureau des Coeurs in Vivo ouvrira ses portes à tous ceux qui en ont gros sur la patate ou qui exultent de joie.

Les heureux, les déçus, les "trop contents", les frustrés, les satisfaits, les sceptiques, les "colères", les extatiques...

Parce que ça va mieux en le disant et qu'il n'y a pas de raison de bouder le bonheur des autres.

Et parce que ça ne changera pas la face du monde non plus.



Samedi 5 mai 2007

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Irez-vous ? Hésitez-vous encore ?
A reculons ? d'un pas décidé ? convaincu ? pas le moins du monde ?

Aurez-vous le trac ? Un pincement de coeur ? Le frisson du moment solennel ? La crainte de brûler le rôti ?
Un relan d'amertume ? Une confiance à tout crin ? L'âme en peine ? L'espoir d'un coup de tonnerre ? Rien de tout cela, non vraiment rien ?

Irez-vous en famille, entre amis, sans personne d'autre que votre conscience ?
A l'heure de pointe ? En cherchant à éviter toute connaissance ?

Aurez-vous le culot de ne prendre qu'un bulletin ?
De glisser un billet de votre artisanat ? Un monochrome peut-être ? Un naufragé du premier tour ?
Plié en deux, en trois, en quatre ?

Seriez-vous capable de faire volte-face au dernier moment ?
Redoutez-vous d'inverser les bulletins dans un moment de flottement ?
Regarderez-vous à deux fois votre enveloppe avant d'ouvrir le rideau ?
Vous livrerez-vous à quelques incantations, superstitions ou prières très personnelles ?

Afficherez-vous votre plus beau sourire ou l'air de rien ?
Observerez-vous d'un oeil amusé vos compatriotes et voisins ?
Jouerez-vous au jeu de la tête de Sarkozy et de Royal ?

Serez-vous de ceux qui clament leur choix, le taisent ... ou le feignent, à la ville comme à la maison?


C'est un truc étrange l'isoloir, non ?




Vendredi 4 mai 2007

Bon, j'ai jamais pu décrocher des Doors, je sais, c'est pas de la dernière pluie, mais quel déluge !
Je ne crois pas que Jim s'offusquerait d'une telle (re)visite sur ses terres de psychédélie furieusement belles.


Jeudi 3 mai 2007

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Une fois de plus, je vais m'inscrire en faux de tout ce qui se dit au lendemain de ce débat de deuxième tour de la présidentielle et exercer à plein l'esprit de contradiction qui m'anime depuis mon plus jeune âge, mais avec la plus grande sincérité, et non pour le simple plaisir de le faire.

Pour moi, le fond de la discussion et des échanges l'a très nettement emporté sur la forme hier soir.

Je ne retiendrais pas la colère retentissante de Ségolène Royal, même si je la trouve "parfaitement saine" pour reprendre les termes de son auteure, ni le jeu de Nicolas Sarkozy dans le rôle du "gentilhomme" maître de son rang et de ses émotions, parfaitement surfait, une espèce de suicide télévisuel émanant d'un as de la communication que je ne m'explique toujours pas.

Non, ce que j'ai pris en pleine face en revanche, c'est le fossé qui les sépare en termes de vision du monde et d'idéal de société.

L'un, manichéen, simpliste, sectorisant, statique, conservateur dans son raisonnement, servant à souhait la posture de certitudes et de résolution bigrement tranchée de problèmes étonnamment circonscrits et indépendants les uns des autres, une posture dont je me méfie comme de la peste.

L'autre, humaniste, "complexifiante" (oui, j'ai pas trouvé mieux), globalisante, dynamique, innovante dans son appréhension des noeuds de crise, de friction et d'interrogation, dont la réponse appelle une action politique qui privilégie la prudence, la négociation, le tâtonnement, l'empirisme et la remise en question permanente où gravitent les notions de doute, de confiance, de risque.

Alors, oui, OUI, je préfère cette société-là pour nous, pour mes enfants, pour moi, une société imparfaite et faillible, mais libre, foisonnante, créative, plus respectueuse de l'environnement, une société humaine où le travail n'est pas tout, l'argent roi, les assurances tous risques, l'école omniprésente, les tribunaux omnipotents, le Président omniscient.

Je ne veux pas d'une vaste entreprise France ultra-performante et ultra-compétitive qui n'est en définitive qu'un méga chantier d'aliénation et de formatage en règle. D'autant que la vision hyper quantitative de la productivité du travail ("travailler plus pour gagner plus", et donc consommer plus et relancer la croissance et blablabla...) me laisse perplexe. Quid de la technologie dans la fonction de production et des innombrables variables qualitatives qui génèrent et conditionnent la notion d'efficacité ? Le travail, ce n'est pas que du carburant et de l'argent, c'est avant tout un processus personnel et collectif, et donc du devenir...


Et dire que j'ai construit toute ma thèse d'économie sur la théorie de la connaissance dans le champ hétérodoxe des évolutionnistes ! J'ai rien vu. Le jeu médiatique m'a aveuglée.

Non, y'a pas photo. Ségo, c'est moins bien que Bayrou mais c'est toujours mieux que Sarko !

Dimanche, je vous le dis, je me fais un bulletin Royal... et avec le sourire, et quelque espoir aussi.


Mercredi 2 mai 2007

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Faites vos pronostics...


Alors que les médias ont mis tout en oeuvre pour créer l'évènement qui risque fort, du coup, de ne plus en être (un peu comme la fête, c'est toujours mieux improvisé), que voyez-vous venir, vous, mes très chers lecteurs, de ce rituel politique du duel cathodique ?


Coup de théâtre ? (peu probable)


Coup de coeur ? (trop tard)

Coup de maître ? (possible)

Coup de sang ? (furtif)

Coup de barre ? (pas maintenant)

Coup bas ? (déconseillé)

Coup de Jarnac ? (ah ah ah !)

Coup de Poker ? (rien ne va plus)


Réagissez ici-même en live (très tendance n'est-ce pas) et bien sûr après coup...



Mardi 1 mai 2007

La Bretagne est une terre de contraste exceptionnelle. Vous habitez la région depuis 35 ans. Vous imaginez la connaître, pensez-vous, vous n'êtes jamais au bout de vos surprises.


Vous décidez de jeter l'ancre quelques jours en bord de manche sur la côte nord, cette côte sauvage, escarpée, ciselée, fracassée par les grandes marées et les frasques conjuguées de Neptune et de Favorius et là, vous êtes au premières loges pour une revue complète de tout ce qui se fait de mieux en matière de météo.

De l'épaisse purée de pois matinale, dont on croit qu'elle ne se lèvera jamais, à la petite brume marine qui embrasse délicatement le soleil couchant (annonciatrice de beau temps!), au vilain crachin sévissant du matin jusqu'au soir, spécialité locale qui n'a donc pas de breton que le nom, en passant par les nuées éparses poussées par les rafales de vent d'ouest ruinant le pique-nique dominical qui avait pourtant débuté sous les meilleurs auspices, des auspices qui ne sont jamais aussi bons qu'à la faveur d'un vent de nordé, quoique frais (on ne peut pas tout avoir!).

En Bretagne Nord, impossible de prévoir la veille pour le lendemain. Amateurs de séjours strictement planifiés, de petits plans champêtres tirés sur la comète et de vacances sans nuage et sans autre eau que celle qui trouble le Pastis, je ne saurais que trop vous conseiller d'opérer une rotation à 180°.

Ah, le temps breton, c'est pas rien. Un peu comme à la terrasse des bistrots, dès les premiers rayons de soleil, où se côtoient les vieux loups de mer au petit blanc, la peau tannée par l'écume et le soleil iodé, un groupe de motards au grand noir, et papy et mamie en goguette autour d'une araignée mayonnaise, et les parisiens - ah les parigos! - fraichement débarqués avec la marmaille en vareuses, bottes de caoutchouc, pulls marins rayés et cirés jaunes, chahutant au milieu d'une bande de zonards installés au camping municipal, hésitant entre le petit-déj et l'apéro, et ce jeune couple alors, ces amoureux descendus pour le week-end à l'hôtel Belle Vue deux étoiles et sirotant un de ces merveilleux sodas d'outre-atlantique.

Nichée entre la plage de Rochebonne et la pointe de la Varde, dans la continuité de la digue de Paramé, à quelques encablures des Rochers Sculptés de Rothéneuf ou encore de la ravissante baie de Port-Mer, notre étape Reine Marine à Saint Malo nous a réservé une bien belle surprise, loin des sentiers remarquables certes mais archi rebattus de la ville fortifiée, du port de Cancale oudu Mont Saint Michel, et c'est avec les mêmes yeux d'enfant que nous avons redécouvert encore et toujours notre Bretagne d'origine et de coeur.

Moteur.


Samedi 28 avril 2007


... en préjugeant de l'inutilité du débat Bayrou-Royal. Et cette erreur d'appréciation m'est apparue très rapidement au cours de cette rencontre organisée courageusement par BFMTV-RMC, groupe audiovisuel indépendant. C'était un évènement inédit dans la 5ème République et je crois que mon raisonnement d'hier s'est arrêté en chemin, prisonnier des schémas qui régissent la vie politique française depuis 50 ans.

En fait de débat, nous avons assisté je crois à une belle leçon de démocratie.

Et cette belle leçon de démocratie, on la doit plus à la forme de cette rencontre, télévisée et donc accessible aux citoyens que nous sommes, et à ses acteurs, sincèrement disposés à dialoguer plutôt qu'à s'invectiver, donc plus à la forme qu'au fond du débat, certes très intéressant mais peu instructif en ce qui me concerne; je savais déjà plus ou moins ce qui les rapprochait ou ce qui les différenciait.

Oui, j'ai reçu cela comme une vraie bouffée d'oxygène émanant de ce microcosme fermé et malsain qu'est devenu le monde politique à force de bipolarisation, un monde de débauchages à huit clos, d'infidélités à la petite semaine, d'alliances secrètes nouées dans les alcôves du parlement, de connivences avec certains médias etc., tout cela dans le mépris le plus total de l'intérêt général, de l'intérêt du pays.

Je me suis trompée quoi. Et j'en suis ravie. Du coup, j'y vois plus clair aussi. Enfin je crois. J'aurais le temps d'y réfléchir à Saint-Malo où mes quartiers de week-end prolongé m'attendent.

Je vous embrasse.
Retrouvez l'intégralité du débat Bayrou/Royal à 17 heures, ICI




Vendredi 27 avril 2007

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Le débat télévisé entre Bayrou et Royal aura bien lieu demain matin à 11h sur la chaine du câble et Satellite BFM TV et sur RMC info.

Très bien, mais quelqu'un peut-il m'expliquer à quoi rime tout ce ramdam autour de cette rencontre ?

Honnêtement, je n'arrive pas à bien entrevoir les intérêts des uns et des autres, pas tant d'ailleurs au fait qu'elle ait lieu qu'à ce qu'elle n'ait pas lieu.

Je sais que je suis verte en politique, mais quand même...

Je n'ai pas non plus retourné ma veste. Je ne prendrai pas la défense du clan Sarkozy qui, l'air de ne pas y toucher, avance un problème d'équilibre des temps de parole rendant l'opération "inconstitutionnelle", dixit André Santini, un "épisode qualifié de tragicomédie et d'agitation politicienne" par Nicolas Sarkozy lui-même. On n'est tout de même pas assez stupides et naïfs pour imaginer qu'il n'y a pas eu quelques coups de téléphone entre le QG de campagne de l'UMP et TF1, Canal + et les autres.

De là à parler de "censure sarkozyenne" comme le font aussi bien Royal que Bayrou, je ne peux pas y croire. Je parlerais plutôt "d'atteinte à l'exclusivité sarkozyenne", un avantage qui se mesure plutôt en terme d'occupation du terrain médiatique, voyez-vous, avec une prime à l'exclusivité plutôt qu'au temps passé. Vous pensez que je joue sur les mots ? Pas si sûr. Je m'explique. Je pense en effet que Sarkozy a du juger qu'il avait plus à perdre en terme de rayonnement médiatique (et donc de suffrages non conquis) que d'un éventuel discrédit généré par un débat Bayrou-Royal (et donc de suffrages perdus).

Tout simplement parce que ce débat ne sert à rien, dans le contexte.

Qu'imagine Ségolène Royal, qui rappelons-le, est à l'initiative de cette idée proposant ainsi à François Bayrou, lundi dernier à Valence, avant même que ce dernier ne donne sa conférence de presse,
"un débat public, en toute clarté, en toute transparence et devant tout le monde", donc qu'imagine-t-elle ?

De convaincre une partie des électeurs de François Bayrou en mettant en lumière les convergences de vues ? Suffit de lire et comparer les professions de foi distribuées dans nos boites aux lettres pour voir qu'elles se limitent grosso modo à l'éducation et à la refonte institutionnelle.

D'où ma dernière question : Quel est l'intérêt de François Bayrou pour l'heure, si ce n'est de se fourvoyer dans un TSS grossier, Tout sauf Sarkozy. Ok, on aura bien compris qu'ils ne peuvent pas se piffer tous les deux, mais l'électeur lambda, y compris et surtout celui de Bayrou, il s'en fiche éperdument des petites affaires entre ennemis.

Quel est l'intérêt de Bayrou alors dans cette histoire aux moultes rétractations, et toujours pour l'heure, si ce n'est de risquer de diluer la singularité de son projet dans un rapprochement plus qu'approximatif ?

De prouver qu'il est un meilleur représentant de la sociale démocratie que madame Royal ? Si ce n'est déjà fait, les occasions ne manqueront pas à l'avenir et ce, très rapidement.

D'occuper lui aussi l'espace médiatique ? Peut-être, mais si c'est cela, je pense qu'il a tort dans les circonstances de ce second tour, je pense que la troisième voie dont il est fondateur et porteur survivra d'autant plus facilement à cet épisode présidentiel, et je le souhaite très fort, qu'il cultivera l'originalité, la nouveauté, dans ce qu'elles ont de plus profond, et restera lui-même, fidèle à lui-même - réfléchi, modéré, respectueux - et à ses idées, d'indépendance dans leur expression et de défense des citoyens et de la démocratie, loin des guerres d'appareil, et en voilà une bien "'belle".

Mercredi 25 avril 2007
La politique c'est bien, mais à ce rythme-là, on va frôler l'overdose, y compris sur cette modeste paillasse virtuelle.

Je m'en vais donc refermer ce jour le caisson politico-citoyen et me déporter vers la centrifugeuse culturo-médiatico-musicale pour vous extraire un intermède détonnant, à forte portée sensorielle. Un précipité inédit que l'on imputera à la rencontre entre un pianiste virtuose, une partition jazzy, un standard de la chanson française ("comme d'habituuuuude") et un chanteur dandy punk qui fait "tabula rasa" des codes et des convenances de conservatoire.

Enjoy.


Mardi 24 avril 2007

Jolie conférence de presse de François Bayrou cet après-midi.

Au diapason le garçon. Avec les français qui ont voté pour lui. Avec lui-même, totalement cohérent avec les idées et les méthodes qu'il défend et celles qu'il réprouve.
Un modèle de ténacité.

Et puis de clarté, de rigueur dans la construction d'un discours net et précis en forme de démonstration qui donne à peu près cela :

La France a trois problèmes, une démocratie malade (1), un tissu social déchiré (2), un manque de croissance (3) et une dette publique galopante (4), voilà ce que je pense, et comme la situation est un peu urgente et que 7 millions de français au moins partagent cet avis, je crée un nouveau parti, un parti démocrate dédié entièrement à cette tâche de reconstruction des fonds baptismaux de notre démocratie, de "retissage" du tissu social et de stimulation de la croissance économique.

Et si vous me demandez ce que je pense de ce "face à face sempiternel de la droite sempiternelle avec la gauche sempiternelle", je vous réponds qu'entre un mandat de Nicolas Sarkozy qui ne ferait qu'aggraver les maux (1) et (2) ou un mandat de Ségolène Royal qui envisage le point (3) à l'envers, l'un comme l'autre se fichant bien par dessus le marché de la question (4), on est dans de beaux draps.

Ne sachant pas moi-même ce que je ferai le 6 mai (tout en ayant quand même une idée de ce je ne ferai point), je vous annonce donc que je ne donnerai aucune consigne de vote à mes électeurs, qui redeviennent ainsi ce qu'il sont avant tout, des "citoyens libres de faire leur choix en conscience".

Et si vous me demandez encore si le Parti Démocrate sera un parti social démocrate de gauche, je vous réponds que non, je l'entends comme une force indépendante et ouverte, un creuset d'idées nouvelles et propres, pouvant jouer à l'occasion le rôle d'un contre-pouvoir central, aussi bien en accord (désaccord) avec la droite qu'avec la gauche, étant entendu pour l'heure que si l'un ou l'autre des deux candidats restants voulait tailler le bout de gras sur les convergences de programmes, c'est OK. Simple logique avec mon rejet des clivages.


Le tout, avec une décontraction et un humour à toute épreuve, une aisance qu'on ne lui connaissait pas forcément.

François Bayrou s'est positionné comme nous l'attendions tous je pense : avec une prise de risque maximum, ferme. Autrement dit, ça passe ou ça casse.
 


Lundi 23 avril 2007
Bon, j'avoue, je me suis plantée grave dans ma tête sur ce premier tour. Je pensais vraiment que cela se jouerait dans un mouchoir de poche entre Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal et François Bayrou, surtout entre les deux derniers.

Naïveté, faiblesse de quelqu'un qui pour une fois, pour la première fois, rencontrait enfin un projet politique qui lui donne envie de se rendre au bureau de vote. Oui, je le confesse, moi aussi j'avais fait un Pacte, un Pacte avec moi-même, de n'user de mon droit de vote que le jour où se présenterait un candidat "qui le vaut bien", avec la ferme intention de ne délivrer qu'un suffrage positif, et non de voter contre ou parce "qu'il le faut bien" (et oui une simple lettre change tout). Jusqu'alors, je vomissais cette politique politicienne réduite à un affrontement permanent droite-gauche, toute cette mesquinerie et ce gaspillage de temps et d'énergie, un système que je continue de vomir. D'aucuns diront que c'est encore un truc de bobos à l'abri des contraintes de la vie. Peut-être, je m'en fous.

En tout cas, avec François Bayrou cette année, il s'est passé quelque chose, un espoir de faire bouger les lignes très concrètement et puis aujourd'hui un score, près de 7 millions de français, l'avènement d'une troisième voie, quelque chose d'un printemps dans ce paysage politique français archaïque et conservateur, une vague orange, ni droite ni gauche, ailleurs, dans un positionnement d'avenir, humaniste.

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Je souhaite que ce bel enthousiasme perdure tout en conservant sa cohérence. Re-passionnée par la chose politique, j'ai envie d'y croire et j'attends donc avec impatience - à l'instar de ceux qui ont fait le même vote républicain protestataire - ce mercredi où François Bayrou doit nous livrer ses considérations sur le second tour et annoncer probablement la création d'un grand parti social démocrate qui consacrerait le nouveau visage de son électorat, pluriel, rajeuni et libre.


Je crois qu'il ne décevra pas.


Mimie in Vivo

Bienvenue dans le cyberlaboratoire d'une femme au foyer, espèce en voie de mutation sous nos latitudes...

Tous azimuts et de préférence à contre-courant, je règle mon microscope et distille le bouillon de culture de mes humeurs au gré de l'actualité.

J'affectionne particulièrement les virgules, les points-virgules, les parenthèses, les tirets et tout ce qui complique les choses ou les enrichit, c'est selon.

Créé en janvier 2006, in Vivo, c'est à ce jour 250 précipités, 170 000 visiteurs, 500 cobayes jour et 2600 réactions. Merci de votre fidélité !



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