Serait-ce la contre-performance du chouchou Sinclair en mal de bons mots dans une émission où l'exhibition du Jury le dispute à celle des jugés ?
Serait-ce le suremballement tout court dudit jury pour des candidats eux-mêmes en surjeu, pour la plupart d'entre eux ?
Serait-ce le nouveau décor duquel les musiciens ont quasiment disparu, relégués côté jardin, un pied dans les coulisses, ce nouvel habillage d'un Baltard quelque peu staraquisé, avec ses fosses à midinettes hystériques balayées de spots par trop criards ?
Serait-ce le nouveau découpage outrageusement à bout de souffle d'une émission désormais bien rôdée qui ne souffre plus les silences, les longueurs et les transitions hasardeuses ?
Ou alors, merde, est-ce moi qui suis blasée, rassasiée, désabusée pour ne pas dire vieillissante... tant le rajeunissement des candidats est une fonction inverse de l'amateurisme et de l'humilité, dans une équation qui ne laisse plus beaucoup de place aux inconnues ?
Ou bien serait-ce la faute à Julien Doré, lequel aurait repoussé les limites du genre en inventant l'art, certes sans limite lui, du détournement de tubes pourris en joyaux de Rock'n Roll, aidé qu'il fut par les palliers successivement franchis par Steve Estatoff, décomplexant le style grunge et ultra scénique, puis Christophe Willem, revisitant vocalement la bonne grosse variété internationale ?
Peu de plaisir il est vrai, pas mal d'agacement face à l'ensemble de ces prestations aussi prévisibles qu'artificielles.
Je vous vois venir, n'attendez pas de moi que je dise du bien d'Amandine, aussi parfaits soient l'organe et la technique, je ne sens rien en elle d'une bad girl, ancéphalogramme plat doublé d'un prénom à haute teneur glucidique; y'a comme un grand écart impossible, imaginez un album de folk avec une voix de black, signé Amandine ! Vous me direz, et Anastacia ? Ouais... Bref, ça coince aux entournures.
