Et bien voilà, ce qui devait arriver arriva. C'est la loi du genre me direz-vous, la mécanique, la substance même des Star Ac, Popstars, Nouvelle Star et consorts : la reprise des grands tubes de ce monde par des "p'tits jeunes qui n'en veulent". Et qui dit reprise... dit forcément réplique, reproduction, copie, fac simile de la vénérable idole du "p'tit jeune qui n'en veut", et à l'arrivée, un continuum appréciatif (oui môssieur) aussi délicat que l'intention du "p'tit jeune qui n'en veut" est dénuée de risque.
Au pire, le résultat est aussi palpitant qu'un encadrement fastueux d'une lithographie de Claude Monet trônant au-dessus de la cheminée, au mieux, aussi amusant qu'un jeu des 7 erreurs. Mais cette dernière opportunité nous aura été refusée par les "p'tits jeunes qui n'en veulent" hier soir, en direct du pavillon Baltard, puisque c'est à une attaque incisive des clones à laquelle nous avons assisté, de celle qui témoigne à la fois de la qualité du casting bien propret et de la difficulté, et c'est heureux, de mettre au jour l'artiste qui manquait encore (enfin qu'on croit).
Et l'estocade des clones ne s'est pas fait attendre, emmenée tambours battant par le chef des clones en personne, "Lucile la Servile", cette drôle de créature échappée d'un manga et fruit du clonage savamment planifié des empreintes vocales, vestimentaires et comportementales de Cindy Lauper, Madonna, Gwen Stefani et autres punkettes pop outrageusement grimées. Bien sûr, tout cela est parfaitement libre de droits. Le problème est : quelle est la part de Dame Nature dans ce personnage construit de toutes pièces et qui me laisse de marbre ?
Le chef de l'armée des clones ayant ouvert une brèche royale en cette folle soirée de tubes à gogo, il aurait été étonnant que ses plus valeureux soldats déméritent à leur tour. Point n'en fut, et c'est même un premier prix de bravitude remporté haut la main par "Amandine la Blanche", délivrant sur un plateau d'argent massif une copie parfaite du génial Rehab d'Amy Winehouse, ce qui ne présente malheureusement aucun autre intérêt que de démontrer l'envergure de son organe mais l'inconvénient, majeur, de signifier une nouvelle fois combien le non-choix de répertoire peut gâcher un talent et museler la créativité.
Car, à moins d'être une dissimulatrice hors pair (ce qui n'est pas dans l'intérêt d'un chanteur, soit dit en passant), cette chanson d'une bad girl qui dit trois fois non à la cure de désintox sonnait comme une joke, pas du tout private, dans sa bouche et son corps, à la blanche Amandine. Sur ce point, j'ai d'ailleurs cru un moment (oh très fugace) trouver le soutien de Fifi la manoeuvre, mais c'était une fausse alerte, en forme de tentative avortée ? Question en suspens.
La dernière botte des clones fut assenée par "Thomas le Chat", mais il faut croire qu'elle était magique, car c'était sans compter sur le magnétisme du gaillard, prompt à réveiller le plus ronronnant des juges de paix de la Nouvelle Star, le facteur X évidemment, et vous foutre en l'air toute votre pseudo politique. Oui, Thomas était dans l'imitation, dans le jeu et la manière, trop M quoi, mais ce fut un moment plaisant. Il s'agissait aussi de dire "je t'aime" et non "j't'emmerde", ce qui s'est avéré un choix approprié dans son cas.
Et les autres alors ? Tous ceux qui font du neuf ou quelque chose dans ce goût-là vous voulez dire ?
Et bien, il y a ceux qui se sont vautrés, un peu - Cédric (d'accord avec Fifi), Jules (d'accord avec Sinclair), beaucoup - Kristov (RAS), Siân (double RAS) et passionnément - Ycare (toujours passionnément hein, dans le pire comme dans le meilleur, mais je ne me fais pas de souci pour le garçon, si ça marche pas, il réussira au golf ou au Poker).
Et puis, il y a la perle, le diamant brut, monsieur Siksou, Benjamin de son prénom, allaité au jazz et nourri à la poésie et la nouvelle vague. Y'a pas à dire, ça aide la culture, et l'intelligence aussi, ce sont d'excellents révélateurs, les meilleurs amis de son propre talent... Et de redoutables firewalls contre l'attaque des clones !
Commentaires
Concernant Benjamin, y'a quand même un truc qui me chiffonne, malgré tout son talent. Oui, il a brillé, mais il est le seul à avoir eu droit à une version vraiment revisitée. Et la connivence entre le papa et Monsieur Manoeuvre me laisse perplexe.
Et pour Thomas, je l'ai découvert hier soir. Jusque là, c'était "ouais, il a une belle voix mais ma moustache reste sèche". Là, c'était vraiment Ouahou !
Merci de ton passage, bienvenue dans mon p'tit labo...
dis donc, t'es pas très loquace sur Amandine...
On peut ne rien en dire, en penser beaucoup et signer la pétition !
http://www.lapetition.be/en-ligne/anti-cindy-sander-2223.html
Au sujet d'Amandine, je la trouve toujours assez sexy sur scène. Elle a une voix à damner un saint ! J'ai bien aimé son duo avec Benjamin hier.
A bientôt pour ton prochain post. Tu parleras peut-être de la sortie MINABLE de Kristov. Il a vraiment touché le fond, c'est vraiment pitoyable, surtout en comparaison avec l'attiude chevaleresque du jury lorsque ce dernier l'avait sauvé, en bazardant généreusement et prématurément son joker !

Mais Benjamin .. Benjamin ... que dire de plus .. un vrai bonheur à écouter, une vraie inventivité, et un charisme ... On en regretterait presque ses 20 ans !!!
Sinon, je te rassure, je mets aussi Cédric bien au-dessus de Lucile et Kristov :-)
On est d'accord quoi...