De l'avis de toute la blogosphère raccordée aux amplis baltardiens, ce fut une bien meilleure cuvée que la semaine dernière.
Bigre. Au moins je suis contente d'avoir échappé à ce qui devait être une infâme piquette, si j'en juge par la très anémique sangria coulant à flot hier soir sur le nouveau temple de la surenchère rock'n roll qui carbure à l'orangeade et la cigarette mentholée et croule sous le coaching tous azimuts, quand il nous aurait fallu à tous une bonne vieille téquila frappée d'entrée de jeu et les meilleures faveurs de Marie-Jeanne (vous ne connaissez pas Marie-Jeanne ?) pour affronter la seconde salve de reprises hasardeuses voire surréalistes - oui, je fais dans le Bret Easton Ellis, excusez du peu.
Parce que moi j'vous dis, à jeûn (ou presque), c'était "casserolesque" mes amis, entre les gamelles vocales (mention spéciale à Lucile en Madonna et tous mes regrets pour Jules en Jamiroquai) et les interprétations bidons (palme d'or à Ycare en Polnargé et Amandine en Beyoncé), on en a eu pour notre matricule comme on dit.
La faute à qui ? Au grand Capital, au système, au fléau mercantile ! Merci Arlette, mais ça on le savait déjà. Présentement, j'incriminerais aussi la fatigue, et bien que le coup dans la tinette à ce tout-petit supplément d'âme du programme, prénommé "alternatif", soit incontestable cette année.
J'ai ressenti, en effet, comme une grosse fatigue sur Baltard : cordes vocales, présence scénique, motivation, inspiration, jurys comme jugés, tous dans le même pressoir, exténués, rincés, sucés jusqu'à la moelle, ils étaient nos gaillards de Baltard - et si vous trouvez que l'auteure de ces lignes a sa place dans le cercle des enfarinés, vous n'avez pas tort non plus, mais c'est une autre histoire.
Rotie, flapie la compagnie des crooner, rocker, troubadour, diva et autre punkette décrétés et façonnés à la truelle par M6.
Le risque dans un projet, c'est qu'à vouloir tout contrôler, on en oublie le projet originel lui-même : mettre au jour une nouvelle star, pas une star fabriquée mais un talent existant.
Résultat des courses : on nage dans la confusion et la panade la plus totale.
Vous avez remarqué, c'est la première saison où il est difficile d'anticiper les perdants, pardon, les candidats qui vont "quitter l'aventure" (hûûûmaine hein, ça va de soi, dans le jargon NSAP, NouvelleStarAcPop).
Idem pour les membres du jury, littéralement assommés, parfois assommants, qui semblent flotter dans une quatrième dimension, très personnelle, légèrement imperméable au concept de cohérence et comble du paradoxe, au mépris du public qui vote (quand bien même composé majoritairement de gamines chatouillées par leurs hormones, elles ont aussi des oreilles).
Un excès de manipulation des uns et de désinvolture des autres qui concourt progressivement à faire de nous autres "téléspectateurs-cibles", des étrangers, et de nos artistes en herbe (ils ont tous du talent, enfin ils en avaient tous), des marionnettes désincarnées.
L'étau marketing de la Nouvelle Star se ressert et moi, je pleure mon petit plaisir d'antan. Snif.
Allez, "Ensemble, 1+1+1+ tout le monde, Ensemble", il faut sauver la Nouvelle Star, enfin ce qu'il en reste.
