Pas vu, enfin des bribes.
Un peu ici, pas vraiment là, peut-être ailleurs...
Et vous ? Racontez-moi, ça m'arrangerait drôlement.
Cette semaine, ben oui, c'est jocker, et non, moi je ne le snobe pas !
A vous,
Putain, y'a des soirées comme ça, où la ménagère de moins de cinquante ans, chroniquailleuse ès Baltard à ses heures gagnées à l'arrachée, se retrouve d'entrée à la ramasse, contrainte de prendre le train en marche et de ruminer ensuite sa frustration durant tout le voyage.
J'vous explique.
Alors que le vent de l'hiver souffle derrière les bow-windows du labo in Vivo, repoussant à la Saint Médard les assauts du printemps, je me prépare à coucher les drôlesses assez peu disposées à jouer ma partition. Il est 20h30, c'est foot sur Canal, je sais que j'ai 20 minutes à tout casser.
J'entonne alors un Calling You impatient... assez peu convaincant, que je transforme illico en mouvement ascensionnel direction la chambrée "qui m'aime me suive". Une débauche d'énergie immédiatement sanctionnée, je me prends les pieds dans le tapis, écorchés les genoux, je me retourne et against all odds, j'aperçois les drôlesses dans mon sillon. Dix bisous, six calins, trois histoires, deux verres d'eau plus tard, j'éteins la lumière, rebrousse chemin et m'écrase dans le canapé, totalement come undone. Il est 21 heures et des poussières.
Mister in Vivo, occupé à dorer les Saint Jacques et ouvrir le Mercurey, n'avait pas daigné actionner la lecture différée. J'assistais, un peu out, aux ultimes accords de la prestation de Jules, avec une seule question en tête et toujours le même juron, putain c'est quoi le thème de la soirée ? Bandes originales de films - c'est vrai que Cannes approche, ou bien chansons d'amoûûûr ?
Rayez la mention inutile, rien de plus facile avec la parade de Lucile et des suivants. Mais oui c'est ça, Baltard chante l'Amour ce soir, c'est bath, parce que moi contrairement à Olivia Ruiz (qui en a pris pour son matricule au passage), j'aime l'Amour, j'adore l'Amour. Et quand la plantureuse et facétieuse Virginie Efira décide à la 100ème minute de balayer de ses prétentions "acoustiques" mes bien fondées certitudes, je prends la mouche et promets en retour de me rebiffer.
Chose promise, chose dûe, l'acoustique en musique consistant à privilégier et amplifier les sons naturels, prolongements de la voix et du corps, il n'y a pas de raison pour que je me prive de mon "unplugged à moi" pour dire à Benjamin Siksou combien je suis fou de vous, et me délester ainsi de la tâche ingrate de disserter sur la torture d'Amandine pleurant son rimel et sa voix de gorge fracassée façon nodules sur le bas clergé les cordes vocales à la Bonnie Tyler, le delirium tremens très mince de Kristov (qui nous quitte en raison d'une affection gastro-entorologique carabinée, shit !), le tourbillon à vide d'Ycare ou la "lutinerie" vaine de Lucile.
Cédric et Thomas, très bons dans leur catégorie, ne m'en voudront pas, leur soir viendra. Mais l'étoile Benjamin hier brillait de tous ses feux, captant toute la lumière d'un Baltard aussi estomaqué que dérouté par le choix d'une chanson mythique d'un auteur-interprète fascinant, Donny Hathaway, et pourtant méconnu du grand public, surtout du jeune public, et particulièrement en France.
Une simple requête sur YouTube suffit à trouver une bonne dizaine de reprises de l'envoûtante Song for You. Usher, Beyoncé, Christina Aguilera, Whitney Houston, Ray Charles, Michael Bublé et bien d'autres s'y sont tous essayé avec, pour la plupart, beaucoup de talent.
Et si, contrairement à ce que pensent Dédé la science et Fifi la manoeuvre, le répertoire soul et jazz offrait aux artistes avisés un vrai Mississipi de création plutôt qu'un Annapurna infranchissable ?
Et bien voilà, ce qui devait arriver arriva. C'est la loi du genre me direz-vous, la mécanique, la substance même des Star Ac, Popstars, Nouvelle Star et consorts : la reprise des grands tubes de ce monde par des "p'tits jeunes qui n'en veulent". Et qui dit reprise... dit forcément réplique, reproduction, copie, fac simile de la vénérable idole du "p'tit jeune qui n'en veut", et à l'arrivée, un continuum appréciatif (oui môssieur) aussi délicat que l'intention du "p'tit jeune qui n'en veut" est dénuée de risque.
Au pire, le résultat est aussi palpitant qu'un encadrement fastueux d'une lithographie de Claude Monet trônant au-dessus de la cheminée, au mieux, aussi amusant qu'un jeu des 7 erreurs. Mais cette dernière opportunité nous aura été refusée par les "p'tits jeunes qui n'en veulent" hier soir, en direct du pavillon Baltard, puisque c'est à une attaque incisive des clones à laquelle nous avons assisté, de celle qui témoigne à la fois de la qualité du casting bien propret et de la difficulté, et c'est heureux, de mettre au jour l'artiste qui manquait encore (enfin qu'on croit).
Et l'estocade des clones ne s'est pas fait attendre, emmenée tambours battant par le chef des clones en personne, "Lucile la Servile", cette drôle de créature échappée d'un manga et fruit du clonage savamment planifié des empreintes vocales, vestimentaires et comportementales de Cindy Lauper, Madonna, Gwen Stefani et autres punkettes pop outrageusement grimées. Bien sûr, tout cela est parfaitement libre de droits. Le problème est : quelle est la part de Dame Nature dans ce personnage construit de toutes pièces et qui me laisse de marbre ?
Le chef de l'armée des clones ayant ouvert une brèche royale en cette folle soirée de tubes à gogo, il aurait été étonnant que ses plus valeureux soldats déméritent à leur tour. Point n'en fut, et c'est même un premier prix de bravitude remporté haut la main par "Amandine la Blanche", délivrant sur un plateau d'argent massif une copie parfaite du génial Rehab d'Amy Winehouse, ce qui ne présente malheureusement aucun autre intérêt que de démontrer l'envergure de son organe mais l'inconvénient, majeur, de signifier une nouvelle fois combien le non-choix de répertoire peut gâcher un talent et museler la créativité.
Car, à moins d'être une dissimulatrice hors pair (ce qui n'est pas dans l'intérêt d'un chanteur, soit dit en passant), cette chanson d'une bad girl qui dit trois fois non à la cure de désintox sonnait comme une joke, pas du tout private, dans sa bouche et son corps, à la blanche Amandine. Sur ce point, j'ai d'ailleurs cru un moment (oh très fugace) trouver le soutien de Fifi la manoeuvre, mais c'était une fausse alerte, en forme de tentative avortée ? Question en suspens.
La dernière botte des clones fut assenée par "Thomas le Chat", mais il faut croire qu'elle était magique, car c'était sans compter sur le magnétisme du gaillard, prompt à réveiller le plus ronronnant des juges de paix de la Nouvelle Star, le facteur X évidemment, et vous foutre en l'air toute votre pseudo politique. Oui, Thomas était dans l'imitation, dans le jeu et la manière, trop M quoi, mais ce fut un moment plaisant. Il s'agissait aussi de dire "je t'aime" et non "j't'emmerde", ce qui s'est avéré un choix approprié dans son cas.
Et les autres alors ? Tous ceux qui font du neuf ou quelque chose dans ce goût-là vous voulez dire ?
Et bien, il y a ceux qui se sont vautrés, un peu - Cédric (d'accord avec Fifi), Jules (d'accord avec Sinclair), beaucoup - Kristov (RAS), Siân (double RAS) et passionnément - Ycare (toujours passionnément hein, dans le pire comme dans le meilleur, mais je ne me fais pas de souci pour le garçon, si ça marche pas, il réussira au golf ou au Poker).
Et puis, il y a la perle, le diamant brut, monsieur Siksou, Benjamin de son prénom, allaité au jazz et nourri à la poésie et la nouvelle vague. Y'a pas à dire, ça aide la culture, et l'intelligence aussi, ce sont d'excellents révélateurs, les meilleurs amis de son propre talent... Et de redoutables firewalls contre l'attaque des clones !
Déjà, la soirée ne s'annonçait pas sous les meilleurs auspices. "Tenue de soirée" nous braillait Lio dans le poste, entendez : rangez les slims, les blousons noirs et les bottes, tuez le punk qui est en vous, sortez les violons, les robes-couture, le tapis rouge, le piano à queue, ajouter quelques standards miteux de chanteurs morts et autres hymnes beuglés jusqu'à plus soif, tout est permis, de la renaissance au massacre, mais surtout le massacre.
Pour tout dire, j'ai jamais tellement aimé les ambiances rétro collet monté, façon happy new year, et je reconnais bien volontiers que mon admiration pour la grande chanson française est passablement bornée.
Et ça démarrait plutôt mal avec Jules, emboîtant le pas d'Henri Salvador sur les chemins sirupeux de Syracuse, un choix à la limite du tolérable pour moi, se révélant toutefois moins dramatique que prévu; sachons-lui gré à ce gamin, décidément hyperdoué, d'avoir lâché son maître d'infortune et reconsidéré l'itinéraire n'est-ce pas. Une réussite.
La suite est moins réjouissante, je vous passe le tourné de serviettes de Siân et déclare l'embargo sur la chanson I Will Survive ouvert et ce, pour une durée indéterminée. Je vous épargne aussi les incantations vaines de Kristov, les oxymores insignifiants de la Flée Clochette aka Lucille (autrement dit, l'habit ne fait pas le moine), les auto-flagellations du triste Julien, prié dès hier soir de regagner ses pénates, merci public !
Je ne m'attarderai pas plus sur le gâchis d'Amandine, frisant le Nicoletta (dixit Dédé la science sur W9 dans le debriefing) sur cette reprise de ne me quitte pas, et propose d'ailleurs de fonder le mouvement contre la reprise par des femmes de tubes écrits par des hommes pour des femmes, et réciproquement, est-ce que c'est clair ?
Le ménage étant fait, ne reste donc en principe que le nectar et là, je vous vois venir... Elle a aimé Ycare ! Et bien oui, ce fut la suprise de la soirée et pourtant je ne donnais pas cher de sa peau sur cette reprise d'une reprise de Björk; it's oh so quiet est une très vieille chanson que Björk n'a fait que réarranger. Car de massacre de MA vénérable Diva, il n'en fut point. La justesse était au rendez-vous (ou tombée du ciel ?), dans la voix, la tenue, la mise en scène et l'esprit en général.
Quatre étoiles sur cinq dans mes petits carnets, agrémenté d'un + pour le culot parfaitement calibré cette fois, une même note décernée également à Thomas (gros faible pour la chanson, vous me direz certainement que ceci explique cela, mais pas tant que ça) et Cédric (le facteur X, toujours cet obscur facteur X, et le boulot aussi, il mégote pas not' bel officier de la marine marchande).
Et mon cinq étoiles alors, mon palace, ma suite royale ? J'ai nommé le Benji évidemment... Mais c'est aussi là que je me fâche avec Dédé, puisque bien évidemment que le choix musical ne peut être dissocié de l'interprétation qui en est faite, Dédé bon sang !, et que Benjamin a le gros avantage d'avoir l'intelligence de cette combinaison et d'en jouer à merveille.
Avis aux mélomanes, attention frisson ! Qui a dit déjà que je n'aimais pas la chanson française à textes ? Tu rigoles, c'est du Bashung, c'est bien plus que cela.
Hier soir, Baltard avait revêtu son Perfecto, accordé sa Gibson, bien décidé à rocker la Casbah des marchands de soupe, avec force fuzz et distorsions.
Alors que Philippe Manoeuvre, chargé d'ouvrir ce Baltard on the Rock, déclamait son riff vendeur dans le poste de la télé de mon salon, je remisais sur le champ le cortège de doutes né de la précédente session.
Les chacras toutes voiles dehors, j'étais fin disposée à fendre les flots d'un océan de talents et embrasser le sillon des génies du Rock'n Roll convoqués pour l'occasion.
Autant le dire tout de suite, la traversée fut épatante, une réussite que l'on doit autant aux protagonistes, dans une première partie très "hovercraft", fleurant bon les embruns des Stones, de Noir Désir et de Joe Cocker, qu'à l'expérience du capitaine de vaisseau, négociant avec brio les courants contraires (ceci n'étant qu'une hypothèse) d'une seconde partie houleuse.
Je veux parler de la pauvre Siân, du martyre infligé à With or Without You, et plus encore du saboteur et bien-nommé Ycare (dont on ne saurait trop lui conseiller de renouer rapidement avec la terre ferme), manquant de tout faire cabaner; une montée de gerbillon coupée court par le sauveur Benjamin, tel un phare à l'horizon qui vous remet les niveaux d'équerre. Ouf !
Mais fi des écueils, on ne retiendra que le meilleur, que le bon, et puis l'équipage charmant aussi, avec une révérence toute particulière au Dernier des Mohicans, Dédé la science, qui par l'entremise de son facteur X, entendez "ce petit quelque chose qui fait que", nous délivra de l'impossible choix, parmi des candidats à peu près tous aussi brillants les uns que les autres, dans leur genre je veux dire.
Merci Dédé ! Un cadeau de circonstances qui ne saurait toutefois nous dispenser d'expliquer ce que chacun d'entre nous y met dans ce facteur X.
Pour ma part, j'ai compris une chose hier soir, c'est que la géométrie et l'alchimie de son propre facteur X est un truc éminemment complexe, puisque quels que soient les critères retenus, la conjonction desdits critères n'est non seulement pas suffisante mais en outre pas forcément nécessaire.
Vous me suivez ? Petite démonstration.
Prenez Jules qui réunit tous les critères, enfin mes critères (au nombre de trois, que je vous laisse deviner), et bien Cédric, pourtant moins bien pourvu que Jules en la matière, n'en a pas moins grâce à mes yeux, ce qui n'est pas le cas de Thomas, à égalité de critères avec Cédric, ce même Thomas que je place loin derrière Amandine, alors qu'elle ne satisfait elle-même qu'un seul de mes critères. Et que dire alors de Benjamin, aussi bien pourvu que Jules et mieux que Cédric, et que je ne place qu'en troisième position ?
Mystère et boule de Rock !
S'il fallait n'en garder qu'une de cette nouvelle scène française "pop-rock" dira-t-on, mon choix se porterait à l'évidence sur Camille, l'étrange et sensuelle Camille, l'inclassable et ambitieuse Camille, l'insoumise et louftingue Camille.
Vous qui suivez le fil (facile) de mes confidences blogosphériques ne serez probablement pas surpris (et je ne parle pas du papier élogieux griffonné en des temps déjà reculés), car je présente effectivement tous les facteurs-clés d'une adhésion réussie à la révolution Camille : une Björkitude revendiquée, une oreille bionique (qu'on qualifiera d'exigente ou d'hautement tolérante, c'est selon), cette oreille particulièrement friande d'expérimentations vocales et sonores, et enfin une préférence affichée pour les entertainers touche-à-tout furieusement habités, de cette race d'artistes qu'on appelle de Music-Hall.
Et ce n'est donc pas une coïncidence si Camille nous revient, guérie de sa Douleur, avec un album intitulé malicieusement Music Hole, en français trou musical, à la fois comme un retour aux sources originelles - la voix, les choeurs, les percussions - et un creuset hétéroclite fusionnant les genres et bravant les codes, sans jamais se prendre au sérieux.
Ne l'ayant pas encore acheté, je me contenterai ici de vous retransmettre les avis de la critique, une nouvelle fois unanime quant à la richesse, la puissance et l'audace de cet album, dont celle des Inrocks saluant la créativité, l'humour, le verbe, la transversalité musicale d'une auteure "passionnante et diablement vivante".
En attendant, je me délecte des singles Gospel with no Lord (Gospel sans dieu, hymne à la spiritualité libre, quelle bonne idée) et Money qui circulent depuis quelques jours sur le net et sur le site dédié à l'album, une vraie réussite au passage, à visiter de toute urgence pour les accros de notre nouvelle Diva française, et je sais qu'ils sont de plus en plus nombreux.
Savourons enfin ce pur moment de bonheur, le dernier passage de Camille dans Taratata, la preuve (s'il en fallait une) d'une oeuvre et d'une artiste non seulement musicales mais aussi extrêmement visuelles. Quel pied pour la danseuse que je suis aussi. Non mais franchement, quel pied !
Serait-ce la contre-performance du chouchou Sinclair en mal de bons mots dans une émission où l'exhibition du Jury le dispute à celle des jugés ?
Serait-ce le suremballement tout court dudit jury pour des candidats eux-mêmes en surjeu, pour la plupart d'entre eux ?
Serait-ce le nouveau décor duquel les musiciens ont quasiment disparu, relégués côté jardin, un pied dans les coulisses, ce nouvel habillage d'un Baltard quelque peu staraquisé, avec ses fosses à midinettes hystériques balayées de spots par trop criards ?
Serait-ce le nouveau découpage outrageusement à bout de souffle d'une émission désormais bien rôdée qui ne souffre plus les silences, les longueurs et les transitions hasardeuses ?
Ou alors, merde, est-ce moi qui suis blasée, rassasiée, désabusée pour ne pas dire vieillissante... tant le rajeunissement des candidats est une fonction inverse de l'amateurisme et de l'humilité, dans une équation qui ne laisse plus beaucoup de place aux inconnues ?
Ou bien serait-ce la faute à Julien Doré, lequel aurait repoussé les limites du genre en inventant l'art, certes sans limite lui, du détournement de tubes pourris en joyaux de Rock'n Roll, aidé qu'il fut par les palliers successivement franchis par Steve Estatoff, décomplexant le style grunge et ultra scénique, puis Christophe Willem, revisitant vocalement la bonne grosse variété internationale ?
Peu de plaisir il est vrai, pas mal d'agacement face à l'ensemble de ces prestations aussi prévisibles qu'artificielles.
Je vous vois venir, n'attendez pas de moi que je dise du bien d'Amandine, aussi parfaits soient l'organe et la technique, je ne sens rien en elle d'une bad girl, ancéphalogramme plat doublé d'un prénom à haute teneur glucidique; y'a comme un grand écart impossible, imaginez un album de folk avec une voix de black, signé Amandine ! Vous me direz, et Anastacia ? Ouais... Bref, ça coince aux entournures.
ça vous a plus, vous en voulez encore ? ça tombe bien, bande de petits veinards, j'ai débusqué rien que pour vous le volume 2, au prix d'une éprouvante recherche et un peu au péril, il faut le reconnaître, de mes "petits calculs à quatre mains"; au diable l'orgueil et vive le point virgule !
Il aurait été dommage de s'en priver, de ne pas réhabiliter ainsi les quelques oubliés du premier opus et soulager les petites frustrations pointées ici ou là dans vos commentaires experts. Avouons aussi que le tube des épatants B52's sur le finish n'y est pas pour rien non plus (comment, ça ne vous dit rien les B52's? Allons, allons).
Profitez-en bien... L'auteur, aka L627, prétend qu'il a fait le tour de la boutique ! Est-ce bien certain ?
Du Rubik's Cube à la chute du mur de Berlin en passant par les Ewing, les Verts, le Blaireau, la Madonne, la Swatch, la 103 SP, mais aussi - moins drôle - le Sida, les Restos du Coeur, sur fond de New Wave, funk et autres variétés très variétosh, évidemment... Un montage bien sympa déniché chez Embruns. Oui, la blogosphère se délitant quelque peu, on en revient immanquablement aux valeurs sûres.
Nostalgique moi ? Possible. Possible que le mail d'une de mes meilleures amies d'enfance retrouvée sur les Copains d'Avant (c'est incroyable ce truc, fascinant) ait tourneboulé ma solide tête et eu raison de mon p'tit coeur sauvage.
L'occasion, quoi qu'il en soit, de constater combien la machine du consumérisme, du libéralisme et de la mondialisation s'est emballée depuis les gentilles prémices des années 80, où les produits-phares se comptent sur quatre mains, les stars sur trois, les tubes sur deux, les séries américaines sur une et les chaînes de télé sur trois doigts ! Nom de dieu, et quelle insouciance surtout, quel enthousiasme aussi. On a franchement du mal à se convaincre après ça qu'on n'est pas rendus au bout du bout d'un système, non ?
Enfin, restons légers... Moi j'ai reconnu au vol mes baskets montantes trois bandes Adidas Americana (Chapeau à Tata Youki pour sa mémoire infaillible !), ma Ciao tunée, mon espiègle Candy, mon Daho tout minet, ma super trash Cindy Lauper, mes Simple Minds... simply, et vous ?
Je n'ai plus de femme de ménage or j'aime la propreté que dis-je l'immaculée habitation (pas conception hein, houlà).
J'enchaîne les créations de site Internet, en exemplaire chargée de communication de l'association de danse de la commune (où je danse pour de vrai par dessus le marché et prépare le monumental Gala annuel) et pour une boîte d'édition de jeux de société.
Je jardine et me lézarde au soleil dès qu'il y a un rayon ou à défaut, bricole et imagine les aménagements et travaux à venir dans la maison ou comment ruiner ladite immaculée organisation.
Je découvre Serge Brussolo (génial), je lis les derniers Patricia Cornwell (pas mal), une autre Mac Donald du même prénom (bof), et le premier Kitty Sewell (vaut le détour) au rayon chair de poule, j'ai dans ma pile à lire un best-seller suédois très sérieux, les Netocrates, tiens tiens...
Je bouffe du Nouvelle Star tous les jeudi et j'en r'demande (j'adore Jules bien entendu, enfin mes oreilles adorent, pour le reste, je préfère Sinclair et le petit côté Darroussin de l'attendrissant Philippe Manoeuvre, vous avez remarqué ?)
J'attends la bombe Julie Ferrier qui fait son show dans quelques jours au bled du coin et puis, circonstances obligent, mais oui !, je vais voter demain... à gauche évidemment faut-il le préciser. A babord toute ! Pas de grandes illusions, ici c'est un peu le Neuilly breton, le Neuilly-sur-Vilaine, si ça existe ! enfin pas si sûr... espoir espoir qui sait... (et non pas espérance comme on le martèle à l'envi à droite, c'est un truc de curé l'espérance, non ?)
Qui a dit que la femme au foyer rongeait son frein dans l'oisiveté et le désespoir (pas la désespérance hein, cqfd) ? Des gens bien ignorants... ou en mal d'individualité et d'énergie pour raisonner autrement et vivre, tout simplement, comme je l'écrivais l'autre jour à une lectrice fort sympathique ou semblais l'apprendre à la journaliste-casteuse d'un reality show trop bien connu à la sempiternelle recherche de desperate housewives au bout du rouleau.
Toujours la même rengaine quoi, "Travailler plus pour que dalle", ni rémunération, ni reconnaissance professionnelle... Et en tirer satisfaction et plus... Ce n'est pas si difficile à comprendre et si d'aucun pense que c'est du luxe, je ne lui donnerai pas tort !
Je vous embrasse et ne vous oublie pas, noooo nooo no !
... Marion Cotillard, 32 ans, comédienne surgie de nulle part ou presque, remporte à Hollywood, devant une salle comble de Stars, l'Oscar de la meilleure actrice pour son rôle de composition mimétique de la grande Edith Piaf dans la Môme d'Olivier Dahan.
Cette même Marion Cotillard, jeune artiste de cinéma et simple citoyenne française de son état, qui aligne des "thank you so much" dans un anglais impeccable et un numéro digne de l'Actors Studio, sans jamais y perdre sa "French touch", le tout sous le coup d'une émotion que l'on imagine immensément glaçante.
Est-il nécessaire d'en dire plus ? CQFD.
C'est ce qui s'appelle prendre la mesure de son rôle... ou pas !
Bien sûr, tout le monde savait que les producteurs de la Nouvelle Star me devaient une fière chandelle pour le pilonnage blogosphérique généreusement orchestré la saison passée autour de The Phenomenon Julien Doré; pas moins de dix billets sur le nouveau dandy-punk français, qui sait se faire attendre n'est-ce pas ?
Mais franchement, programmer la reprise de mon émission d'entertainment préférée un 21 février qui, nul ne peut l'ignorer non plus, a vu naître il y a quelque 36 ans du côté de Paimpol et ses légendaires falaises, la reine du Buzz musico-baltardien aka Mimie in Vivo, là c'est trop d'honneur, fallait pas...
D'autant que comme le lapin du chapeau, c'est un nouveau jury qui sortira ce soir du gâteau cathodique de Mimie, et je peux vous dire que mes amis les producteurs de la Nouvelle Star, dans leur grande magnanimité, n'ont pas mégoté sur la sélection.
Un quatuor de folie savamment recomposé autour de l'indéboulonnable et indispensable André Manoukian, qui se voit donc flanqué de la pétulante Lio (laquelle à l'instar d'une Arielle Dombasle, cultive l'art et la manière de tromper son monde, une Zazie à l'envers quoi, moi j'adore), du génialissime Sinclair (le seul artiste avec Björk dont je possède tous les albums, une tuerie, l'oreille absolue ou pas loin) et de l'Enfant du Rock, Philippe Manoeuvre, lunettes noires et ton cash de rigueur!
On m'aurait consultée que j'aurais pas dit mieux.
Non sincèrement, c'est trop trop d'honneur, fallait pas...
Hervé Jaouen est un écrivain épatant, un des grands maîtres du roman noir français.
Il est un de mes auteurs préférés.... Le quai de la Fosse, Prix du Suspense, Hôpital Souterrain, Grand Prix de littérature policière, Le Fossé, roman-lettre poignant et inoubliable... Et pourtant pas assez reconnu, à mon goût.
Oui, c'est un breton. Qui fait la fierté de son cheptel d'admirateurs du far Ouest, ce dont je suis et d'où je suis et où je vis.
Oui, c'est un homme délicieux de réputation, une sorte de gentleman-farmer au raffinement extrême et à la compagnie exquise dit-on, passionné de pêche à la mouche, de chasse à la bécasse, épris de la verte Eirin et de tout ce que la Terre porte de ressources délectables. Autant de dispositions à la contemplation et la jouissance de tous les instants qui ne gâchent rien au tableau de cet auteur à la fois prolifique et complet, d'une culture aussi impressionnante qu'elle est distillée avec parcimonie.
Au milieu de ses contemporains, on pourrait lui prêter des airs de Fred Vargas question science... et scénario, la brillance d'une plume précise et légère, non dénuée humour, d'un Didier Daeninckx, mais s'agissant des deux talents réunis, je ne vois guère (à la lumière de ma certes modeste culture littéraire) qu'un Patrick Cauvin pour rivaliser sur le front des auteurs doués de diversité.
Comme Patrick Cauvin, Hervé Jaouen est un romancier qui écrit plus vite que ses lecteurs ne lisent, plusieurs oeuvres par an pour ce dernier et à moins de ne se nourrir que de Jaouen, ce qui n'est pas forcément déplaisant - l'oeuvre monumentale de ce jeune sexagénaire est à multiples tiroirs - j'en suis encore à déguster le cru millésimé 2006.
Autant vous dire qu'il est du meilleur tonneau. Le Testament des McGovern est un pur nectar de thriller jaouénique bardé de celtitude. Tantôt rond et subtil, tantôt rigoureux et corsé, je ne vous dirais rien de ce flacon vidé en cinq sec jusqu'à la lie, inutile d'en déflorer l'intrigue, Hervé Jaouen est un maître de chai mention vendange à suspense qui n'a d'autre ambition que de régaler ses lecteurs. Prenant et haletant, impeccable et efficace, comme toujours.
Et comme toujours, une galerie de personnages impulsifs, un peu naïfs et assoiffés de vie, dessinée avec bienveillance et dans un but ouvertement jubilatoire - chacun se comporte comme on s'attend qu'il le fasse, quel pied ! - par un chantre de l'hédonisme, ce naturel de vivre passablement écorné aujourd'hui par nos sociétés matérialistes et hypocondriaques.
Dans Le Testament des McGovern, on se baffre de barbue, de langouste, de turbot, arrosés de Quincy, de champagne rosé, on se pinte à la Guinness, au Whiskey (Bushmills, Talisker, Middleton Very Rare 25 ans d'âge), et l'on disserte sur le sens des choses et croque l'instant présent, au beau milieu de "l'éternité irlandaise, et au diable Vauvert !
Allez, vous prendrez bien un tranche de Jaouen en passant ?
Morceaux choisis, à la volée :
"Embrasser un paysage, c'est comme voir double ou triple ou quadruple, et refermer les bras sur le vide, sur une image et non pas l'objet du désir."
"Aussi, du sablier inépuisable de l'éternité irlandaise découle un adage de tous les instants, que j'aprrécierais bientôt : à quoi bon se presser puisque, du temps, il y en aura pour tout le monde, et toujours plus qu'il n'en faut."
"Le syndrome irlandais, Gwen. Ici, il n'y a que la minute présente qui compte. Celle d'avant, c'est déjà du passé, et celle d'après, un futur dont tout le monde se fout parce qu'on n'y peut rien.
- Une chouette philosophie.
- Oui et non. Certains te diraient que vivre dans le présent et croquer la vie par tous les bouts, c'est une façon de peindre le tableau noir en rose bonbon. D'effacer l'angoisse de l'avenir, si tu préfères."
"On dit que connaître une femme, c'est les connaître toutes, et qu'en connaître beaucoup, c'est n'en connaître aucune."
"La beauté ne se traduit pas en chiffres. On ne regarde pas un tableau en pensant à sa valeur, ou bien alors on ne mérite pas de la posséder."
"Tu sais pourquoi les Irlandais ne portent jamais d'imperméable ? Parce qu'on a l'air ridicule, en imperméable, quand le soleil est revenu."
"Alors, aujourd'hui il m'est facile de conclure que mes angoisses étaient prémonitoires de la tragédie que nous concoctait Cromm Cruach, cette idole des Magauran couverte d'or et d'argent, dans la noirceur de son antre sous les pierres dressées de la plaine de Prostration où son esprit cruel veillait à notre destin depuis la nuit des temps. Je n'échappe pas à ce travers humain : dans le désarroi du malheur, l'homme accuse toujours les dieux..."
"Quelle est la différence entre un croyant et un bigot ? A l'église, le bigot pense à la pêche, tandis qu'à la pêche le croyant pense à Dieu. La pêche est une philosophie, mon cher Gwendal."
"ça compte aussi. On ne peut pas tout avoir : bonheur passé, présent et à venir...
- Donc à ton avis, à la naissance le bon Dieu nous ouvrirait à chacun une sorte de compte d'épargne rempli de bonheur... Si on tape trop vite dedans, à un moment donné on est condamné à se serrer la ceinture ?"
"C'est après que le contraire de rien s'est déglingué : tout. Oui, tout s'est déconstruit, tout s'est démantibulé, tout s'est déglingué, exactement comme un bon vieux réveil bien costaud qu'un jour d'ennui - souvenir d'enfance... - il vous prend l'idée de démonter, pour voir ce qu'il a dans le ventre."
Deux ans que nous nous escrimions à expérimenter des stratégies d'ouverture-fermeture de portes, de réglage de VMC et autres tactiques aérodynamiques, à édifier des foyers-postiches de fortune et provoquer la magie de l'aspiration.
Peines perdues pour enrayer la pluie de cendres et les effluves récalcitrantes de vieille auberge !
Le verdict était définitif : cheminée hors d'usage reléguée au banc des âtres décoratifs, et la famille in Vivo rongeant son frein...
Jusqu'au jour où la décision fut prise de tout péter.
Mister in Vivo s'apprêtait ainsi à enflammer la mèche du bâton de dynamite quand un duo de maçons très déterminé vint sonner à la porte et dans son sillage, un homme de l'art - oui maintenant nous savons que la cheminée est un Art - fichtrement inspiré.
Mister in Vivo décréta alors qu'il avait piscine, une initiative fort opportune que nous accueillimes avec force soulagement.
C'est ainsi que par le plus grand des hasards, 8 jours après et 40 litres de Cif multi-usages un-bouchon-pour-5-litres plus tard, nous nous retrouvâmes avec, en lieu et place d'une cheminée d'opérette, un spécimen flambant neuf qui déchire sa race, la Rolls des cheminées siouplait, à faire pâlir le plus sarkozien des amateurs de cheminée, j'ai nommé NOTRE cheminée.
Oui, je tairai la griffe, vous avez compris, j'ai un contrat d'exclusivité avec Cif, le mentor de la ménagère, que je remercie chaleureusement et d'ores et déjà en prévision de la semaine prochaine n'est-ce pas, placée sous le signe de la ? ... Peinture ! Mais oui c'est ça !
... dans ma vitalité blogosphérique, toutes mes excuses.
J'ai toujours un peu de mal avec cette fichue saison d'hiver qui s'étire jusqu'on ne sait où et m'épuise. Trop peu de lumière. J'ai beau être bretonne de naissance et dans l'âme, née au mois de février, je n'en reste pas moins méditerranéenne de chair et de peau.
J'veux du soleil !
Et ne récolte que des poussières... de brique et de plâtre. Ah ! Notre grande pièce à vivre est en travaux, je sais, c'est pour le meilleur, mais tout ce remue-ménage est une épreuve pour moi, qui puise son énergie et sa raison de vivre dans la recherche sans relâche d'une symbiose à vocation simplificatrice entre le chez-soi et le moi profond.
C'est pompeux, pardon, mais tellement difficile à traduire en mots, Cherry Plum et Aspen du Bio-blog le font beaucoup mieux que moi du reste, disons toutefois qu'il pourrait s'agir, grosso modo, d'une forte aspiration à l'essentiel et la simplicité dans un confort optimal et un environnement matériel harmonieux à l'oeil, oui mon oeil est impitoyable, vous savez ces deux bougeoirs à dix heures dix et non à dix heures quinze - tiens, ma femme de ménage vient de me plaquer, aurait-elle eu peur ?
Bref, me voilà avec mes deux chérubins le nez dans la poussière, les yeux dans les rideaux de polyane qui jonchent mon espace de respiration et de mouvement, mister in Vivo étant par ailleurs occupé à refermer la grande boucle de ses multiples et inéluctables déplacements hivernaux, il n'en faut pas plus pour contrarier ma lune en Maison IV et faire vaciller l'équilibre, encore précaire certes, de ce savant algorithme existentiel...
Apprivoiser le temps, accepter la mort, de n'être qu'un rouage de la Nature, déjouer les pièges des croyances, des ambitions et des illusions humaines, libérer son quotidien, se nourrir du Beau, fuir les agendas et les carnets d'adresses "qui dégueulent", "prêter attention" comme dirait Aspen (décidément leurs derniers écrits tombent à pic), trouver son propre sens à ce bref passage sur terre, vivre sa vie tout simplement comme on l'entend, être heureuse parfois et plus si affinités...
Dans l'immédiat, c'est à chasser la mauvaise énergie, la flèche du Char diraient les tenants du Feng Shui, qu'il faut que je m'attèle, afin de restaurer l'ordre de mes choses ainsi perturbé et retrouver un peu d'entrain et de sérénité, rétablir la circulation du Chi dans mon foyer et par ricochet dans ma tête, qui me font l'effet d'un carreau barbouillé sous les rayons d'un soleil rasant. Beurk !
